Histoire de la Cerise de Montmorency

Bibi

Avant que ces petites merveilles n’arrivent sur les étals dès la fin du printemps, que diriez-vous de vous mettre en appétit avec l’histoire de la cerise de Montmorency.

Un peu de botanique

Origines

Montmorency-ceriseLes prunus avium et cerasus  sont originellement présents en Asie mineure, Europe et sur le pourtour de la mer caspienne. Selon l’espèce, les fruits de ces arbres sont appelés merises, guignes, amarelles, ou bigareaux. Vers 70 avant Jésus-Christ, Romains et Grecs revendiquent leur introduction en Europe. D’un côté, le général Lucullus prétend avoir rapporté le fruit d’Asie mineure à Rome. De l’autre, les Grecs évoquent un texte daté 300 ans avant Lucullus et décrivant la cerise. Cependant, la cerise s’inscrit dans la diète typique des légionnaires. Au moyen-âge, fruits et bois sont commercialisés en France. La cerise est consommée en dessert, crue ou cuite dans le vin. Du 10ème au 13ème siècle, les médecins de Salerne en vantent les vertus purifiantes, détoxifiantes et diurétiques. Plus tard, Louis XV, qui raffole du fruit et va le cueillir dans l’arbre, contribue au développement de nouvelles espèces. Par la suite, Napoléon,également grand amateur, donne son nom à une variété.

Production en Ile de France

Dès le 17ème, la cerise s’impose sur toutes les tables de France. Et pour approvisionner Paris avec ce fruit qui supporte mal le voyage, les arboriculteurs se lancent dans sa production.

Apparition des vergers

Montmorency-cerise acideDans le Parisii, à environ 10km de Paris, les agriculteurs choisissent la gaudriole, qui réunit des variétés d’amarelles et de griottes. De même, le prince de Montmorency en fait couvrir les coteaux de son domaine. Ainsi naissent les célèbres vergers de la ville. Petite et acidulée, la gaudriole s’habille de rouge vif, avec une chair rosée qui se tient particulièrement bien à la cuisson. De plus, son goût acidulé s’accorde merveilleusement avec le gibier. Les grands chefs rivalisent alors pour la transformer et l’accommoder. Conserves, pâtisseries, confitures et gelées, à l’eau de vie ou au vinaigre de vin blanc, avec le canard, ou en tarte, en glace et dans les produits laitiers. Le succès est tel que sa production se développe rapidement. Et au 18ème, la gaudriole se vend à la criée dans les rues de Paris. Madame de Sévigné,  Rousseau et Voltaire, s’en font livrer.

Mise à mort de la gaudriole

Montmorency-tarte cerisesAu cours du 19ème, le train permet peu à peu de rallier certaines villes, dont Montmorency. Dès lors, les Parisiens s’empressent en saison, allant même jusqu’à louer les arbres à l’heure pour déguster les fruits sur place ! Mais le chemin de fer ne profite pas qu’à la gaudriole. D’autres variétés venant de Provence apparaissent sur les marchés parisiens. L’appétence pour un fruit plus sucré se développe. Puis après la première guerre mondiale, la cerise de Montmorency commence à souffrir de ses concurrentes. Au sortir de la seconde guerre mondiale, environ 20 variétés sont encore cultivées à Montmorency (la queue longue, la queue courte, la gros noyau, …). Mais à partir des années 1960, l’urbanisation de la banlieue terrasse la production. Tous les vergers bordant la forêt de Montmorency disparaissent sous le béton. Si des particuliers en produisent encore dans leurs jardins, la production de ces fruits, devenus produits de luxe, se maintient à Soisy-sous-Montmorency et à St-Prix. Et uniquement les variétés Montmorency royale et St-Aignan, greffées sur merisiers.

Qualités nutritionnelles

Montmorency-cerise griotte à pointAvec ses 11,6g de sucre et 1,16g de protéine au 100g, la cerise est assez calorique. Mais ce fruit juteux renferme beaucoup de potassium, du magnésium et du cuivre, ainsi que des vitamines C et A (béta-carotène). De plus, les cerises acides contiennent une quantité non négligeable de polyphénol, qui la place juste après le cassis en terme d’anti-oxydant.

Ses propriétés diurétiques en font un fruit détoxifiant qui prépare votre organisme en douceur pour affronter les rayons occidatifs de l’été.

Crédits photo : Pixabay

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