Découvrons Yerres

Bibi

Comme chaque semaine, pour réveiller votre curiosité et votre goût de l’aventure, nous vous emmenons fureter dans une ville d’Ile de France. Et aujourd’hui, nous avons choisi Yerres.

Découvrons Yerres

Edification d’un village

Après la chute de l’empire romain, le territoire est confié aux abbayes de Paris. Puis en 1130, le seigneur de Hierra édifie un château-fort à leur côté.  Ainsi nait le village de Hierres en Brie dont l’activité tourne autour de l’élevage. Durant deux siècles, le fief est aux mains des Budé qui reconstruisent le château. A cette époque, le fief de la Grange n’est encore qu’un bois défriché par des religieux. 

C’est en 1704 que Yerres prend son nom actuel alors que son rattachement à la Brie française disparait.

Temps modernes

Yerres, villégiatureA partir de 1846, le village accueille de nouveaux visiteurs. Aussi, en 1847, la commune se dote d’une mairie, incluant les écoles des filles et des garçons, ainsi que le logement de l’instituteur. Peu après, les Caillebotte s’installent en 1866, suivis par Pierre Larousse en 1866. Toutefois, la vie est bouleversée par l’invasion prussienne de 1870. En 1883, une borne géodésique, utilisée pour trianguler les grandes villes de France, apparait sur le mont Griffon. A la fin du 20ème, les Parisiens affluent pour  pratiquer le canotage et la pêche, puis édifient de nouvelles villégiatures au bord de la rivière.

Après 1918, l’ubanisation s’accélère. Les écoles migrent dans des locaux plus grands et la mairie occupe tout son bâtiment. Durant la seconde guerre mondiale, Lucien et Marguerite Dubouloz, deux habitants, aident des Juifs à s’enfuir. Ils seront élevés au rang de Juste parmi les nations.

En mars 1958, la rivière inonde toute la vallée, ce qui n’empêche pas les promoteurs de bétonner progressivement les parcelles restantes. Aussi, en 1973, se constitue une association de défense de l’environnement et de la nature pour stopper les constructions de grands ensembles.

Demeures de nobles

Château Budé

Yerres-château de BudéUn premier édifice est élevé au 12ème siècle par le seigneur Guillaume de Hierra. Il s’agit d’un château-fort entouré de fossés. Puis le fief échoit au chambellan de Charles V, Charles Bureau de la Rivière en 1389.

Par suite d’héritage, le château revient au seigneur Budé Dreux en 1452. Il réalise la poterne d’entrée, encadrée de deux tours rondes défensives. Puis ses successeurs fortifient la ferme du château vers 1581. Charles de Valois, duc d’Angoulême et seigneur de Grosbois, leur succède en tant que nouveau seigneur en 1628. Mais c’est le comte de Provence, Louis Stanislas Xavier de France, futur Louis XVIII et seigneur de Yerres, qui fait agrandir le château d’une aile à l’est. S’élevant sur 3 étages, le style est désormais Louis XVI. La fontaine de Budé, folie composée d’une grotte et d’un bassin, prend place dans le parc. Elle est inscrite aux monuments en o

Depuis 2018, le château est réhabilité pour accueillir 14 logements. Une tour accueillera un petit musée. Sur le parc de 5.000 m2, 3.000, acquis par la ville, ouvriront comme parc public.

Château de la Grange/Maréchal de Saxe

Yerres, château de la grangeA la fin du 14ème siècle, les religieux bâtissent une ferme, qu’ils fortifieront vers 1581. Puis, Charles Duret, contrôleur général des finances, hérite du fief. Il fait construire le château de la Grange en 1617 et paysager le parc. En 1637, il vend son domaine à Rollin Burin, maître d’hôtel du roi. et dont l’épouse, Bertaminde, est l’une des précieuses et ridicules. En effet, en 1658, Ninon de Lenclos séjourne chez eux avec ses amis aux frais de Bertaminde. Le gazétier Gédéon Tallemant des Réaux relate cet esclandre !

Ensuite, le maréchal Maurice de Saxe, résidant au château du Piple depuis 1745, achète le domaine de la Grange en 1748. Il entreprend l’aménagement d’une grande galerie, avant de décéder. Jacques Ramond, secrétaire du roi, fait achever les travaux entre 1755 et 1762.

Après la révolution, le domaine est acquis en 1869 par le baron Napoléon Gourgaud, maire de Yerres et député. Son fils, maire et conseiller général, épouse Henriette, fille du ministre Henri Chevreau, qui décédera au château en 1903.

Entre 1939 et 1945, le château est réquisitionné. Un atelier de réparation de moteurs d’avion s’installe dans la grande galerie, tandis que les officiers occupent les étages. La baronne Eva Gourgaud tente de récupérer son château auprès de Pétain. Mais elle devra patienter qu’à l’été 1942. Peu avant la mort de son époux en août 1944, le général Patton, à la tête de la 2ème division blindée américaine, fait présenter ses hommages à cette Américaine  devenue française. La famille reste propriétaire du château classé en 1971, jusqu’en 1990.

Yerres_mairie

Enfin, le groupe Savry réhabilite le domaine en 2000 en hôtel et restaurant de luxe. Le château est alors rebaptisé château du maréchal de Saxe.

Château de Beauregard

Le château de Beauregard est une villégiature bâtie en 1899. Avant la première guerre mondiale, son parc aménagé s’enrichit d’une pièce d’eau. Dans les années 1950, la propriété possède encore une orangerie, des serres, des jardins-potagers, des jardins d’agrément, des bassins et même une pièce d’eau cressonnière.

En 1965, la commune achète la propriété pour installer ses bureaux, tandis que la poste récupère l’ancienne mairie.

 

Les édifices religieux

Yerres-Eglise St HonestFondée par Louis le Gros, les religieuses bénédictines construisent l’abbaye Notre dame entre 1120 et 1132. Parallèlement, l’église St-Honest vient remplacer l’église St-Loup, déjà existante au 11ème. Le clocher est ajouté au 13ème. Les religieuses développent leur activité par la pratique agricole. 

En 1652, des bénédictins camaldules édifient une nouvelle abbaye, sur des terres données par Charles d’Angoulême. Le prince de Hongrie, François II Rakoczi, s’y retirera entre 1715 et 1717.

Vendue en lots en 1792, l’abbaye Notre dame est partiellement démolie. L’autre est rasée. Peu entretenue, l’église abbatiale doit être reconstruite au 19ème et adopte un style néoclassique, tandis que l’église St-Honest est remaniée dans un style byzantin. Une chaire en bois doré provenant de l’église abbatiale miraculeusement sauvée de la destruction, y trouve une nouvelle destinée.

En 2005, une crypte est mise à jour dans la chapelle de la Vierge à l’occasion de travaux. Jacques Ramond, seigneur de la Grange, y sommeille depuis 1784.

Les maisons remarquables

Maison Caillebotte

Il n’y a à l’origine que l’hôtel de Narelles, propriété des Budé, construit à la fin du 15ème siècle, sur des caves voûtées.

Yerres_maison CaillebotteEn 1824, Pierre-Frédéric Borrel, ancien maitre d’hôtel du minitre de l’intérieur, achète la propriété. Il offre son caractère italianisant avec le Casin, inspiré de la Casina de Raphaël, dans les jardins de la villa Borghèse à Rome. Dans le parc, il fait construire la glacière en 1830 et plusieurs fabriques. Cet homme a fait fortune avec l’achat du restaurant le Rocher de Cancale en 1816, où Honoré de Balzac, Victor Hugo, Alexandre Dumas, Brillat-Savarin sont des habitués. Il revendra ce restaurant en 1846 pour acheter le café Frascati à Paris.

La veuve de l’orfèvre Martin-Guillaume Biennais lui rachète la propriété en 1843. Puis en 1860,  Martial et Céleste Caillebotte lui succèdent. Désormais, le domaine comprend une laiterie – chalet suisse, une orangerie, et la ferme Ornée. Ils agrandissent le jardin potager de 5.500m². Leur fils Gustave Caillebotte réalisera plus de 80 tableaux autour de 1870.

La commune achète le tout en 1973, pour y accueillir lieux d’expositions,  restaurant, musée… tandis que le potager sert à héberger les ateliers municipaux. L’association “Potager Caillebotte” créé en 2000, récupère 800m² pour cultiver des variétés anciennes. Au concours national des jardins potagers de 2009, elle obtient le grand prix. Aussi, la ville leur cède 900m² supplémentaires, pour y créer un verger conservatoire.

La gerbe d’or

Yerres-gerbe d'orGabriel Sallin, bijoutier à Paris, fait construire cette villa en 1827. Son enseigne deviendra la chaine “Histoire d’or”. La propriété devient ensuite possession d’Alice et Ernest Hoschédé, grands collectionneurs. Leur ami Claude Monet, vient y peindre leur maison en 1876. En 1879, lorsque Mme Camille Monet décède, Alice prend en charge ses enfants Jean et Michel, bien qu’elle en ait déjà 6. Un an plus tard, les Hoschédé et Monet déménagent à Poissy. Mais Monet s’établit finalement à Giverny en 1883. Il épousera Alice devenue veuve en 1892. Par la suite, la maison, voisine du sanatorium, devient une annexe de l’établissement dirigé par Monsieur Debatiste.

Détruite par un incendie, sa partie extérieure est entièrement reconstruite à l’identique en 2002 et réaménagée en logements.

Et ailleurs…

Pour terminer cette découverte de Yerres, nous vous invitons à une pause gourmande.

Fondée en 1999, la boutique “Macarons gourmands” propose des produits hauts de gamme pour les restaurateurs et artisans du monde entier. En 15 ans, Macarons Gourmands s’est construit une réputation basée sur l’excellence et la créativité. Ici, le goût de l’authenticité est mis à l’honneur. Pour satisfaire les fins gourmets, Yannick Lefort, maître confiseur, propose quelques parfums incontournables qui font la réputation de cette enseigne. Ses macarons haute couture vous feront fondre à coup sûr. De plus, les addicts sont récompensés de leur fidélité !

Crédits photo : Tilia, Le Parisien LP/NG, NathyB

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