Découvrons Palaiseau

Bibi

Aujourd’hui connue pour ses grandes écoles et sa gare TGV, voici Palaiseau qui mérite, quoi qu’on en pense, un petit détour. Voyageons donc dans le temps jusqu’à cette ville.

Découvrons Palaiseau

Des débuts timides

Palaiseau_poterne du châteauLes mérovingiens édifient un premier castel puis en 512, Childebert Ier le fait remplacer par petit château où il fait étape sur la route de Paris-Chartres. Puis la reine Bathilde, épouse de Clovis II, s’y installe avec son fils Clotaire. La grange, Villebois et la Vauve constituent déjà de grandes fermes. En 754, Pépin le Bref en fait don à l’abbaye de St-Germain des prés. Palatiolum s’étire alors sur Orsay, Bures, Villebon, Gif, St-Rémy, Chevreuse, Saclay, et Vauhallan. Le plateau sert à produire des céréales, les coteaux accueillent des vignes et potagers et la vallée s’habille de moulins et prairies. Puis Hugues le Grand, abbé de St-Germain, vend son domaine en 950, à Guérin le vieux, vassal laïc du roi. Par la suite, le domaine est progressivement divisé entre plusieurs seigneurs. 

Des domaines familiaux

Palaiseau, temps médiévauxEn 1099,  Gontran de l’Ozerre cède son fief à l’abbé Bertrand. Mais en 1339, St-Louis l’offre à son gendre Jacques Le Brun. Au 15ème, la seigneurie revient à une fille, mariée à Guillaume II de Harville. Mais celui-ci meurt à Azincourt en 1415, laissant les seins au mains de Jean sans Peur. En 1430, l’écuyer anglais Thomas Burcho devient seigneur de la cité. Mais en 1436, Guillaume III de Harville, parvient à reprendre le fief familial. Puis Louis XIII en fait un marquisat en 1627. Alors que l’armée royale part défendre Etampes en 1652, la peste frappe le village. En 1701, le domaine passe à Nicolas-Simon Arnauld de Pomponne, fils de diplomate et ministre. Ensuite, en 1758, Mademoiselle de Sens, héritière du comté de Charolais, échange quelques terres avec Louis XV pour le domaine de Palaiseau. Le prince Louis-Joseph de Condé hérite ensuite en  1765.

Le temps des villégiatures

Palaiseau_construction-fortDès 1790, l’assemblée locale est constituée. Elle vote la création d’un corps de pompiers en 1805, qu’elle dotera d’une pompe à bras en 1833. En 1846, la ville profite d’une desserte ferroviaire jusqu’à Sceaux. Puis la ligne est prolongée jusqu’à Orsay et fusionne en 1854 avec la compagnie du chemin de fer. Dès 1860, la ville devient un lieu de villégiature pour les Parisiens en quête de calme et d’air pur. Aussi, villas et riches demeures fleurissent sur les coteaux et dans la vallée, dont le château de la Saussaye et celui d’Ardenay. En 1864, Amantine-Aurore Dupin – Georges Sand, vient s’y établir avec son compagnon malade. Elle reçoit le prince Napoléon, Alexandre Dumas fils, le peintre Eugène Fromentin. La même année, la ville s’équipe d’un bureau de poste, puis d’une usine à gaz d’éclairage en 1870. Juste après, 35.000 Prussiens occupent la ville pendant 8 mois. Après leur départ, l’état-major décide de construire des places fortes autour de Paris, dont le fort de Palaiseau et ses deux batteries livrés en 1879. La ville continue de grossir et en 1880, s’ouvre une nouvelle gare sur la ligne de la grande ceinture.

Les grands changements

Palaiseau_19-20eme sCharles Péguy s’installe à Lozère en 1912, pendant la convalescence de son fils. Peu après, alors que la guerre fait rage, le château de Villebon accueille les blessés militaires. Et en 1917, l’usine de munitions près de la gare de Massy explose accidentellement. Palaiseau reste meurtrie. Mais en 1922, elle reprend vie avec l’ouverture des établissements Despreux Frères, qui deviendra la SFIM. La population augmentant, un hospice ouvre en 1932. Puis en 1937, un commissariat de police vient renforcer la gendarmerie. Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands établissent une Kommandantur sur les hauteurs, ainsi que 2 bataillons de la Wehrmacht et la SS au château de Villebon. Parallèlement, un mouvement de francs-tireurs et de partisans organise son comité militaire national. Enfin, le général Leclerc libère la ville fin août 1944.

Le temps des grandes institutions

Palaiseau_campusPar la suite, Palaiseau devient une banlieue rouge, grâce à l’essor du front populaire et à l’afflux d’ouvriers travaillant dans les usines proches de Paris. En 1948, la caserne de pompiers devient le centre principal de secours contre l’incendie. A partir de 1950, les terres agricoles sont progressivement loties. Sous-préfecture de Seine et Oise en 1962, Palaiseau maintient sa position pour l’Essonne en 1968. Dès 1976, les grandes écoles s’établissent sur le territoire, à commencer par l’école polytechnique. Les quartiers du Pileu et des Garennes sont lotis, puis de grands ensembles sortent de terres, ainsi que des équipements collectifs. A la fin du 20ème, l’institut d’optique, l’Ensta/Ensae, Paris-Tech, l’institut des Mines-Télécom, l’Onera, Danone, Thales et EDF s’établissent à Palaiseau.

Ses bâtiments remarquables

Château d’Ardenay

Palaiseau_château d'ArdenayAussi appelé villa Boussac, du nom de son propriétaire initial Jean Boussac, le château est construit à la fin du 19ème siècle par le minotier du moulin de Montrouge, originaire de Châteauroux. Entre 1958 et 1960, son parc est construit, 7 bâtiments édifiés par l’architecte Le Corbusier entourant désormais le château. Les riverains copropriétaires le font transformer en bibliothèque et salle des fêtes. Puis l’édifice est classé au titre des monuments dans les années 2000, lui assurant une protection à vie.

Hôtel Tronchet

Palaiseau_hôtel Tronchet

Au début du 18ème, François-Denis Tronchet est le fils du procureur du parlement de Paris. Tout naturellement, il se tourne vers des études juridiques, devient avocat et siège au tiers état en 1789, puis intègre l’assemblée nationale constituante. Il participe à la défense de Louis XVI et doit se cacher, le comité de sûreté générale ayant émis un avis contre lui. A Palaiseau, il vient se réfugier dans l’hôtel particulier qu’il a fait bâtir. Il finira tout de même président du tribunal de cassation puis sénateur de la Somme en 1801. Il finit par céder son hôtel à la commune qui y établit aussitôt sa mairie.

Ferme la Vauve

Palaiseau_ferme vauvePlus tardive que celle des granges, cette ferme se fait répertorier en 1388 dans le livre des recettes de l’abbaye de St-Eloi. A partir de 1436, elle appartient à la famille de Harville. En 1758, Charles-Joaquim Rouault de Gamache, un des petits-fils des Harville, la vend à Louis XV qui l’échange avec un autre bien de Mlle de Sens. En 1765, le prince de Condé en hérite. Mais il fuit la révolution en 1789 et ses biens sont confisqués. La Vauve est vendue en plusieurs lots. Oberkampf se porte acquéreur du plus gros lot (279 arpents). Une autre famille rachète la ferme en 1882 et la revend en 1885, aux Isambert. L’école polytechnique engloutit les terrains en 1970, mettant un terme définitif à la production agricole du territoire.

Ferme des granges

Palaiseau_ferme les grangesMentionnée pour la première fois en 1090, elle permet de recueillir la dîme pour les chanoines de St-Victoire de Paris. Dès 1161, elle appartient à Ferry, seigneur de Palaiseau, puis passe entre les mains de nombreux propriétaires : églises, confréries, abbayes, seigneurs locaux, Louis XV et même de simples habitants du village. Dès 1502, la métairie des Granges rejoint directement celle de la Martinière par le grand chemin de Château Fort, renommé ensuite chemin de la Vauve aux Granges. Toutefois, la ferme est saisie en 1591 par Henri IV, pour rébellion envers le roi de l’abbé de Ste-Geneviève, puis en 1791 pour émigration constatée de son seigneur, le prince de Condé. Alors, en 1794, elle se vend, dont une partie à Oberkampf, pour ses besoins à la manufacture de toile imprimée, installée à Jouy-en-Josas. En 1893, Monsieur Fanon en exploite une partie, versant Saclay, tandis que les établissements Vilmorin exploitent la partie faisant face au bois d’Ardenay.  Finalement, le ministère de l’agriculture la réunifie avant de la céder à la société CAPS. Ses terres agricoles disparaissent lors de l’installation de l’école polytechnique.

Batterie de la pointe

La batterie de la Pointe est le seul des trois ouvrages de défense à pouvoir témoigner de son passé. S’étendant sur une surface bâtie souterraine de 2.541m², elle a pour mission de bloquer l’adversaire empruntant les voies de Chartres ou d’Orléans pour gagner la capitale. Ayant la capacité d’abriter 200 hommes, cette fortification dispose de 7 plateformes de tir, et d’un équipement de 26 pièces d’artillerie. Sa forme polygonale entourée d’un fossé lui permet d’organiser sa défense à partir d’abris fortifiés équipés de canons courte portée. Les canons à longue portée sont, eux, placés dans la partie supérieure centrale de la fortification.

Ses édifices religieux

Eglise St-Michel du Pileu

Palaiseau, église St-Michel du PileuAu début du 20ème siècle, le père Gean, curé doyen de St-Martin, lance une grande quête auprès de ses fidèles pour faire construire une chapelle au Pileu, un quartier en retrait. L’un des paroissiens offre le terrain et les dons affluent rapidement. L’évêque de Versailles bénit l’édifice en 1927. Les curés de St-Paris viennent y officier. Puis en 1964, Monseigneur Malbois, évêque de Corbeil l’élève en paroisse. Son premier curé est Alphonse Gay, fils du fondateur du journal « l’Aube ». Soucieux des enfants déshérités, il lance une souscription pour construire une grande salle afin de les accueillir. Il organise pour eux kermesses, voyages en bus… Après sa mort, seules les messes du dimanche et les fêtes religieuses sont maintenues. Enfin, en 1978, l’ancien bibliothécaire Bernard Dagron investit l’église et le presbytère, pour y poursuivre le travail initié par Alphone Gay.

Eglise St-Martin

Palaiseau, église St-MartinLa reine Bathilde fonde la première église au 7ème siècle. Puis au 12ème, l’abbé Bertrand, alors seigneur des lieux, fait édifier une abbaye sur ses vestiges. Comme tout édifice religieux, elle subit les affres de la guerre de cent ans, puis des guerres de religion. Malgré tout, elle est agrandie de 2 bas-côté au 15ème. Les dépouilles des Arnault, fondateurs de l’abbaye de Port-royal, intègrent sa crypte en 1711, après que Louis XIV ait ordonné la dissolution de l’ordre des Jansénistes et destruction de l’abbaye. Joseph Bara y est baptisé en 1779. Enfin, en 1866, elle bénéficie d’une tour clocher avec une flèche de 26m de haut et ses vitraux sont refaits. En 1930, elle rejoint la liste des monuments historiques.

Et ailleurs…

Palaiseau_musee hurepoixPour finir notre découverte de Palaiseau, nous vous proposons un voyage temporel au musée du Hurepoix, installé dans l’hôtel de Brière, près de l’hôtel de Condé. Inscrit dans la traditions des arts et traditions populaires, il présente des collections d’objets accumulés par une kinésithérapeute. Ses patients et d’autres habitants lui ont légué des effets sans grandes valeurs, qu’ils ne souhaitaient pas voir jetés ou détruits après leur mort. Durant 33 ans, Mizou Baumgartner, aujourd’hui 86 ans, a oeuvré pour sauvegarder la mémoire des anciennes générations et la transmettre aux suivantes.

Crédits photos : NathyB, CyrilB1881, Lionel_Allorge

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