Secrets en forêt de Montmorency

Bibi

Les premiers hommes s’y établissent 5.000 ans avant Jésus-Christ. Neuf polissoirs sont encore visibles, redécouverts depuis 1979. Des ateliers de taille et des outils en grès poli témoignent de cette occupation.

Aujourd’hui, la forêt de Montmorency couvre la plus vaste butte d’Île-de-France, composée de trois colines et culminant à 195 m.

Allons à la découverte des secrets en forêt de Montmorency.

Son édification

Au moyen-âge, elle est plantée de châtaigniers par les moines, pour réaliser des échalas pour les vignobles du Parisis, fournir du bois de chauffage et servir en construction. Elle offre également champignons, racines, salades, plantes médicinales et fruits, dont la précieuse châtaigne qui nourrit les plus modestes et leurs bêtes. Mais elle est aussi fréquentée par les loups. En 813, Charlemagne constitue des brigades de louvetiers, chargés d’éliminer le pauvre animal.

Secret de la forêt de MontmorencyLes seigneurs viennent y chasser les sangliers et les cerfs, tandis que les fourreurs y font piéger les écureuils, les hermines et les martes. Mais la forêt est exploitée de manière anarchique. En 1291, Philippe le Bel envisage de superviser la forêt en créant l’administration des eaux et forêts.

A partir de 1300, les moines se servent de la châtaigne comme monnaie d’échange, au même titre que le blé et le sel. Le précieux fruit permet aux populations locales de traverser les périodes de disette. Cependant, les grands défrichements contraignent les loups, poussés par la faim, à se rapprocher des humains. Les premières attaques de troupeau apparaissent, d’autant qu’à cette époque, tous les animaux de la ferme vivent en liberté dans les rues. Dès lors, la croyance populaire jette l’opprobe sur le loup, l’accusant d’être le mâlin venu dévorer l’humanité.

Le principe de gestion durable de la forêt apparait en 1346 grâce au premier des Valois. Elle ne concerne que l’exploitation du bois. Accusés à tord, le loup finit par dévorer les cadavres de ses persécuteurs, tel le duc Charles le Téméraire mort au champ de bataille en 1477.

Ses secrets

Le trésor d’Adrien

Frappées dans des ateliers de Bayonne, St-Lo, Rouen, Arras, la Rochelle, 406 pièces d’argent y sont un jour retrouvées par un jeune garçon. On suppose qu’il pourrait s’agir d’un buttin caché d’autres voleurs, mais oublié par son propriétaire.

Ses légendes

Secrets_monnaie
Secrets_clématite

L’herbe aux gueux

Cette appellation de la clématite tient au fait que la plante est irritante lorsque l’on s’en frotte la peau. Les miséreux allaient donc en forêt avant d’aller mendier. Ils se frottaient leurs plaies avec ses feuilles, appitoyant ainsi les passants.

Les plantes aux sorcières

La grande période des sorcières s’étire du 11ème au 17ème. Persécutées et soumises au supplice de la question, les maheureuses avouent ce que leur bourreau exige, avant d’être condamnées à mort sur le bûcher.

Dans leurs aveux, elles prétendent avoir enduit leur balais d’un enguent de leur fabrication. Les inquisiteurs soulignent que quatre plantes reviennent régulièrement dans la composition : stramoine, belladone, mandragone, jusquiame noire. Il se trouve que ces plantes provoquent des allucinations et procurent une sensation de lévitation.

Secrets_belladone

De nos jours

La forêt est de nouveau sur-exploitée pendant la première moitié du 20ème. L’état se porte à son secours dans les années 1970 en la rachetant progressivement.

Depuis les années 1980, les vieux châtaigniers sont progressivement remplacés par des chênes.

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