Découvrons Pontoise

Bibi

Dans la continuité de nos escapades pour réveiller votre curiosité et votre goût de l’aventure, nous vous présentons aujourd’hui une superbe cité encore assez méconnue, Pontoise, classée ville d’art et d’histoire.

Découvrons Pontoise

Pontoise-rempartsLes premiers peuples s’installent durant l’antiquité sur le plateau St-Martin. Mais la cité se développe au carrefour de la voie romaine et de l’Oise. C’est au 7ème siècle qu’elle prend son nom actuel. Fortifiée autour d’un logis féodal bâti sur l’éperon, la cité profite de largesses accordées en 1188 par Philippe Auguste. L’économie se fonde sur l’exploitation de carrières de pierre. Si les rois y séjournent régulièrement, St-Louis en fait sa résidence ordinaire. Mais les guerres de cent ans puis de religion laissent la ville exangue. Seuls les nombreux religieux traversent les siècles jusqu’au 18ème. La renaissance se fait avec le chemin de fer au 19ème, lorsque les peintres tombent sous le charme du Vexin. 

Demeures des nobles

Château de Marcouville

Pontoise-château de MarcouvilleC’est en 1604 que le seigneur Louis de la Grange-Trianon fait construire un  château sur le fief de Marcouville. Il fait dessiner les jardin par un disciple de Le Nôtre. Mais l’édifice est en partie détruit au début de la révolution. Le domaine étant vendus aux enchères, ses acquéreurs reconstruisent le château au début du 19ème siècle.

Hélas, à la fin de la seconde guerre mondiale, les bombardements alliés de 1944 dévastent de nouveau le bâtiment. Il sera restauré entre 1952 et 1957, puis vendu à la chambre de commerce et d’industrie en 2008. En 2013, la ferme du château devient pédagogique et 1/3 du parc ouvre au public en 2014. Enfin, la commune rachète le château en 2015 pour le transformer en maison des arts, réunissant plusieurs disciplines. Le reste du parc est ensuite réhabilité.

Hôtel Le Vasseur de Verville

Pontoise-hotel Le VasseurEn 1767, le seigneur de Verville, écuyer et contrôleur de la maison du roi, vient se fixer à Pontoise, dont sa famille est originaire depuis la fin du 16ème siècle. Il transforme l’hôtel de ses parents, en une jolie folie dont il fait aménager l’intérieur avec soin. Notamment, il orne le salon de six panneaux de tapisserie de Beauvais et de porcelaine de Chine. Pour accueillir ses visiteurs, il fait construire un portail monumental. Puis il acquiert plusieurs maisons appartenant à l’abbaye St-Martin et à des particuliers, ainsi que les jardins plantés sur les anciens fossés.

En 1820, la ville achète la propriété aux héritiers, puis l’hôtel  devient, dès 1822, la résidence du sous-préfet puis du préfet de Pontoise. Le bâtiment est classé en 1928 et le jardin inscrit aux monuments historiques en 1946.

Hôtel de Monthiers

Pontoise-hotel de monthiersCet hôtel est construit vers 1571, pour les Monthiers, lieutenants du bailli de Senlis dont Pontoise dépend alors. La famille conservera cette fonction pendant plus de deux siècles. La propriété reste dans la même famille jusqu’en 1958. La demeure traverse le temps sans modification : au centre, une cour d’honneur séparée de la rue par un portail ; dans les ailes droites et gauches,  la galerie destinée aux réceptions, les services et les écuries ;  au fond, le corps du logis ouvrant sur la cour et sur le jardin arrière.

Au 20ème siècle, la famille Matisse rachete l’hôte et y conserve les oeuvres de leur fils, artiste peintre. Jean Matisse, sculpteur et fils du peintre, y résidera ensuite. Les propriétaires actuels ouvrent leurs caves, bâties sur plusieurs niveaux, pour des expositions temporaires. Ils ont fait du jardin qui descend vers la rue Butin, une roseraie.

Hôtel Tavet Delacour

Pontoise-hotel TavetA la fin du 15ème siècle, le grand Vicaire de la ville se fait construire un hôtel qui reprend le style gothique de l’époque. La distribution de toutes les pièces s’organise autour de l’escalier central. A la révolution, l’Eglise est tenue de le vendre et l’édifice est récupéré par le département de Seine et Oise nouvellement créé. L’hôtel sert alors de préfecture, puis de tribunal civil.

En 1889, M. Tavet, l’un des fondateurs de la Société historique de Pontoise, propose à la ville de le réhabiliter pour héberger ses collections sous forme de musée. L’appel aux dons permet de restaurer le bâtiment à cette fin. En 1968, le musée reçoit une importante donation d’Otto Freundlich à travers ses oeuvres. Le musée s’est depuis spécialisé en art moderne et contemporain.

Les édifices religieux

Cathédrale St-Maclou

Pontoise-cathedrale st-maclouLa cathédrale remplace, dès le milieu du 12ème siècle, deux églises édifiées avant le 10ème sur le fief St-Maclou. La façade est remaniée dans la seconde moitié du 15ème dans le style flamboyant. Puis en 1525, le bas côté nord devient un double collatéral avec chapelles et une porte ouvre au nord-est. Pierre Lemercier, grand architecte de l’époque, entreprend d’achever la tour de façade en 1552, tandis que le collatéral sud voit ses grosses colonnes s’affiner dans un style médiéval. Le choeur est rafraichi en 1585, ce qui achève la période de grands travaux. Le sculpteur Nicolas Leprince réalise la mise au tombeau vers 1545, puis Edouard Didron réalise les vitraux sud en 1887 et en 1955, Max Ingrand remplace les vitraux du choeur, brisés en 1940.

Eglise Notre dame

Pontoise-vitrail Une chapelle est bâtie en 1177 en dehors de la ville fortifiée. Agrandie au 13ème, elle devient paroisse. Sa position lui vaut d’être démolie partiellement durant la guerre de cent ans. Reconstruite, elle devient basilique sous Charles VII, mais est de nouveau détériorée en 1589 pendant le siège d’Henri III et du roi de Navarre. Restaurée, elle est enfin consacrée en 1599. Devenue trop grande (130m de long), elle est raccourcie et sa façade est refaite au 18ème.

Après la révolution, elle sert de grange à foin, avant qu’il soit envisagé de la démolir. Mais en 1801, les fidèles s’associent pour récupérer leur paroisse.

Monastère des Carmels

Pontoise-carmelAprès les Jésuites en 1604, les Carmélites s’installent à Pontoise en 1605 et font construire un monastère pour les accueillir. C’est l’effervescence religieuse de Pontoise ; les Ursulines arrivent en 1611, et les Bénédictines anglaises en 1658. La communautré prospère jusqu’à la révolution. La fondatrice, morte en 1618, est béatifiée en 1791 mais les 30 Carmélites sont chassées un an plus tard, leurs biens étant saisis.

Le monastère devient prison puis fabrique d’armes pour Versailles, grenier à grans pour Paris, et manufacture de textiles indiens. En 1803, les religieuses réintègrent le monastère, en tant que locataires. Elles y mènent toujours une vie austère, comme le veut leur ordre.

Et ailleurs…

Tour de la fontaine d’amour

La légende prétend que cette fontaine, créée à la fin du 13ème siècle, servit de rendez-vous secret entre une jeune aristocrate et un écuyer. Mais le père de la jeune fille tua son amoureux. De désespoir, la fille se fit religieuse et le resta jusqu’à la fin de ses jours. La ville a restauré la fontaine en 1999.

Caves et souterrains

Pontoise-souterrainsLes souterrains naissent avec le creusement de carrières dès le 12ème siècle, notamment sous la place des Moineaux, et la création de galerie sous les remparts. L’exploitation des carrières cessant au 14ème, les cavités servent de caves. Un riche marchand se sert de la gothique pour son activité avicole ou épicière. Pendant les guerres de religion, les galeries des remparts sont modifiées, notamment quand Henri III assiège la ville en 1589. Tandis que les caves sont comblées au 17ème, la cave gothique et celle du presbytère restent utilisées régulièrement jusqu’au 18ème avant d’être peu à peu abandonnée. Les fortifications disparaissent et la porte d’Ennery, qui ouvre sur une galerie, est détruite en 1784. Dans la seconde moitié du 19ème, en détruisant un pensionnat de jeunes filles, les ouvriers révèlent trois galeries superposées. La première sert de cave et les autres se raccordent à d’autres ramifications

Musée Pissaro

Pontoise-musee pissaroCamille Pissarro séjourne à Pontoise de 1866 à 1868 puis s’y installe de manière permanente en 1872. Après deux ans de travail avec Cézanne dans la vallée de l’Oise, il prépare la première exposition du groupe impressionniste de 1874. Il continue à peindre avec Cézanne jusqu’en 1881, tout en commençant à exercer auprès de Gauguin de 1879 à 1882. Il finit par quitter Pontoise au début de l’année 1884.

Le musée prend place dans une maison du 20ème bâtie sur les vestiges du château fort. Il présente quelques unes de ses oeuvres ainsi que celles de ses fils qu’il initia à l’art, et de ses amis, Paul Signac, Ludovic Piette, Federico Zandomeneghi, Edouard Béliard ou encore Louis Hayet. Les expositions font honneur aux pré et post-impressionnistes : Charles-François Daubigny, Emilio Sanchez-Perrier, Emilio Boggio, Luis Jimenez, Clovis Cousin et Octave Linet.

Fermes pédagogiques

Pontoise-ferme pedagogiqueDans l’ancienne ferme de Marcouville, un établissement propose de démontrer aux jeunes les bienfaits apportés par la nature et les animaux, de la basse cour aux animaux plus imposants comme les vaches ou les chevaux. Adaptée à tous  public, la structure ouverte en 2013, a déjà accueilli 11.000 visiteurs.

A moins de 10Km de Pontoise, la ferme d’Ecancourt sensibilise les visiteurs à l’environnement, au monde agricole et au développement durable. Soins des animaux, initiation au compost et au potager, découverte de la forêt et de ses décomposeurs, ou encore la fabrication du pain…. 

On peut toutefois regretter que cet établissement ne se préoccupe guère du devenir des chevreaux qu’elle fait naître pour mourir à l’abattoir, après que les enfants les aient joyeusement caressés.

Crédits photos : Wiki, ville de Pontoise, NathyB

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