Découvrons Montmorency

Bibi

Aujourd’hui ville de banlieue, Montmorency fut autrefois la résidence d’un très grand aristocrate. Le nom de Anne de Montmorency évoque sans doute quelque chose pour vous, mais connaissez-vous les beautés de la ville ?

Découvrons Montmorency

La montée des Montmorency

Montmorency, le château-fortAu 9ème siècle, des  hommes contrôlent les axes de passage entre Rouen et Paris. Le castrum érigé lors des invasions normandes, est cédé par Robert II en 996 au baron Bouchard le Barbu pour l’éloigner de l’Isle St-Denis. En 1120, Mathieu Ier de Montmorency reconstruit le castrum en pierre. Son fils Mathieu II soutient la construction et la vie d’un Hôtel-Dieu. Puis il ouvre un marché florissant : porcs, ovins, bovins ou poisson de Normandie, vêtements, instruments agricoles, et tonneliers, maçons, forgerons.  Hélas en 1358 et 1381, les Anglais rasent le village. Seule subsiste la tour Trompette, avec ses archives seigneuriales. Difficilement, le bourg se relève, mais s’enferme dans une enceinte percée de quatre portes et une poterne en 1411.

La fragilité du duché

Montmorency, murs et pontEnsuite, Guillaume reconstruit le château et en 1519, fait élever un moulin à vent. Le duché dont son fils hérite est érigé en pairie en 1551. Bien qu’il se détourne du vieux château, il fait bâtir un second moulin. Le village vit de la culture céréalière, viticole et arboricole. Mais en 1589, les Ligueurs détruisent tout.  Après l’exécution d’Henri II qui a conspiré contre le roi en 1632, le duché est donné à Henri de Bourbon, prince de Condé. Partisan des Frondeurs, il expose le bourg aux pillages vers 1650. En 1673, Charles le Brun, directeur des manufactures, se fait construire le château des Closeaux. Puis il acquiert le fief de Thionville et réunit ses propriétés. La culture de la cerise, promue par Madame de Sévigné, se développe alors que le duché devient celui d’Enghien en 1689.

De la noblesse à la bourgeoisie

Montmorency, Château de Le BrunEn 1702, Pierre Crozat se fait bâtir un grand château sur la parcelle de Thionville. Le maréchal de Montmorency-Luxembourg y recevra le philosophe Jean-Jacques Rousseau. A la révolution, le bourg retrouve son nom originel mais alterne avec Enghien jusqu’en 1832. Parallèlement, des polonais et des riches parisiens s’établissent à Montmorency : la duchesse de Berry, les Bonapartes, Elisabeth-Rachel Félix, Louis Blanc, Michelet, Richard Wagner,… Avec l’ouverture d’une gare en 1866,  l’auberge du Cheval blanc reçoit de nombreux visiteurs qui se promènent en forêt à dos d’âne, ou dégustent des cerises dans les vergers. Mais bientôt les Prussiens occupent le bourg pendant un an. En 1946, la ville rachète la maison de Rousseau pour en faire un musée. Puis elle construit le lycée Turgot sur les jardins du 18ème de la vieille ville. Longtemps occultés par des maisons, les murailles sont dégagées et restaurées par la ville en 1985.

Ses bâtiments remarquables

Orangerie du château

Montmorency, l'orangerieEn construisant son grand château en 1719, Pierre Crozat fait bâtir une orangerie en arc de cercle, selon les plans de Gilles-Marie Oppenord. Le maréchal de Montmorency-Luxembourg lui succède en 1754. Après la révolution, le château abandonné se dégrade. Finalement, il est restauré en 1810 par le comte Aldini. Mais il le revend à un marchand de bien qui le fait raser en 1817 et lotir son parc. Longtemps abandonnée, elle est transformée en habitation au 19ème siècle, mais totalement défigurée par sa surélévation et la destruction des motifs sculptés. L’orangerie est toutefois inscrite aux monuments historiques en 1977. En 1984, la commune l’achète puis la fait réhabiliter de 1987 à 1992. Elle est depuis dédiée à l’école de musique et de danse de la ville.

Montmorency, le château de Goix

Château Goix

Nicolas-Louis Goix, riche bourgeois parisien, se fait édifier un petit château vers 1788. Il le quitte en 1825 puis Emilien Rey de Foresta en devient acquéreur en 1859, en vue de lotir le parc de 13ha. Devenu maire en 1865, il laisse ses initiales sur la grille et réside au château jusqu’en 1880. Finalement, la ville récupère l’édifice en 1906 pour y établir sa mairie. Sur le parc restant de 2ha, un cèdre du Liban planté par Goix est classé avant qu’une pluie de glace le fasse vasciller en 1982, conduisant à son abattage. La conciergerie du château héberge ensuite l’office de tourisme et les services culturels.

Château de Dino

Lorsque le château du maréchal de Montmorency-Luxembourg est rasé en 1817, l’espace reste vide. Puis en 1879, le banquier Isaac-Léopold Sée y fait élever un château en brique rouge et en pierre dans un style néo-renaissance. La ville en fait l’acquisition en 1991 et l’affecte à une association impliquée dans la réinsertion d’enfants en difficulté.

Hôtel Laboureur

Montmorency, le château de Dino

Montmorency, l'hôtel Le Laboureur

C’est au 17ème siècle que Louis le Laboureur, bailli de Montmorency, se fait construire un hôtel particulier. Il en fait le siège du bailliage et son domaine est bientôt érigé en seigneurie, comme fief de Châteaumont. Pour relier ce dernier à la motte féodale vendue par le prince de Condé en 1675, il se fait aussitôt construire un point de pierre (rue St-Victor). Au milieu du 20ème, lors de la construction du lycée Turgot, l’hôtel se retrouve intégré à l’ensemble.

Hôtel Bertheroy

En 1891, Berthe-Corinne Le Barillier, romancière à succès s’installe dans une villa de style italien, qu’elle se fait construire en face de l’Ermitage de Rousseau. A partir de 1887, elle y produit une cinquantaine de romans, historiques ou contenporains de son époque, sous le nom de Jean Bertheroy. Entre temps, elle devient présidente du jury Femina en 1904 et milite pour l’amélioration de la condition féminine. Elle reçoit la légion d’honneur. Malade, elle se rend dans sa villa de Cannes en janvier 1927 et y décède peu après.

Montmorency, l'hôtel Bertheroy

 

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Ses édifices religieux

Collégiale St-Martin

Montmorency, Collégiale St MartinMathieu Ier de Montmorency fonde le prieuré de Bois-St-Père vers 1120,  puis édifie son église castrale. Dès 1132, des chanoines y célèbrent les offices. En 1515, Guillaume reconstruit la collégiale ravagée par les guerres. Mais à sa mort, l’édifice reste inachevé. Son fils Anne ne poursuit les travaux qu’en 1557 en respectant le projet initial. Si le gros oeuvre est achevé en 1563, les finitions sont suspendues à la mort du connétable en 1567. Hélas, la famille décline. Ni François ni Henri Ier ne donnent suite. Puis, Henri II la donne aux pères Oratoriens qui fondent un collège d’enseignement théologique et philosophique. Ils l’agrandissent en 1696 et 1735. Entre temps, les Condé relancent les travaux en 1687. En 1740, Louis-Henri de Bourbon-Condé s’y fait inhumer. Mais les révolutionnaires vandalisent l’édifice. En réchappent les gisants d’Anne de Montmorency et son épouse. L’église, classée en 1840, bénéficie d’une restauration dès 1881 grâce à l’historien Lucien Magne. Ce dernier lui ajoute un clocher en 1892.

Et ailleurs…

Musée Jean-Jacques Rousseau

Montmorency, musée Rousseau

Vers 1756, Jean-Jacques Rousseau s’installe à l’Ermitage, chez Madame d’Epinay. Mais il se brouille avec elle. Jacques-Joseph Mathas, procureur fiscal, lui suggère sa propriété du Montlouis, petite maison en mauvais état mais au loyer modeste. L’écrivain s’y installe avec sa compagne Marie-Thérèse Le Vasseur en 1757. Alors qu’il fait réaliser quelques travaux, il réside au petit château de Le Brun, chez son voisin le maréchal de Montmorency-Luxembourg. Dans le jardin, Rousseau s’adonne à ses songeries philosophiques, et une gloriette devient son cabinet de travail, loin des regards de la maison des Commères. Hélas, les révolutionnaires détruisent l’édifice en 1791. L’Ermitage est converti en maison de retraite et une chapelle lui est ajoutée en 1864.

Montmorency, le cheval blanc

 

Auberge du cheval blanc

Nicolas Leduc, géomètre du pince de Condé, fonde l’auberge La fleur de lis sur la place du Marché en 1739. Très vite, les célébrités de la Restauration s’y retrouvent. Pendant la révolution, l’auberge devient celle du cheval blanc. Les peintres Isabey et Gérard ayant une dette auprès de l’aubergiste, ils réalisent son enseigne à titre de dédommagement. 

Le fort

Montmorency, chemin de ronde du fortLe fort de Montmorency relève d’un ensemble édifié après 1870. Grâce à un réseau de batteries et de forts proches de Paris, le gouvernement souhaite protéger la capitale pour éviter son siège. Ainsi, le fort est construit entre 1875 et 1879. Il est l’un des derniers forts parisiens encore occupé par l’armée qui y dispense, depuis 1992, des formations techniques pour des commandos.

Terminez votre balade dans Montmorency sans oublier la rue des Granges. Outre son pont de pierre construit en 1782 pour réunir deux parties d’un même parc, elle est ourlée de hauts murs d’où retombent des plantes vivaces.

Crédits photos : NathyB, Clicsouris, Pierre Poschadel

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