Découvrons Milly-la-forêt

Bibi

Reprise de nos escapades pour retrouver et entretenir notre goût pour l’aventure. Comme pour nos rendez-vous précédents, nous vous convions à découvrir un autre joyau de l’Ile de France : Milly-la-forêt.

Promenons nous à Milly-la-forêt

Née avant Jésus-Christ, cette jolie cité connait bien des épreuves. Ruinée par les Anglais durant la guerre de cent ans, Louis Malet de Graville la reconstruit à partir du 15ème siècle.

Une activité agricole et commerçante s’y développe ensuite, et devient même florissante jusqu’au 18ème. Mais avec de nouveaux tracés de routes à l’écart de la cité, Milly commence à décliner dès le début du 19ème. Toutefois, les riches parisiens continuent à apprécier son charme et s’y font construire des villégiatures. Ainsi Jean Cocteau, Christian Dior…

Sa renaissance vient d’une production spécialisée de plantes au cours du 20ème. Aujourd’hui, Milly est devenue la capitale des plantes aromatiques et médicinales.

Château de la Bonde

Milly, Château de la BondeLes seigneurs de Milly construisent ce château au 12ème siècle. Il est ensuite acquis par Hugues III de Bouville, chambellan de Philippe le bel. Juste avant la guerre de cent ans, il le revend au connétable Olivier V de Clisson.

Le château-fort est détruit lors de l’occupation anglaise de 1432. La paix revenue, il appartient à Jean II de Montmorency, puis échoit à l’amiral de Graville.

Ce dernier le reconstruit et l’agrandit dès 1475 pour y accueillir Louis XI. Le donjon d’origine devient châtelet d’entrée et le pont levis est remplacé par un édifice en pierre. Une simple grille ferme l’ouverture du châtelet, qui donne sur la maison du gouverneur. Une chapelle trône alors au centre de la cour carrée. De Graville fait abattre les murs d’enceinte au sud, pour réaliser des parterres et des canaux d’eau.

Puis les propriétaires se succèdent jusqu’à la révolution :  Jean-François de Faudoas d’Averton, Marc-Antoine Front de Beaupoil de St-Aulaire et Pierre-Marie du Lau d’Allemans.

Au 19ème, le nouveau propriétaire fait rehausser les tours du châtelet avec crènelures en brique et toiture élancée. Près de l’abreuvoir-lavoir, il fait bâtir le pont de la Corne en 1859. Les moulins bordant la rivière sont démolis à la fin du siècle.

Le lavoir de la Bonde, dépendance initiale du château, est rénové par la commune en 1964. Si le château est partiellement classé aux monuments historiques en 1972, le parc le sera en 1991.

Les édifices religieux

Milly_égliseSous Fulbert Ier, officier de Dagobert, un monastère s’établit dans la ville au 7ème siècle. Les religieux vivent d’une activité agricole importante. Wulfran, le fils de Fulbert né vers 635, entre en religion. Il devient l’apôtre de la Frise (province des Pays-Bas), puis évêque de Sens. L’église Notre Dame en conserve quelques ossements.

L’église, bâtie au 11ème, est tout d’abord la chapelle du château des seigneurs de Milly. 

Aussi, pour réunir les villageois, Guillaume de Milly offre un terrain pour édifier la chapelle St-Blaise en 1136. S’y ajoute ensuite une maladrerie où les lépreux se réfugient pour prier St-Blaise de les guérir.

Détruit en 1432, le monastère disparait (excepté la porte de la chapelle) laissant la ferme et son colombier avec ses 1200 boulins. Détériorée pendant les guerres, l’église est reconstruite sur ordre de l’amiral de Graville vers 1485. Il lui conserve son clocher, élevé entre le 11ème et le 13ème sur 57m. Puis les siècles passent sans modifier la structure de l’édifice.

Les temps modernes

Chapelle des simplesL’église est inscrite aux monuments historiques en 1926. Lors de fouilles, les chercheurs révèlent une salle voûtée avec pilier central à chapiteaux. Quant à la chapelle longtemps abandonnée, elle est restaurée au début du 20ème. Ses alentours, vidés des tombes, sont transformés en jardin pour la culture de plantes médicinales. Ces plantes, appelées les simples, sont celles autrefois utilisées pour soulager de la lèpre.

En 1959, à la demande des élus, Jean Cocteau accepte de décorer l’intérieur de la chapelle sur le thème des simples et de la résurrection. Cocteau dessine également les nouveaux vitraux. En remerciement postume, le poète académicien est inhumé sous la chapelle avec ces mots : “Je reste avec vous”.

Les incontournables 

La halle et les lavoirs

Milly-la-forêt_halleEn 1479, par une grâce spéciale de Louis XI,  de Graville obtient le droit de bâtir la halle et d’y tenir 3 foires annuelles. Il peut aussi ouvrir un marché hebdomadaire. Dès lors, Milly connait une grande activité commerciale.

Tout en reconstruisant le château, l’amiral améliore les équipements permettant de rendre la vie plus confortable. Le lavoir de la Bonde sert ainsi à laver le petit linge deux fois par mois. Un record à l’époque.

Le lavoir du Coul d’eau, construit plus tard, servira aux habitants jusqu’au milieu du 20ème siècle.

Maison de Jean Cocteau

Milly_maison CocteauCette demeure est au 15ème siècle, la maison du gouverneur, dépendance du château voisin.

Lorsqu’en 1947, Jean Cocteau choisit de s’installer avec Jean Marais, ce dernier jette son dévolu sur cette demeure. Il y résidera les 17 dernières années de sa vie. Après sa mort, son ami Edouard Dermit dit “Doudou”,  entretient la propriété et son contenu jusqu’à son décès en 1995.

Pierre Bergé, ami de toujours et président de l’association Maison de Jean Cocteau, achète la propriété en 2002 avec l’aide du Conseil général et du Conseil régional. Il la transforme en musée dont le jardin invite également à la découverte.

La scénographie, réalisée par Dominique Païni et Nathalie Crinière, permet de découvrir l’intimité de l’artiste, avec 3 pièces reconstituées : le grand salon où l’on admire une toile magistrale de Christian Bérard, la chambre et le bureau avec leurs meubles d’origine. A apprécier également, les photographies de sa vie et certaines de ses œuvres – écrits, dessins.

Conservatoire des plantes

Milly_conservatoireSitué dans un ancien séchoir à plantes, cet espace ludique et sensoriel retrace la fabuleuse épopée des plantes dans notre Histoire, des origines de leurs cultures à leurs utilisations quotidiennes actuelles.

Lieu de conservation, de gestion et de valorisation des ressources génétiques de la filière des plantes utilitaires, il s’agit à la fois d’une pépinière, d’un jardin botanique, d’un centre agronomique, et d’un centre d’interprétation. De quoi contenter toute la famille !

Votre promenade dans les collections végétales riches de plus de 1500 espèces utilitaires, s’achève avec l’étonnant parcours muséographique.

Depuis 1996, la ville accueille chaque année le marché des herboristes. Un week-end entier dédié aux plantes contribue à la réputation du bourg.

Et ailleurs…

Le centre d’art Paul Bédu provient d’un don de son épouse, Gabrielle Lagarde. Elle a souhaité prolonger l’œuvre de son mari en léguant sa collection à la ville  en 1990. Ainsi, l’ancienne école de garçons ouvrant sur des jardins accueille les oeuvres de l’artiste. Et pour vous resituer dans l’époque, le bâtiment est aménagé comme une demeure bourgeoise du début du 20ème. Inauguré en 2000, le centre se dédie à l’exposition d’art contemporain.

Mais si vous préférez vous aérer l’esprit au grand air, alors survolez la forêt de Milly-la-forêt avec un circuit panoramique 100 % tyroliennes. Grimpez jusqu’à 18m de haut et choisissez l’un des 9 circuits à faire à votre rythme. Pas de limite de temps, et sécurité maximale. Et si vous avez le vertige, jouez à déchiffrer des énigmes au sol. Nocturne une fois par mois, de mai à septembre.

Crédits photos : Wiki, Conservatoire, NathyB

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