Promenade fleurie – la roseraie de Provins

Bibi

Deuxième volet de notre promenade fleurie qui embaume les narines, à l’écart de la capitale, la roseraie de Provins.

La roseraie de Provins/77

Dans un jardin de 3 hectares situé à la lisière de la vieille cité médiévale, vous redécouvrez l’évolution de cette espèce botanique à travers la présentation de roses anciennes et modernes : roses de Damas, Centifolias, hybrides de thé et galliques, dont la plus célèbre « Rosa Gallica Officinalis », dite « Rose de Provins ».

Son origine

Provins-roses bouquet

On doit la création de cette roseraie à Jean Vizier, natif de Provins. Ce particulier né en 1911 souhaite transmettre aux générations suivantes le patrimoine végétal de Provins, la Rosa gallica. C’est ainsi qu’il entreprend, au milieu du 20ème siècle, de planter son jardin de variétés de roses anciennes.

Son jardin privé finit par sombrer dans l’abandon après sa mort en 1992. Presque anonymement, il est inhumé dans sa ville natale.

Sa renaissance

Amoureux du lieu, un couple de passionnés finit par redonner vie à la roseraie oubliée pendant 12 ans. Aidés de leur fille, Isabelle et Bruno Clergeot, défrichent, taillent, arrachent et replantent.

« J’étais conférencière à Provins et je savais qu’il y avait une demande pour que la roseraie rouvre. » explique Isabelle. En 2008, la roseraie réhabilitée se dévoile au public.

Provins, roseraieDans différentes chambres de verdure, le visiteur peut contempler différentes mises en scène qui révèlent les aspects historiques ou botaniques de cette fleur emblématique, à travers plus de 200 variétés réparties en 3.000 plants. Les plus récentes créations portent les noms de Jean-Pierre Foucault, Grimaldi, Sylvie Vartan, Tchaïkovskiâ.

Le jardin planté d’arbres magestueux est parcouru de ruisseaux, dont la fraicheur est particulièrement appréciée dès les premières chaleurs.

Au sein de la roseraie de Provins, il est également possible de découvrir le jardin de « simples », présentation de différentes plantes médiévales aux vertus médicinales : aneth, consoude, angélique…

Mignonne, allons voir si la rose….

L’arrivée d’une star

« Le jardin raconte l’histoire des roses en partant des plus anciennes, puis en suivant leurs croisements, pour arriver aux variétés actuelles », explique Isabelle Clergeot. Parmi toutes ces variétés, des plantes rares telles que les hybrides de thé, d’origine chinoise, et bien entendu, la star locale, la rose de Provins.

Provins-la roseraie de ProvinsL’histoire de cette dernière remonte à Thibaud IV de Champagne, seigneur de Provins. Celui-ci rapporte quelques spécimens de Rosa gallica officinalis à son retour de croisade à Jérusalem en 1240, puis en ordonne la culture.

La “rosa gallica” est citée par le poète grec Anacréon au 6ème av. J.C. Puis les Romains rapportent en Gaulle ces roses buissons résistantes et peu exigeantes en soins. Dès lors, la rose est utilisée sous forme de baume, d’essence, de pétales et dans le culte des morts.

Au 16ème, Olivier de Serres, fondateur de l’agronomie en France, reconnaît “de nombreuses vertus à celle qui distille bonne eau de rose et servant aux apothicaires, et des sirops et autres choses…”. Ainsi, la rose de Provins se décline confite ou en sirop pour apaiser les maux de digestion ; préparée en lotion pour purifer la peau ; préparée en sucre d’orge pour adoucir la gorge…

Sa culture s’intensifie, et la rose finit par intégrer les traditions. Ainsi, les visiteurs de prestige tels que François Ier, Catherine de Médicis, Henri IV, Louis XI,  reçoivent des coussins de pétales séchés. Lors des processions religieuses, on en lance sur le cortège et on les porte aux chapeaux.

On raconte aussi qu’Edmond de Lancastre, frère du roi d’Angleterre, époux en secondes noces de Blanche d’Artois, veuve d’Henri III comte de Champagne, intègre la rose de Provins dans ses armes…, rose rouge de la Guerre des deux roses.

Le déclin d’une reine

Mais dès la fin du 18ème et pendant tout le 19ème, la culture de cette rose décline et sa production migre vers d’autres régions et pays, notamment au Maghreb, dont on l’importe encore aujourd’hui pour ses propriétés cosmétiques et gustatives.

Aujourd’hui encore, à côté du confit de rose et des bonbons traditionnels, confiseurs, apiculteurs ou restaurateurs proposent du miel, des chocolats, de la liqueur, des pâtes de fruit, des mets à la rose. 

Conclusion

Provins, banc

L’endroit est idéal pour flâner, prendre son temps allongé sur un banc, lisant un livre ou savourant quelques spécialités locales à la terrasse du salon de thé.

Nous avons testé, à la terrasse du salon de thé, une bière blanche artisanale au sirop de rose. Divinement rafraichissant ! Du coup, nous sommes repartis avec du sirop pour prolonger le plaisir.

La roseraie est ouverte tous les jours, de 10h à 19h. N’attendez pas la fin de la saison pour en profiter.

Toutes les infos : www.roseraie-provins.com

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