Découvrons Sucy en Brie

Bibi

Il n’y a pas si longtemps, la première couronne de Paris était encore très rurale. Il fallait donc peu de temps pour être à la campagne. Et en voyageant dans l’histoire de Sucy en Brie, on peut presque s’y croire. 

Découvrons Sucy en Brie

Les origines

Bien qu’habité depuis le néolithique, le lieu est cité en 811, sous Charlemagne. En effet, le comte Étienne de Paris fait don de terres au chapitre de Notre-Dame qui devient ainsi seigneur de Sucy, malgré la présence d’autres fiefs. Les religieux érigent une église dédiée à St-Martin et en 1259, le village compte près de 200 âmes occupées aux champs, au vignoble ou à surveiller les bêtes. Pendant la guerre de cent ans, le bourg connait disettes, guerres et peste. Puis la paix offre un peu de répit aux villageois et le bourg redevient prospère.

Un bref développement

Sucy_plan

Sucy_vieux plan

En 1527, François Ier autorise une foire annuelle, puis en 1544, la fortification du village. En 1668, une école ouvre pour les garçons. Désormais, Sucy attire les nobles qui font construire des châteaux avec fermes : Grand-Val, Petit-Val, Pacy… tandis que les bourgeois bâtissent leur maison au coeur du bourg. De fait, les grandes figures apparaissent : la marquise de Sévigné grandit au château de Montaleau, le baron d’Holbach reçoit Denis Diderot dans son château de Grand-Val vers 1759. A cette époque, le bourg compte 1063 habitants.

Une mutation douloureuse

Sucy_guerre de 1870En 1793, en pleine terreur, la propriétaire de Chaumoncel est guillotinée avec ses enfants. Puis avec la chute de Napoléon en 1814, les Prussiens occupent le village et César Ginoux, maire, se plaint de leurs destructions. En 1819, il finance la reconstruction de l’école. Puis en 1841, la mairie migre dans une grande maison de la cour de la Recette. Dès 1850, la ville se modernise. Mais en 1870, les batailles font rage sur les boucles de la Marne. Après avoir fuit, les habitants retrouvent maisons, châteaux, champs et vignobles dévastés. Ainsi, Chaumoncel est abandonné. Enfin, une gare et un bureau de poste ouvrent en 1873, et l’éclairage public arrive en 1880. Dès 1888, les lotissements envahissent le parc des châteaux, et des artisans créent diverses activités. En 1894, le bourg se dote d’un groupe scolaire, qui accueillera les filles dès 1908, ainsi que d’une société gazière pour le gaz de ville en 1895.

Temps modernes

Sucy_immeubles

Grâce à la victoire sur la Marne, Sucy échappe à l’occupation, puis une verrerie s’installe en 1917. Ensuite, de 1921 et 1936, de nombreux ouvriers s’y établissent. St-Gobain rachète la verrerie en 1926, et une gendarmerie s’implante en 1930. Le réseau d’eau et d’électricité ouvre en 1938. Mais en juin 1940, les Allemands occupent la ville. A leur départ en août 1944, ils détruisent le centre du fort. Ensuite, baby-boom, retour des rapatriés et proximité de Paris bouleversent le paysage. La ville construit harmonieusement logements, écoles, stades, services sociaux et culturels. Et en 1962, la mairie migre au château de Montaleau, acheté en 1937. Puis sous Jean-Marie Poirié, maire en 1964, des immeubles remplacent les champs pour les 25.000 habitants. Le château du Petit val, édifié en 1772 par le frère de Madame de Pompadour, devient école privée.  Le château restauré est inauguré en 2007.

Les bâtiments remarquables

Château de Haute maison

Sucy en Brie, château de Haute maisonLes Delivré possèdent les terres en 1242. En 1552, Charlotte épouse Nicolas Luillier,  président de la Chambre des comptes. Ils font construire le château, légué en 1635 à leur fille, Louise Boudet de Boulancourt, puis en 1647 à leur petite-fille, Louise Luillier de Boulancourt. Cette dernière épouse Henri de Balsac, marquis de Clermont d’Entragues en 1607. Dans leur hôtel de Paris, ils reçoivent Mesdames de Sévigné et de La Fayette, Catherine de Rambouillet, l’écrivain Malherbe, le grammairien Vaugelas, le poète Jean Chapelain et l’éloquant Vincent Voiture. Ils sont rejoint à Sucy par Madame de Coulanges, les marquises de Flamanville et d’Hoquincourt et la marieuse Madame de La Guette. Que du beau monde ! Le marquis vend son fief en 1650 à Jacques Guyot, secrétaire et conseiller du roi. Puis en 1897, Ludovic Halévy achète le domaine. Ses descendants finissent par le revendre à la ville pour héberger les bureaux. Les extérieurs du château sont classés en 1980.

Château de Sucy

Château de Sucy en brieEn 1344, Robert Dufreysnois vend sa ferme avec pressoir et colombier. Elle passe en 1366 à Jean Day, puis à Robert Cordelier de Giresme, premier écuyer du roi. En 1499, Simon Larcher l’achète et décède. Sa jeune veuve se remarie. Son fils François le Cirier acquiert de nouvelles terres pour ériger son domaine en seigneurie. En 1640, Jean-Baptiste Lambert achète le domaine. Sous la tutelle de Claude Bullion, surintendant des finances, il s’enrichit et fait bâtir 14 hôtels à Paris. Son frère hérite de sa fortune en 1660 et se fait construire un château, aidé de François le Vau et Charles le Brun. En 1719, Jean-François Christophe la Live achète le domaine. Son descendant le revend à César Ginoux, secrétaire du roi, en 1780. Echappant à la guillotine, il devient maire en 1806, et lègue ses biens à ses héritiers, tous maires ou députés. Pillé par les Prussiens en 1870, le domaine est vendu à des Ecossais. En 1910, Lady Bruce Meux le lègue à l’amiral Hedworth Lambton, qui le revend à Jean Bes de Berc. Après sa mort en 1945, sa veuve le cède à la Caisse des dépôts en 1952. Abandonné, le château est livré au pillage. En 1967, Valéry Giscard d’Estaing stoppe un projet de démolition, à laquelle il échappe définitivement en 1969. Puis la ville le restaure, et dès 2007, y héberge le conservatoire de musique. L’orangerie sert de lieu d’exposition.

Château de Montaleau

Sucy_chateau de MontaleauEn 1621, Philippe de Coulanges, aïeul de Madame de Sévigné, achète une maison à Charles Payot. La propriété comprend ferme, lac, bassins, glacière, et serres. La maison à étage avec aile en retour, permet de loger ses 6 enfants. Sa fille, Madame de Sévigné, décèdant précocement, il recueille et élève sa petite-fille. En 1653, il vend et la propriété est acquise par Marie Amelot de Gournay, épouse du président du grand conseil. Les communs sont détruits pendant la révolution. Ensuite, le château change de mains jusqu’en 1934. La mairie l’achète pour s’y établir avec le conservatoire de musique. L’aile en retour est rasée entre 1940 et 50. Puis à l’intérieur, les décors disparaissent en 1960. La commune finit par installer ses services ailleurs. En 2015, le bâtiment est converti en tribunal d’instance, pour remplacer celui de Boissy St-Léger. 

Les édifices religieux

Sucy_eglise St-Martin

En 811, après donation de terres par le comte de Paris, un premier édifice dédié à St-Martin apparait. Dès 1180, l’église se dote d’un clocher de 28m de haut. Et au début du 13ème, le clocher est intégré au corps de l’église. Mais par manque de moyens financiers, les travaux inachevés, d’autant que la guerre de cent ans y ajoute son lot de désolation. En 1454, la toiture doit être refaite après avoir brûlé. Au sortir de la Fronde, la nef est délabrée. Alors l’église connait une phase de réparations. Vers 1685, Nicolas Lambert, seigneur de Sucy, finance la construction d’un oratoire au nord et offre un pavage blanc et noir à l’église. La sacristie est construite en 1776. En 1793, trois de ses cloches sont fondues en canons. En 1811, le curé fait refaire la couverture. Son successeur s’attache à la faire décorer par la bourgeoisie locale. Puis deux verrières sont offertes par Lady Meux vers 1894. Le chœur, le transept et le clocher sont inscrits aux monuments historiques depuis mars 1926.

Et ailleurs…

Ferme de Grand Val

Sucy_ferme grand valCette ferme fait partie du château du Grand-Val construit en 1569 pour les seigneurs de Sucy. Dans la seconde moitié du 18ème siècle, Paul Thiry, baron d’Holbach, y tient salon avec son épouse ; ils reçoivent de nombreux intellectuels. Parmi leurs amis, Denis Diderot séjourne souvent chez eux. En 1830, le domaine s’agrandit et s’agrémente d’un lac. Sans doute le château est-il pillé durant l’occupation prussienne de 1870, puis encore pendant la  seconde guerre mondiale. Finalement, il disparait sous les chenilles des démolisseurs dès 1948. La ferme, toujours utilisée, est épargnée, ainsi que sa porte charretière et son pavillon d’entrée. Puis les bâtiments sont réhabilités et convertis en centre culturel communal.

Métairie du château

Sucy, métairie du châteauEn 1980, les jardiniers de la ville y entrepose des outils. Jean-Marie Poirier,  maire, décide de confier la masure à une association pour restauration en 1980. Ainsi plusieurs chantiers se succèdent jusqu’à fin 1999, supervisés par un architecte des monuments. La métaierie sert de décor de cinéma en 1991puis héberge un musée des arts et traditions populaires. Instruments agricoles, forge, cuisine briarde du 19ème siècle, … A l’étage, plusieurs panneaux racontent l’histoire de la ville, entrecoupés d’outils de métiers anciens : vigneron, tapissier, ébéniste, charpentier, tailleur de pierre. Depuis peu, le musée vit une transformation pour offrir une présentation dynamique de Sucy et devrait bientôt rouvrir au public.

Sucy_fortFort de Sucy

Après la guerre de 1870, la défense de Paris missionne le général Séré de Rivières, de construire des fortifications en ceinture de la capitale. Ainsi, de 1879 à 1881, le fort du Sucy sort de terre. Pendant la seconde guerre mondiale, il est utilisé par les Français puis les Allemands. Partiellement détruit en 1944, il est consolidé pour accueillir après guerre des associations. Finalement, le département et la ville mènent depuis peu une campagne de restauration et mise en valeur, avec visites organisées.

Crédits photos : NathyB, Tourisme Val-de-Marne, Besopha, 94 citoyens

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