Histoire du pissenlit blanc de Montmagny

Bibi

S’il est une plante que l’on consomme au début du printemps, c’est bien le pissenlit blanc. Ses feuilles alors tendres sont un délice pour notre santé.

Un peu de botanique

Origines

PIssenlit dent de lionLe taraxacum officinalis est une astéracée sauvage poussant naturellement sur presque toute la surface du globe. Cette vivace résiste à des températures de -20°. Durant l’antiquité, les Grecs commencent à apprécier ses vertus médicinales. Son nom de « pissenlit » apparait au 15ème siècle, en raison des petits accidents nocturnes que sa consommation peut provoquer. Toutefois, ce n’est qu’au 16ème que son utilisation se répand. A cette époque, les médecins recommandent ses effets diurétiques pour soigner les maladies du rien. Puis progressivement, ils reconnaissent à la plante des qualités pour soigner les désordres de la vésicule biliaire, ou les problèmes de peau. Ils la prescrivent également pour faire tomber la fièvre. Ses propriétés détoxifiantes sont enfin reconnues pour lutter contre la rétention d’eau ou les rhumatismes.

Production en Ile de France

La plante, connue de longue date, entre enfin en grâce dans la cuisine. Seule la « dent de lion » est utilisée, bien que les francs-comtois lui préfèrent le nom de cramaillot. Désormais apprécié pour soigner et nourrir, elle entre dans les légendes. Ainsi, les supersticieux se mettent à faire un vœu en soufflant  sur les pistils de la reine des plantes. La croyance rejoint ainsi celle de la lampe à huile, de l’étoile filante ou du bouton d’or.

Une affaire d’homme

En 1857, Joseph Châtelain, agriculteur de Montmagny, en Seine et

Pissenlit prairie

Pissenlit blancOise, a l’idée de cultiver le pissenlit pour que les citadins puissent bénéficier de ses bienfaits, en l’achetant sur les étals des marchés parisiens. Puis il remarque que le pissenlit blanchit lorsqu’il est retourné par les labours, et tente de reproduire cet effet. Il coupe le feuillage juste au dessus du collet, le recouvre de 10cm de terre, et récolte dès que les feuilles percent la butte. Ce faisant, il constate également une réduction de l’amertume. Son succès ne tarde pas et bientôt, d’autres maraichers se lancent dans cette production dans les villes voisines. A force d’amélioration de la plante, Joseph Châtelain parvient à produire un coeur plus fourni avec des feuilles très tendres. La salade est tellement appréciée qu’à la fin du 20ème, elle représente les 2/3 des salades vendues à Paris. D’ailleurs, en 1897, le graveur Eugène Grasset s’en inspire pour orner la jacquette du Nouveau larousse illustré. Ainsi, lorsque « sa » femme souffle sur les aigrettes d’un pissenlit, la connaissance se sème à tout vent.

Le désamour du 21ème

Pissenlit faneEn 1927, le Docteur Henri Leclerc, phytothérapeute de renom, l’introduit en phamacopée pour ses bienfaits sur le foie et les voies biliaires. Il ne va néanmoins pas jusqu’à la proposer en remède contre les cancers du foie, comme en Chine. L’engouement pour le pissenlit poussent de nouveaux producteurs à se lancer, en Vendée, Nivernais et dans le Maine. Ils pratiquent la culture en plein champ, semée en avril et récoltée dès janvier, après une période d’étiolement sous terre durant l’automne. Mais l’abondance de la production finit par faire décliner celle de l’Ile de France, et notamment de Montmagny, qui subit par ailleurs les effets de l’industrialisation d’une part, et de la désertification des campagnes d’autres parts.

Sauf pour de grands chefs

Quelques chefs parisiens se font un devoir de promouvoir sur leur table des produits sur le point de disparaître. Et c’est ainsi que le pissenlit de Montmagny devient un délice servi en salade avec quelques lardons, des croûtons croustillants et des oeufs durs ou mollets. Sa très légère amertume fait merveille avec la vinaigrette. D’autres mettent à leur carte le fameux pissenlit accompagné d’une omelette moelleuse. A la maison, tout le monde peut apprécier une tartine grillée garnie de chèvre chaud, servi avec quelques feuilles de pissenlit à la vinaigrette.

Qualités nutritionnelles

Pissenlit blanc en salade
Pissenlit panier

Le pissenlit blanc est un aliment très nutritionnel, la version sauvage l’est encore plus. Sa richesse en anti-oxydants est exceptionnelle. Il est également riche en calcium et potassium, bétacarotène, vitamines C, K et du groupe B. Avec 2,85g de protéines pour 100g et bien pourvu en fibres, il assure un transit régulier. Il est particulièrement indiqué lors d’une grossesse, à cause de sa richesse en fibres, en fer et en vitamine C, et en folates.

Crédits photos : Cuisine Adeline, Pixabay

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