Forêt d’Ile de France… au nord

Bibi

Pour la plupart des provinciaux, hors Ile de France, toute personne qui vit en Ile de France, vit au milieu de grands blocs de béton. Le « Parisien » serait donc privé de tout grand espace préservé de l’urbanisation.

Si cela se vérifie assez bien pour Paris et la première couronne où ne subsistent guère que des parcs communaux et deux forêts artificialisées et sur-fréquentées, la réalité, fort heureusement, est quelque peu différente en grande couronne. Ainsi, la forêt d’Ile de France existe bel et bien. Il peut s’agir de massifs forestiers anciens, ou de rassemblement de bois, parfois privés, ayant reconquis des terres non exploitées.

Tout « Parisien » dispose donc aujourd’hui encore d’un choix, certes restreint, pour pratiquer son loisir de plein air sous couvert forestier.

La forêt de Montmorency

Culminant à 195m d’altitude, cette ancienne réserve de chasse du duc de Montmorency couvre 2.200ha au moment où l’état en a fait l’acquisition.

Forêt de MontmorencyA la fin du moyen-âge, alors que la plupart des forêts de la future province d’Ile de France sont plantées de chênes, celle de Montmorency l’est de châtaigniers, notamment à partir du 18ème siècle. En effet, ici le sol est acide et ce bois presque imputrescible est très apprécié pour construire des échalas et des tonneaux pour le vin des coteaux environnants, mais aussi pour servir de combustible local.

Au début du 20ème, les bûcherons vivent encore avec leurs familles dans des huttes qui suivent plus ou moins l’exploitation des lots. En 1933, finalement morcelée, elle quitte la sphère privée et vendue à divers propriétaires, dont une petite partie à l’état. Il est possible que l’entreprise SAMC (aujourd’hui Lafarge & Placoplâtre) achète plusieurs lots et commence à exploiter le gypse présent dans le sol à partir de 1977. Devant cette menace, l’état rachète 1.972ha encore vierge en 1980 et la classe en forêt domaniale. Pour autant, la SMAC continue de creuser des galeries pour en extraire le gypse et à ce jour, on estime à dix millions de mètres cubes le volume de galeries exploitées à remblayer sous la forêt. Qui paiera la facture environnementale ?

Pour les visiteurs, les reliefs de cette forêt donnent de quoi entretenir le sens de l’effort aux sportifs et aux randonneurs. On estime à 6 millions le nombre de personnes foulant son sol chaque année.

Biodiversité

A côté du châtaignier, le chêne, le hêtre, le bouleau, plusieurs résineux dont le pin sylvestre poussent naturellement dans cette forêt, tout comme l’osmonde royale, fougère rare et protégée. Dans le cadre d’un programme de l’ONF, du meriser et de l’érable sycomore ont été introduits en fond de vallée. 

Les parcelles restées privées offrent un refuge bienveillant pour les habitants natifs de la forêt et on ne peut qu’en féliciter les propriétaires.

Forêt de l’Isle-Adam

La forêt de Montmorency se prolonge avec la forêt de l’Isle-Adam, bien plus modeste puisque ne couvrant que 1.548ha. et la forêt de Carnelle.

Foret Isle AdamTerritoire occupé depuis la préhistoire (allée couverte de la Pierre-Plate), elle est appréciée de Philippe le Bel lorsque, de passage à l’abbaye de Maubuisson, il vient y chasser. François 1er, lui, y organise des joutes. En 1526, il l’offre au connétable Anne de Montmorency, déjà riche d’un vaste domaine. En 1632, la forêt est propriété des Condé, puis des Conti. Ces derniers, grands prédateurs, font aménager la forêt en l’enfermant dans une enceinte de 25km de long et 2.70m de haut, percée de sauts de loup au bout de longues allées organisées en étoile.

A la révolution, saisie, elle devient propriété d’état. Le peintre Théodore Rousseau s’en inspire lors d’un séjour chez Jules Dupré en 1846. L’écrivain Arthur Mangin en 1886 également.

Par bonheur, la chasse à courre y est interdite dès 1936. Mais la forêt a souffert lors de la construction de la N184. Désormais divisée, elle est également très fréquentée sur les départementales 922 et 64. Aussi, en 2010, elle est classée en forêt de protection avec la forêt de Carnelle et de Montmorency.

Pour les visiteurs, cette forêt est moins accidentée que celle de Montmorency. Toutefois, elle est en pente douce en direction de l’Oise.

Biodiversité

Plantée majoritairement de chênes, la forêt accueille toutefois aussi des châtaigniers, frênes, charmes, hêtres et tilleuls. D’ailleurs au carrefour du Pavillon de Paris, elle héberge un chêne depuis 550 ans. Cette richesse apporte aussi à la diversité animale : chevreuils, sangliers, renards, blaireaux, faisans, lapins, pigeons ramiers, chauve-souris.

Forêt de Carnelle

Avec ses 1.229ha dont 975ha en forêt domaniale, cette foret d’Ile de France ‘est la plus petite des massifs forestiers du nord Ile de France, qui culmine néanmoins à 210m d’altitude.

Foret ile de france, CarnelleOccupée dès la préhistoire également (mégalithe Pierre Turquaise), elle sert d’abri aux Bellovaques (Gaulois belges). Puis comme sa voisine, elle intègre le domaine royal en 1293, sous Philippe le Bel. En 1330, les dames de Longchamp reçoivent de Philippe de Valois 237 arpents de forêt. Puis la forêt est offerte avec celle de l’Isle-Adam au connétable Anne de Montmorency au début du 16ème siècle. Les Condé et les Conti en prennent possession au 17ème  pour leurs chasses à courre. En 1783, elle est vendue au comte de Provence qui la cède aussitôt à son frère Louis XVI.

La forêt récupérée par l’état à la révolution devient domaniale. Elle est témoin des premiers essais de Chappe. En 1793, 26 mots sont transmis depuis St-Martin du Tertre à Ménilmontant en 11mn.

En 2010, elle rejoint ses deux voisines comme forêt de protection.

Pour les visiteurs, s’agissant d’une butte, elle est facilement accessible sur ses contours, sauf au sud-ouest. Les plus sportifs aimeront gravir ses flancs. Les tricheurs partiront de St-Martin du Tertre pour revenir par Belloy en France.

Biodiversité

Le chêne et le hêtre peuplent abondamment cette forêt. Quelques châtaigniers tentent de se faire une place au nord et à l’ouest. Chevreuils, cerfs et sangliers y passent, ainsi que renards, blaireaux et lapins. Dans ses étangs (Lac bleu, petit étang, Mississipi), vivent des gardons et des carpes.

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