Découvrons Vincennes

Bibi

Comment jouer l’aventurier lorsque l’on se balade dans une ville proche de la capitale ?… Il suffit parfois de retrouver sa curiosité et de lever les yeux ! Et à Vincennes, les petits détails qui vous transportent ailleurs abondent.

Découvrons Vincennes

Fondée au milieu du 12ème siècle par Louis VII, la cité se construit à partir d’une maison de chasse, de la chapelle de la Pissotte – bâtie au début du 11ème siècle le long d’une voie romaine, et d’un bois clôturé.

Vincennes, villégiatureA la fin du 17ème, la basse-cour et la Pissotte – devenue paroisse en 1667,  sont réunies. La municipalité nait en 1787, mais se soucie peu des villageois. Dans le cahier de doléances de 1789, ils se plaignent de devoir louer des terres cultivables sur Montreuil et Fontenay. Rien ne change.

En 1829, Paris s’approprie les 238ha du château, son jardin, le Petit-Parc, et une partie du bois. L’attribution de 58ha pris sur Montreuil et 36ha pris sur Fontenay arrive trop tard pour la paysannerie, d’autan que la ville s’industrialise avec plusieurs manufactures – porcelaine, faïence,  armes, films Pathé,…. Avec la construction du Fort-Neuf en 1841, Vincennes devient ville de garnison.

De quelques milliers d’habitants en 1817, la population atteint plus de 50.000 habitants en 1954, notamment grâce au chemin de fer reliant Paris à Verneuil d’étang, puis à l’arrivée du métro en 1934.

La forteresse

Philippe Auguste transforme la maison de chasse en manoir et en fait une résidence royale en 1180. St-Louis vient y rendre ses jugements, alors que Philippe III et Philippe V s’y marient. Philippe VI de Valois fait élever un donjon de 52m de haut vers 1337 (le plus haut d’Europe), puis Charles V fait fortifier le château-fort pour y installer son gouvernement. Il crée la basse-cour en 1373 pour loger les domestiques. Vincennes-chateauLes travaux s’achèvent en 1380, alors que la construction d’une nouvelle chapelle commence.

Louis XI quitte le vieux château pour un nouveau pavillon bâti de plain-pied en 1470, au sud-ouest du donjon. Il relance également le chantier de la Ste-Chapelle. François Ier puis Henri II embellissent la forteresse, avant que François d’Alençon et le roi de Navarre y soient enfermés. Anne d’Autriche y séjourne en compagnie du jeune Louis XIV et de Mazarin. Devenu roi, Louis XIV confie à Louis Le Vau la construction des ailes du roi et de la reine. Mazarin y décède en 1661, tandis que le donjon devient prison d’état avec 14 cellules. Le duc de Beaufort, le cardinal de Retz, Fouquet, Le Vau, Voltaire, le marquis de Sade, Mirabeau et Diderot en seront les hôtes les plus connus. Sous Louis XIV, Vincennes est abandonné comme résidence royale. Une manufacture de porcelaine s’y établit, avant de migrer à Sèvres. 

Sous la révolution, le donjon échappe de peu à la démolition et reste une prison dont les régles se durcissent. Barbès, Blanqui et Raspail y seront enfermés.

Les édifices religieux

Vincennes-eglise notre damePlusieurs chapelles se succèdent au même endroit avant que l’église Notre dame soit construite au 17ème siècle. Vendue comme bien national en 1796, elle finit démolie. Mais Louis XVIII, le comte d’Artois – futur Charles X, le duc d’Angoulême et la duchesse de Berry financent sa reconstruction, par l’architecte gagnant du prix de Rome en 1819, Jean-Baptiste Cicéron Lesueur. L’église est bénie en 1833, puis agrandie en 1861. Un grand orgue réalisé par le facteur Jean-Baptiste Stolzest, équipe l’édifice dès 1860. Etonnament, entre 1912 et 1934, un tramway dédié aux convois funéraires relie l’église et le nouveau cimetière.

Parallèlement, l’église St-Louis est construite entre 1914 et 1924 dans un style inspiré de l’art byzantin. Parmi les artistes les plus réputés Maurice Denis et Henri Marret y réalisent des fresques, Maurice Dhomme des céramiques et Raymond Subes des ferronneries. Toitures visibles depuis la rue Massue.

Les bâtis remarquables

Bâtiments collectifs

Vincennes-Villa DavidConstruit en 1934 par Georges Marandon au 164 avenue de Paris, le bâtiment présente des décors floraux typique des arts décos. Ils se superposent en saillie pour s’ouvrir en évantail sur la corniche. Au 160, reste la porte cochère d’un bâtiment construit en 1887 par Alphonse Masson, marchand de chevaux.

En retrait de la grande avenue, la rue des laitières est un réservoir de belles batisses. Collectif de 1910 au 23, bâtiment art nouveau de 1907 au 17, façade d’un bel hôtel particulier au 29… Mais l’abondance ornementale se trouve au 16 de la Villa Alice, élevée en 1906. Rue de Fontenay, plusieurs collectifs témoignent également de la période art déco, correspondant à l’industrialisation de la ville.

Ailleurs, il faut voir l’impressionnante villa Georgina de 1906, la villa David de 1875, la villa Régina de 1918., la villa des Tilleuls de 1912.

Plus surprenant, des faïences d’Orchies décorent les bains Montansier – construits en 1907. 

Hôtel de ville

Débutée en 1891, la construction de l’Hôtel de ville s’inspire du style renaissance. Les architectes communaux, Henry Quarez et Gustave Lapostolle, agrandissent l’édifice en 1935. Les décors art déco témoignent du savoir-faire des artisans locaux. Ainsi, les établissements Brandt réalisent les ferronneries d’art – escalier d’honneur, portes de la salle des Fêtes et rampes de l’escalier latéral. Un classement en 1999 et 2000, protègent désormais façades, toitures, halls d’entrée, salles de réception et bureau du premier maire adjoint.

Maison Guilleré

En 1912, René Guilleré fonde l’atelier Primavera, boutique de créateurs des magasins du Printemps. Son épouse, Charlotte Chauchet-Guilleré, peintre, dessine de nombreux modèles pour Primavera dans sa maison atelier, où  le style art nouveau s’inspire du moyen-âge : sorte de latrine en partie gauche, rappel d’arc-boutant en encadrement de l’importante baie de l’atelier…

Vincennes Mairie

Et ailleurs…

Autre lieu à découvrir à Vincennes, les archives de l’armée. Pierre Laugeay, son directeur, invite le public à découvrir ce bien commun. Evénements,  expositions… tout le monde peut consulter ces archives captivantes qui retracent notre histoire commune. Actuellement, le visiteur peut voir la collection d’affiches de Claude Boudey, achetée par le Service historique de la Défense. 1000 affiches pour retracer des pages d’histoire….

Vincennes-boutiqueLes gourmands peuvent se rendre à la Fabrique de confitures pour une pause sucrée ! Elaborées sous nos yeux, les confitures suivent les saisons et se mêlent parfois aux légumes. Régis Quentin, le maitre de l’art, parle avec passion de ses coups de coeur : carotte-orange, fraise-orange, tomate…

Si le temps n’est pas favorable pour une balade dans la nature, vous pouvez vous rendre au Bois rieur. Vous y trouverez un beau choix de jeux de société afin de tuer le temps, à moins que vous préfériez attendre le vendredi soir pour participer à une soirée… très animée. Toujours à Vincennes, il existe un autre temple ludique, le Ludifolie, avec des milliers de références. Les parents ne sauront plus où donner de la tête !

Crédits photo : Fabrique de confitures, NathyB

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