Découvrons Rueil-Malmaison

Bibi

Nos escapades pour titiller votre curiosité et votre esprit d’aventure ont retrouvé leur rythme. Chaque semaine, vous pouvez ainsi vous faire une idée sur l’âme d’une commune d’Ile de France, aujourd’hui, Rueil-Malmaison.

Découvrons Rueil-Malmaison

Un développement sous l’ancien régime

Rueil, le château du ValLe territoire  est occupé dès le mésolithique, et le village est mentionné au 6ème siècle, comme villa romaine dédiée au plaisir des rois mérovingiens. Vers 870, Charles le chauve donne le territoire à l’abbaye St-Denis. A la fin du 12ème, les bénédictins y construisent une église puis une chapelle dédiée à St-Cucufa. Hélas en 1346, le prince Noir incendie tout le village. La paix rétablie, Antoine Ier du Portugal, exilé, s’y établit en 1584. Peu après, en 1598, les moines vendant leurs terres. A cette occasion, Jean Moisset, financier, s’offre l’édification du château du Val. La Fronde s’achève au château en mars 1649. Puis la marquise de Maintenon loue une maison à Rueil en 1691, pour offrir une éducation aux garçons pauvres. Elle créera St-Cyr plus tard. Grâce à Louis XIV, les gardes suisses s’installent dans une caserne bâtie pour eux en 1754.

Virage vers la modernité

La révolution chasse les aristocrates, remplacés par les nobles d’empire. Mais en 1815, les Anglais dévastent Malmaison et les Prussiens ravagent entièrement le Val. Après 1850, les Parisiens fréquentent les guinguettes grâce au chemin de fer. Rueil vieux bourgLa ville vit alors de maraichage, viticulture, blanchisserie et canotage. En 1866, une nouvelle mairie sort de terre. Marie-Isabelle d’Espagne, fuyant la révolution ibérique, s’y réfugie en 1868. Peu après, les Prussiens reviennent à Rueil, notamment à Buzenval en octobre 70 et janvier 71. Enfin en 1890, le tramway ralie St-Germain. Dès 1899, la ville bénéficie du mécénat des Tuck : construction de l’hôpital Stell, d’écoles, et restauration des châteaux de Bois Préau et Malmaison. En 1940, les Allemands investissent la ville et exécutent de nombreux résistants au Mont Valérien. Mais en juin 1943, les résistants du FTP-MOI attaque la caserne Guynemer. La ville, libérée en août 1944, est endeuillée en 1947, par l’incendie du cinéma Le sélect. Sur 600 personnes, 89 décèdent. Moderne, la ville accueille le premier supermaché français en 1958, fondé par Goulet Turpin.

Ses châteaux

Château de La Malmaison

Rueil, Château de MalmaisonSimple grange en 1244, La Malmaison est un fief en 1376. Il échoit au 15ème siècle aux Dubois. Par héritage, il revient en 1563 à Claude Perrot, président des enquêtes du parlement, puis à son fils Christophe en 1597. Il fait contruire une nouvelle demeure que ses descendants font agrandir en 1686. En 1713, Gérard Michel, locataire, redessine ses jardins. Acquis en 1771 par le banquier Le Couteulx du Molay, le parc est réaménagé à l’anglaise et le château remeublé. Une fois mariée à Napoléon, Joséphine Tascher de la Pagerie achète le domaine en 1799. Napoléon fait moderniser la demeure par Percier et Fontaine. Puis en 1809, il lui abandonne avec une belle rente annuelle. Alors Joséphine dépense sans compter jusqu’à sa mort en mai 1814. Suivent le banquier Hagerman en 1828, la reine d’Espagne en 1842, Napoléon III en 1861… Ce dernier remeuble le château que l’armée prussienne saccage en 1870. Finalement, en 1877, un marchand de bien rachète le tout. Le château passe de mains en mains. Puis en 1896, Daniel Iffla, mécène, l’achète et mandate Pierre Humbert pour le restaurer. Enfin en 1901, il le lègue à l’état français. Le musée ouvre en 1905 et le domaine classé en 1991.

Rueil-Petite MalmaisonChâteau de la Petite Malmaison

En 1803, Joséphine Beauharnais fait construire ce pavillon contre sa vaste serre chaude, où elle cultive du jasmin, des roses, des hortensias mais aussi des plantes rares que lui fournit le naturaliste Bonpland. Elle y invite ensuite ses hôtes pour le thé, après la visite de sa serre. En 1828, après la mort de son fils Eugène, le banquier Haberman achète puis revend au comte Czarnecki qui fait détruire la grande serre. Au 20ème siècle, les héritiers transforment la bâtisse en lieu de réception. Le dernier comte espère un jour pouvoir reconstruire la grande serre. Mais en attendant, il parait que le château de la Petite Malmaison serait hanté…

Château de Bois-Préau

Rueil Malmaison, le château du bois PréauLes terres sont propriété de l’abbaye St-Denis jusqu’en 1696. Puis  les Léonard, imprimeurs et libraires du roi, y font construire une vaste demeure. Leur héritier la vend en 1747 à Jean Garnier, maître d’hôtel de Marie Leszcynska. Ce dernier cède le tout en 1765, au marquis de Prie qui fait remanier le château par Claude Baccarit. Revendu en 1774 au banquier Louis Julien, sa fille en profite dès 1796. Joséphine de Beauharnais tente alors d’acquérir Bois Bréau, et elle y parvient en 1810. Elle fait réaménager la demeure et redessiner les jardins. Après la mort de son fils héritier en 1824, la propriété change de famille plusieurs fois. Puis en 1853, le baron Edouard Rodrigues-Henriques fait abattre les ailes et restaurer le corps de logis. Il reçoit Halévy, Bizet, Dumas…  Puis il lègue quelques hectares à son gendre Gustave d’Eichethal. Après sa mort en 1879, Benoit Jouvin, journaliste en vue, en prend possession. En 1920, Edward Tuck l’acquiert. Enfin, en 1926, l’état le reçoit en leg pour en faire une annexe de Malmaison.

Château de Vert Mont

Rueil, château de Vert montConstruit en 1859 par Louis-Martin Berthault pour Gustave d’Eichthal, le château est incendié par les Prussiens en 1870. La ruine du château est acquise par le banquier Edward Tuck en 1898. Avec sa femme, il vient s’y retirer définitivement. Vers 1910, ils font construire un nouveau château avec jardin d’hiver en conservant les vestiges de l’ancien. Edward redessine le parc avec écuries, 30 serres – dont 20 chauffées, orangerie et grand garage. Progressiste, Edward s’équipe d’une usine électrique et d’un ascenceur. Durant la première guerre mondiale, le garage abrite un service d’ambulances. Puis en 1939-1945, les Allemands occupent les locaux avant d’être délogés par les Américains et les Anglais. En 1954, l’héritière vend le domaine à une société immobilière, sous condition d’un projet conforme aux idéaux des Tuck. Ainsi, la fondation est créée en 1990. Depuis 1992, elle bénéficie du soutien de l’Institut du pétrole.

Château de Buzenval

Rueil-château de BuzenvalConstruit par Charles le Chauve pour son favori, Bozon, l’édifice est acquis en 1470 par Jean II Choart qui prend le titre de marquis de Buzenval. Les guerres de religion détruisent une partie de sa structure. Les héritiers s’en défont au milieu du 18ème siècle et les acquéreurs font de nombreux travaux. En 1805, il est annexé à la Malmaison, mais Eugène de Beauharnais le revend en 1818 au maire de Rueil. Le prince Murat l’achète et le revend à Nicolas Lescanne et au Docteur Raymond en 1852. Lescanne récupère le château et une partie du parc. Hélas, en 1870, le domaine est dévasté par les combats. Aussi, en 1874, Lescanne le cède au duc de Cadore. Très pieux, celui-ci fait ériger une chapelle. Sans enfant, sa veuve lègue le château à une oeuvre religieuse en 1885, pour servir d’école de garçons. L’institution ouvre en 1902. En 2002, les religieux quittent l’établissement. Puis le château reprend vie en 2013, comme foyer d’étudiants.

L’Ermitage du Père Joseph

Rueil Malmaison, l'ermitageEn 1633, Richelieu achète le château du Val avec cette dépendance. En 1638, François Le Clerc du Tremblay, éminence grise du cardinal devenu père Joseph, vient y mourir. En 1642, sa nièce, duchesse d’Aiguillon, s’installe au château. Elle y cache Louis XIV, sa mère Anne d’Autriche et le cardinal Mazarin durant la Fronde. Puis en 1800, le maréchal Massena l’achète. Ses héritiers y résident de 1817 à 1832, et vendent aux Lemarié et Mercier. En moins de 4 ans, ils démolissent le château, coupent les arbres, rasent la ferme, détruisent les bassins et divisent le parc. Les Mercier, installés dans la maison du garde, la transforment en ermitage puis la revendent en 1837. Ensuite, grâce à Haby Sommer, bienfaitrice des pauvres, la maison accueille des blessés de la première guerre mondiale. Après sa mort, les Gould, riches américains, achètent la maison en 1931, mais l’abandonnent quand la seconde guerre survient. La ville la rachète pour en faire un centre culturel. 

Les édifices religieux

Rueil Malmaison, église

Eglise St-Pierre St-Paul

Une première église est édifiée au 12ème siècle, en même temps que la chapelle de St-Cucufa. Si un clocher lui est ajouté durant la guerre de cent ans, à la fin de cette dernière, l’église est en ruine. En 1584, le roi du Portugal, réfugié à Rueil, lance sa reconstruction. L’architecte Jacques Lemercier en achève la façade sur ordre de Richelieu en 1635. Saccagée durant la révolution, elle perd ses orgues en 1797, vendus à un chaudronnier.  Elle retrouve finalement sa fonction et accueille le tombeau de Joséphine de Beauharnais en 1825. La reine Hortense du Portugal est enterrée dans la crypte en 1837. En 1854, Napoléon III la fait restaurer par l’architecte Joseph-Eugêne Delacroix. Enfin, en 1862, Prosper Mérimée l’ajoute à sa liste de monuments et Napoléon III lui offre un nouvel orgue deux ans plus tard. L’église est officiellement classée en 1941. Entre 1990 et 1993, elle profite d’une restauration complète avec ajout de nouvelles statues.

Et ailleurs…

Musée des gardes suisses

Le régiment des gardes suisses, créé par Louis XIII en 1616, est chargé d’assurer la protection du roi. Les soldats logent alors chez l’habitant. En 1756, Louis XV ordonne la construction de trois casernes, à Rueil, Courbevoie et Saint-Denis, pour loger ses gardes. La construction de celle de Rueil est confiée à l’architecte Charles-Axel Guillaumot. Chaque semaine, un détachement se rend ainsi à Versailles pour y former le piquet d’honneur. Mais en 10 août 1792, les gardes suisses se font massacrer aux Tuileries en tentant de protéger le roi. Classée monument historique en 1973, la ville en fait un musée en 1999.

Musée de l’histoire locale

Rueil Malmaison, ancienne mairieBâtie en 1869 par Lebois et Prince, la mairie  est une copie de celle de Fontainebleau. Devenue trop exigue, elle est abandonnée en 1978 pour un nouveau bâtiment. La ville en fait alors un musée, présentant 1800 figurines de la grande armée de Napoléon, et que d’autres attractivités historiques : la blanchisserie, Edouard Belin – inventeur du Bélinographe (ancêtre du fax), Eugène Capelle – collection de cartes postales historiques du début du 20ème. En 2000, des agents municipaux découvrent une momie ptolémaïque et appellent le musée. L’inscription peinte dessus révèle qu’il s’agit d’une fillette de 4 ou 5 ans nommée TA-ISET – Celle d’Isis. Ainsi, en 2016, le musée lance une exposition sur les croyances funéraires de l’Egypte antique.

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Crédits photos : NathyB, Moonik, mairie de Rueil

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