Vive les fleurs de printemps

Bibi

Vive les fleurs de printemps !  D’abord, la luminosité s’intensifie, plus la température s’adoucit. Les premiers insectes sortent de leur hibernation en quête des premières fleurs qui percent les tapis de feuilles mortes en sous bois pour les éclabousser de blanc, de jaune, de parme. Puis les pissenlits envahissent les prairies, bientôt rattrapés par les arbres dont les bourgeons explosent en deux semaines à peine.

A côté de cette mutation naturelle spectaculaire, existe les espèces botaniques adaptées par les Hommes pour apporter de la couleur et du rêve dans les jardins. En dehors des vergers, l’Homme a planté les parcs et jardins d’arbres et arbustes qui nous honorent d’une abondante floraison de printemps. Voici quelques lieux où vous étourdir.

L’arboretum de Chêvreloup/78

Avec 200ha et 2.500 espèces végétales, ce lieu est un véritable musée végétal à ciel ouvert.

Le hameau de Chêvreloup remonte au 13ème siècle. Mais c’est lors de la construction du château de Versailles qu’il devient important. En effet, Louis XIV y fait construire un premier réservoir pour les fontaines du Trianon en 1680. Puis 5 ans plus tard, il inclut le hameau dans le parc de son château pour agrandir son domaine de chasse et fait détruire les constructions existantes. En 1759, le botaniste Bernard de Jussieu y crée un jardin botanique. Une partie du jardin est vendue à des particuliers après la révolution, mais en 1810, Napoléon les rachète pour reconstituer le petit parc et met les terres en fermage. Vers 1848, un pépinière dépendant du Trianon est créée, tandis que 1.500ha de terre sont confiées à l’institut agronomique de Versailles. Le projet est abandonné 5 ans plus tard, et les terres retournent en fermage.

PrunusFinalement, en 1921, le muséum d’histoire naturelle y développe un grand jardin botanique, annexe du jardin des plantes de Paris. Le professeur Désiré Bois en établit le projet de collections d’espèces et François-Benjamin Chaussemiche, architecte du domaine de Versailles, en dessine le plan paysager à la française. La faim des habitants contraint le muséum à leur attribuer des parcelles en guise de potager, durant la seconde guerre mondiale. Puis ce sont les herbivores du jardin des plantes qui y sont mis en pâture. En 1960, quand le muséum reprend possession du jardin, tout est à refaire. Les nouvelles plantations sont organisées par pays. Du 19ème, seul un sophora planté en 1848 a survécu. Ne manquez pas la floraison de printemps !

Préparer sa visite : Arboretum Chêvreloup

Château de St-Jean de Beauregard/91

Construit en 1612 dans le hameau de St-Jean de Montfaucon, pour le compte de François Dupoux, conseiller du roi, ce château vise à remplacer l’ancien château-fort de Montfaucon. Dupoux réussit à obtenir de Louis XIII, la substitution du nom de Montfaucon, entaché d’histoires sordides, par Beauregard. L’écuyer François Garnier, lui rachète en 1638. Ensuite, le domaine change plusieurs fois de propriétaires jusqu’en 1669, avec Pierre de La Mouche, conseiller du roi. Ses héritiers conserveront le domaine durant 100 ans. Laurent Charron, receveur général à la Généralité de Paris en devient propriétaire peu avant de mourir. Sa veuve puis son fils, décèderont peu après et c’est à sa petite-fille, Françoise-Mélanie, comtesse de Murinais, que revient le domaine en 1769. Le parc évolue timidement vers la mode anglaise, jusqu’à ce que la propriété soit léguée en 1866 à M. Quatresolz de Marolles, puis en 1879 au comte puis duc de Caraman.

PivoineLe parc de 2ha, est un vaste potager fleuri. On y trouve des poiriers et de pommiers en espaliers, des carrés de légumes rares ou oubliés, des variétés insolites telles les petits pois carrés, le jambon du jardinier, les épinards fraises, les chenilles végétales et toute la gamme des cucurbitacées. Un jardin de fleurs entourées de buis fait la transition entre potager et verger. Une collection de plantes aromatiques, officinales et condimentaires apporte de quoi prendre soin de soi.

Fruitier, serres à raisin de table, et chambre de conservation du raisin, selon la méthode en vigueur à Thomery, complètent cet ensemble.

Par chance, la fête des plantes organisée chaque année en avril et septembre se tiendra le prochain week-end du 13 et 14 avril.

En savoir plus : St-Jean de Beauregard

Maison de Chateaubriand/92

Le hameau d’Aulnay  est acquis par le duc du Maine, fils aîné de Louis XIV et de Mme de Montespan, en 1699. Un bois du hameau, planté de châtaigniers, est acquis en 1783 par André-Arnoult Acloque. Il y fait construire une maison, avec ajout d’un potager, verger et pavillon. Rachetée en 1793 par un médecin, la demeure passe successivement entre les mains de plusieurs familles.

Vallée aux loupsPuis en 1807, Chateaubriand achète, avec son épouse Céleste, ce qui n’est alors qu’une sorte de maison de jardinier, où il vient se retirer de la vie politique, après avoir publié dans le Mercure de France un article fustigeant le despotisme de Napoléon.

Si c’est à Combourg que Chateaubriand dit être devenu ce qu’il est, la Vallée-aux-Loups est indéniablement un lieu qui exprime toute la dimension de l’homme, à la fois écrivain, politique, voyageur et botaniste.

Incessamment pris entre une carrière politique contrariée et une vie littéraire féconde, Chateaubriand trouve ici l’apaisement et la quiétude. Il aménage le parc et la maison, dans laquelle il rassemble ses souvenirs de voyage. Puis il y écrit Mémoires d’outre-tombe.

Contraint de vendre en 1818, le domaine est acheté par le duc Mathieu de Montmorency. Il agrandit la maison d’une aile et y reçoit Juliette Récamier. Par héritage, la propriété passe dans la famille de La Rochefoucauld-Doudeauville en 1858. En 1914, Le docteur Henry Le Savoureux, médecin aliéniste, achète la propriété et y établit une maison de repos. Il crée en 1930 la Société Chateaubriand et constitue une collection consacrée à l’écrivain. Ecrivains et artistes se rencontrent dans son salon : Félix Fénéon, Henri de Régnier, Julien Benda, Paul Valéry, Paul Léautaud, Édouard Herriot, la poétesse Anna de Noailles, Jean Paulhan, la princesse Bibesco, le peintre Jean Fautrier, Saint-Exupéry, … En 1967, la Vallée aux loups devient propriété du conseil général, qui l’ouvrira au public en 1987.

Pour s’y rendre : Vallée aux loups

Le carré des cerisiers du parc de Sceaux/92

Le domaine, qui comprend déjà une maison, est acheté vers 1670 par Jean-Baptiste Colbert, alors ministre de Louis XIV. Il confie à André Le Nôtre l’aménagement du parc. Le maître jardinier a déjà à son actif Vaux-le-Vicomte, Saint-Germain-en-Laye, Fontainebleau, Versailles, Marly, Saint-Cloud, Chantilly et Meudon. La grande cascade, ornée d’un somptueux décor, constitue une des attractions majeures du jardin, complétée par de nombreuses « salles vertes » agrémentées de fontaines, jeux d’eau, treillages et sculptures. A la fin des années 1680, son fils héritier, le marquis de Seignelay, fait aménager un grand canal, constituant un nouvel axe, plus au sud-ouest dans le parc du château.

Fleurs de cerisier décoratifAu milieu du 19ème siècle, un nouveau château construit à la demande de Mortier, duc de Trévise, vient remplacer le précédent édifice. Il confie cette mission à l’architecte Jean-Michel Le Soufaché, qui a participé à l’embellissement du château de Dampierre, propriété des Luyne.

La première pierre de la nouvelle demeure est posée en 1856 et le décor intérieur est achevé en 1862. Le parc ayant été détruit puis réduit depuis la révolution, il est réaménagé pour conserver ses perspectives. 

Le bosquet de cerisiers du Japon ‘Kanzan’, est planté durant le 20ème. Il attire chaque année de nombreux japonais venus célébrer le printemps.

Pour s’y rendre : Parc et château de Sceaux

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