Découvrons Moret-sur-Loing

Bibi

Nouvelle escapade en Seine et Marne pour vous redonner le goût de l’aventure, nous vous proposons aujourd’hui de découvrir ou redécouvrir une admirable cité : Moret-sur-Loing.

Promenons nous à Moret-sur-Loing

Moret, porte de BourgogneL’origine de la cité semble remonter à l’époque gallo-romaine. Mais elle se fait connaitre à partir de 1081, lorsqu’elle entre dans le domaine royal. Philippe-Auguste entreprend alors la construction d’une forteresse pour protéger son royaume des comtes champenois. Cette résidence devient si sûre pour que les rois en font un lieu de résidence régulier pendant les 12ème et 13ème siècles.

En 2016, la communauté de Moret sur Loing et Orvanne rassemble Moret, Ecuelles, Episy, et Montarlot. Début juin de la même année, la ville est fortement inondée. Le niveau de l’eau dépasse celui des crues historiques de 1910 et de 1770.

La forteresse

La grande époque

Philippe-Auguste fait construire la forteresse sur les hauteurs de la ville de 1128 à 1154. Son donjon prend forme en même temps que la tour de Ganne, à Grez sur Loing. L’enceinte réalisée est impressionnante avec ses 20 tours et 4 poternes. Un pont en pierre franchit le Loing, protégé par un châtelet d’entrée bâti sur un îlot artificiel. Après avoir servi de logis royal, le donjon devient prison royale sur ordre de Philippe le Bel. Les Templiers y sont envoyés avant d’être massacrés.

Après la guerre de cent ans, le donjon redevient résidence. Le ministre d’Henri IV, Maximilien de Béthune-Sully, y réalise d’importants travaux de restauration et en améliore considérablement le confort. Il aménage aussi les jardins en terrasse.

Puis la forteresse change plusieurs fois de propriétaires. Le donjon accueille Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, après son arrestation en 1664 par D’Artagnan. 

Puis…

La révolution conduit à la vente de la forteresse en 1797.

Moret, donjon

Remparts et tours redeviennent des pierres. Le donjon et deux portes en réchappent. Le donjon trouve une nouvelle fonction comme entrepôt, avant d’être la proie des flammes, en 1803. Joanne Thirion, fils d’un riche industriel, décide de l’acheter en 1879. Collectionneur d’art, Joanne embauche l’architecte Pierre-Félix Julien pour restaurer son patrimoine. Les ruines se métamorphosent en une jolie demeure confortable, incluant des éléments d’architecture récupérés ailleurs, telle l’imposante rose d’église paroissiale collectée à Meulan.

En 1926, le donjon est classé aux monuments historiques. L’architecte Louis Prieur le restaure une nouvelle fois en 2006, en respectant ce mélange du 12ème et du néogothique.

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Les édifices religieux

Dès le 12ème siècle

Moret, église Notre dameC’est sous Louis VII que s’élève l’église Notre dame à la fin du 12ème siècle, en remplacement d’un édifice roman. Tandis qu’à l’extérieur de la cité, un prieuré s’établit à Pont Loup vers 1164. Les moines bénédictins le dotent d’une église dédiée à St-Pierre. En 1165, elle sert d’abri à des moines de Vézelay, qui fuient les attaques du comte de Nevers. Le prieuré prend ensuite le nom de Pont St-Loup en 1175.

Il est ravagé pendant la guerre de cent ans et seule l’église romane survit au massacre. Le prieuré est de nouveau détérioré durant les guerres de religion. L’église St-Pierre, elle, est désaffectée. Parallèlement, l’église Notre dame est achevée au 16ème siècle, en empruntant les arts du gothique flamboyant.

En 1695, soeur Louis-Marie-Thérèse prend le voile à Moret. Il s’agit d’une religieuse au teint basané surnommée “la Mauresse”. Curieusement, le Trésor royal lui verse une rente et la reine Marie-Thérèse vient régulièrement lui rendre visite.

A la cour, la rumeur va bon train. Est-elle cette enfant noire mise au monde par la reine en 1664 ? Plusieurs thèses expliquent la couleur de sa peau : le bébé a été étouffé à la naissance. A moins que ce soit les idées noires de sa mère ou son penchant pour le chocolat. Ou encore son ravissement lorsqu’elle vit un petit maure, fort joli se coller à elle. Le mystère demeure…

Moret_prieuré St-Loup

Jusqu’à de nouvelles vocations

Bien qu’il ait été reconstruit, l’archevêque de Sens doit supprimer le prieuré en 1747. Avec la révolution, il est vendu pour ses pierres, tandis que l’église est détournée pour stocker des écorces de tan.

Puis la ville de Paris l’achète en 1899 pour stocker du matériel pour le service des eaux. Finalement, la ville l’a rachète en 1964 et entreprend sa restauration, pour en faire un lieu dédié à l’exposition d’art contemporain.

Les maisons remarquables

Logis du Bon St-Jacques

Moret sur Loing, logis St Jacques

Construit durant le 15ème siècle, ce logis à pans de bois présente une sculpture de St- Jacques en costume  de pèlerin.On aperçoit aussi une salamandre.

Dès cette époque, la maison est occupée par les religieuses détentrices du secret de fabrication du plus vieux bonbon de France : le sucre d’orge.

Les friandises y sont toujours commercialisées tandis que le musée qui leur est dédié, a pris place dans un ancien moulin.

Maisons Chabouillé

Claude Chabouillé, receveur pour Melun et Moret, se fait construire deux maisons côte à côte (n° 28 et 30) dans la seconde moitié du 16ème siècle.  Il utilise le style renaissance de l’époque pour affirmer son rang. Le tribunal de bailli prend place dans la maison du numéro 30 et l’est toujours au début du 17ème.

Moret sur Loing, façade François 1erSon père Nicolas, officier des finances de François 1er, fait appel aux meilleurs sculpteurs italiens pour orner la galerie de la demeure qu’il se fait bâtir à l’appui des maisons de son fils. A la fin du 17ème, le colonel de Brack acquiert la demeure pour l’offrir à sa maitresse, une actrice parisienne. Il fait démonter et transporter l’ouvrage en 1823 jusqu’au cours de la Reine, à Paris.

Puis, un promoteur immobilier achète la demeure au milieu du 20ème. Mais l’état le contraint de rapporter la façade à Moret en 1956. Depuis, la ville profite d’une façade enrichie de médaillons, ajoutés au cours d’une restauration du 19ème : François II, Henri II, Diane de Poitiers.

Maison Sauvé et porte de Bourgogne

Moret, maison SauvéConstruite au haut moyen-âge, la porte de Bourgogne ne joue plus aucun rôle défensif au 17ème siècle. Elle devient prison du bailliage royal, avec cachot au premier étage. Une cage à claire voie faite de madriers est aménagée au second. Faute de place, le geôlier ne réside pas sur place, et les évasions sont donc légendes.

En 1764, Monsieur Sauvé construit une maison en encorbellement à côté de la Poterne, surplombant la rivière. Un restaurateur s’y installe au 20ème.

Et ailleurs…

Jean Chauvin, artiste-peintre, aménage, depuis 1970, le jardin de Gros bois, 4000 m2. Une succession de clairières comprenant ici des sculptures, là quelques rangs de potager, et ailleurs un petit bassin, communiquent avec des « portes » fleuries. Passionné par les plantes méditerranéennes ou exotiques, Jean parvient à donner à son jardin une ambiance originale. Depuis quelques années, il l’ouvre au public lors de l’opération “Seine-et-Marne couleur jardin”.

Moret, Moulin ProvencherUn adorable musée vous ouvre ses portes pour titiller vos souvenirs d’enfance. 

Créé en 1638 par des sœurs bénédictines de Moret, le sucre d’orge connait un destin des plus tumultueux, lié à celui du Prieuré. Confiserie fabriquée à partir de sucre et de décoction d’orge aux vertus adoucissantes, ce sont d’abord les prédicateurs qui la consomment, avant que le roi et sa cour ne l’adoptent. Mais en 1792, la révolution commence et la fabrication s’arrête. Le couvent fermé, l’une des dernières bénédictines confie, sur son lit de mort, la précieuse formule. Enfin, la fabrication finit par reprendre. Très vite, berlingots et bâtonnets renouent avec le succès. Napoléon en raffole, Sarah Bernhardt se chauffe la voix avec. Depuis 1972, un atelier civil fabrique les bonbons avec la recette originelle, toujours sans acun additif. Le moulin Provencher accueille le musée consacré au bonbon. La boutique est toujours située au bon St-Jacques.

Pour finir votre balade à Moret-sur-Loing, allez musarder dans les petites rues autour de la place du marché et jusqu’au donjon. Elles ont un charme fou.

Crédits photos : Wiki, OT Moret, NathyB

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