Découvrons Provins

Bibi

Durant deux siècles, la belle était la capitale de la Champagne. Ceci explique sans doute pourquoi nous y trouvons tant de richesse. Nous vous présentons Provins.

Découvrons Provins

Peuplé dès le paléolithique, la cité se développe fortement sous l’impulsion des comtes de Champagne à partir du 10ème siècle. Ils construisent la ville basse et permettent l’édification de 20 édifices religieux, plusieurs manufactures et 3 foires annuelles qui contribuent à la renommée européenne de Provins. Les banquiers y ouvrent des comptoirs et les comtes font frapper une monnaie valable dans toute l’Europe.

Provins, porte de JouyLe comte Henri le Libéral fait bâtir la forteresse au cours du 12ème siècle. La tour remplace un donjon érigé en 1137. Elle sert aussi de prison, mais son rôle est surtout défensif. Pourtant, les Bourguignons, les Français et les Anglais se la disputent pendant la guerre de cent ans. Les Anglais renforce la tour d’une grosse muraille après le siège de 1432. Une tour de guet surmonte alors la tour elle-même. La tour est couverte en 1554. Les cloches de St-Quirace y sont installées en 1689.

Loin de la capitale, Provins est relativement épargnée par la révolution, en dehors des édifices religieux. Et si en 1870, les Prussiens dépossèdent les habitants de leurs denrées et lerus chevaux, en 1914, la bataille de la Marne repousse les Allemands hors des environs de Provins.

Les édifices religieux

Collégiale St-Quiriace

Provins, la collégialeC’est en 1019 que le comte Eudes fonde la collégiale St-Quiriace, dont la construction est achevée en 1032. Henri le Libéral la fait agrandir dès 1157. Sa générosité lui vaut d’être exempté d’impôts en 1176. Le choeur de l’église est achevé après sa mort en 1181. Prévue pour accueillir 100 chanoines, elle n’en verra jamais qu’une quarantaine.

Au 16ème siècle, la nef est achevée. Les ouvertures sont modifiées en 1625 et l’édifice restauré à la suite d’un incendie en 1662.

Dès 1760, les tombes ont soulevé le sol, alors ce dernier est arrasé et carrelé. Les vitraux colorés sont retirés car jugés trop sombres. Et l’autel devenu vétuste est remplacé par du moblier Louis XV. Mais la révolution met fin à la collégiale. Lorsqu’en 1836, il faut restaurer la coupole et la lantere, ils sont reconstruits en zinc.

Ils le seront à nouveau dans les années 1950, car détruits par les bombardements alliés lors de la libération de Provins.

Eglise Ste-Croix

Provins-église Ste CroixConstruite pendant la seconde moitié du 11ème siècle, et possession du monastère de St-Ayoul, cette église remplace la chapelle des Ponts, bâtie sur un terrain inondable. Vers 1234, le comte Thibault IV fait reconstruire la nef et l’érige en église paroissiale pour les artisans de la ville basse : drapiers, tisserands, foulons, teinturiers..

Malgré les guerres, disettes, l’hérésie croissante, un incendie en 1509, des inondations en 1511, l’église est agrandie jusqu’en 1581. Puis le pavement est réhaussé en 1635 de près d’un mètre en raison des inondations fréquentes.

En 1718, les arcades de la croisée du transept sont aménagées pour dégager la vue du chœur, puis l’intérieur est rénové. Le porche de la façade de 1635, est démoli en 1769. Pendant la révolution, l’église sert de fabrique de salpêtre, et de Temple de la Raison. Elle est restaurée en 1836, puis 1855 et 1886.

Eglise St-Ayoul

Provins, église St-AyoulEn 996, un miracle révèle les reliques de St-Ayoul, cachées près d’une chapelle par des moines fuyant les Normands. Le comte Thibault 1er demande au roi en 1048, que des moines bénédictins y assure le culte. En 1153, le comte Henri le Libéral accorde les droits de haute justice aux religieux du prieuré, durant les foires, charge qu’ils assument avec une grande rigueur. Mais en 1157, un incendie ravage le prieuré. Seules les reliques sont sauvées avec quelques livres. Les moines reconstruisent un nouvel édifice dans les 2 ans. 

Au 16ème, l’édifice subit plusieurs restaurations et agrandissment. Mais en 1792, le prieuré est en partie vendu en lots à des particuliers, tandis que l’abside abrite des chevaux, le chœur sert de bûcher, et le cimetière est morcelé en jardins.

En 1826, l’Etat rachète le tout pour y installer la cavalerie ; le couvent sert alors de grange à fourrage. Enfin, en 1892, le berceau de bois du 16ème est remplacé par des voûtes d’ogives de briques et de plâtre.

Couvent des Cordelières

Provins_couvent des cordeliersLe comte Thibault IV fait bâtir un monastère fortifié en 1248.  Jeanne de Navarre, dernière comtesse et épouse de Philippe le Bel, aide généreusement le monastère où un logis est réservé à l’accueil de l’aristocratie. L’église est érigée au début du 14ème siècle. Mais , le monastère est ravagé par la guerre de cent ans. Les Anglais achèvent de détruire le couvent en 1432.

Reconstruite, l’église est plusieurs fois févorée par les flammes avant d’être rendue au culte en 1580. Mais en 1592, Henri IV y installe ses troupes pendant le siège de la ville, et des tirs de canon dévaste le monastère.

Dissout en 1742, le monastère devient hôpital général. Malgré de gros travaux pour accueillir les indigents en 1762, la révolution interrompt le projet. Enfin, en 1843, grâce à l’intervention de Mérimée, les galeries est du 16ème et ouest du 13ème sont sauvées de la destruction. Aujourd’hui, le site héberge un centre de formation.

Les bâtis remarquables

Maison romane

Provins_maison romaneConsidérée comme l’une des plus anciennes maisons, bâtie au 10 ou 11ème siècle, elle sert de synagogue et d’école rabbinique durant le 13ème. Puis son histoire se perdu jusqu’au début du 20ème, où elle sert d’école de garçons pour la ville haute. A la fin du siècle, elle est réhabilité pour accueillir le musée de Provins et du Provinnois.

Sa façade forme un angle obtus pour épouser la forme de la rue. Elle présente au rez-de-chaussée une fenêtre avec une décoration d’étoiles et une porte basse à plein cintre conduit à la cave, à l’étage deux fenêtres jumelées séparées par une fine colonnette. Aujourd’hui déblayée, cette cave, ou caveau, non voûtée est soutenue par un pilier carré. Son chapiteau biseauté semble plus ancien que la maison. Dans le prolongement, une autre cave  donne accès à un réseau de souterrains.

Grange aux dîmes

Provins-Grange aux dimesL’édifice construit au 13ème siècle, est sans doute destiné à accueillir un marché couvert. Il appartient aux chanoines de St-Quiriace qui le louent aux marchands lors des foires. Quand celles-ci disparaissent, le bâtiment prend le nom de grange aux dîmes, car les religieux y déposèrent les impôts collectés en nature auprès des habitants de leurs possessions. L’accès à l’étage se fait par un escalier extérieur. Le rez de chaussée est une salle voûtées d’ogives avec six colonnes à chapiteaux. Face à la porte d’accès en plein cintre, une trappe à deux vantaux ouvre sur un escalier massif qui conduit au caveau.

Et ailleurs…

Si vous avez envie d’aller plus loin dans la découverte de Provins, visitz donc ses entrailles. En effet, la ville haute regorge de souterrains et  caveaux construits au 13ème siècle. Ceux-ci, dont l’architecture rappelle les édifices religieux, comptent parfois deux niveaux, cachés souvent sous d’humbles maisons paysannes bâties sur des édifices disparus. La décoration de leurs chapiteaux évoque la prospérité de Provins à l’époque où les foires animaient la ville moitié de l’année. Les marchands y arrivaient de toute l’Europe et parfois même d’Orient. 3000 artisans y protégeaient régulièrement leur production.

Provins-roseraiePour prendre l’air, vous pourrez suivre les remparts en passant par la porte de Jouy, mais assurez-vous d’être bien chaussés. La balade vaut vraiment la peine et si vous partez de la ville haute, et optez pour le circuit nord. Vous pourrez ensuite vous reposer un instant dans un lieu odorant en saison.

La roseraie hébergeant la célèbre “rosa gallica” rapportée de croisade par le comte Thibault IV, se visite et offre un joli parc de 3ha réhabilité en 2008. Une exposition de vieux outils du bâtiment et de l’art populaire y est également présentée. La librairie propose des ouvrages sur le compagnonnage et sur les métiers et les outils, mais aussi sur les roses. Au salon de thé, une boisson à la rose attend d’être déguster, sauf si vous préférez savourer un autre produit de terroir local. Nous avons testé bière blanche avec du sirop de rose. Un délice !

Crédits photos : Wiki, Ot Provins, NathyB

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