Découvrons l’Hay les roses

Bibi

Nul besoin d’aller bien loin pour cultiver son esprit aventureux et nourrir sa curiosité. Il suffit parfois de se promener dans une ville proche de la capitale. Par exemple, choisissons L’Hay les roses.

Découvrons l’Hay les Roses

Une naissance tardive

L'Hay les roses, le planPeuplé au moins depuis le néolithique, l’époque gallo-romaine lui donne un aqueduc. Charlemagne donne une partie de territoire à l’église de Paris en 798, et en 829, un acte cite Lagiacum comme propriété de l’abbaye de Notre dame de Paris. Cependant, le territoire se partage peu à peu avec d’autres seigneurs, religieux – églises St-Marcel et St-Merri, ou laïque. Ainsi, le fief de la Tournelle, s’entoure de quelques maisons.

Au 13ème siècle, Lay est encore un hameau de Chevilly. St-Louis charge André Le Doyen de percevoir dîmes et prébendes. Quelques décennies plus tard, la paroisse St-Léonard se forme à l’écart du village. Puis la guerre de cent ans décime la population. A la fin du conflit, en 1453, survivent encore 26 familles. Le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, Jean Dunois, meurt au château de la Tournelle, chez son ami Antoine Raguier. Il se fait inhumer à l’église.

La villégiature en tourmente

L'Hay et la BièvreEn 1610, Henri IV autorise la construction de  l’aqueduc Médicis qui sera achevé en 1623. Lay vit des vignes, cultures, friches et forêts giboyeuses. Des maisons se dressent sur le coteau limoneux de la Bièvre, servies par les rues de La Tournelle et du Val (actuelle Jean-Jaurès et Dispan). De riches parisiens y apprécient l’air pur et le cadre verdoyant. Alors, bourgeois, nobles de sang et d’armes, se font édifier de jolies demeures entourées de vastes jardins. En 1787, la paroisse dépend encore de Notre Dame de Paris, toujours seigneur de Lay. Le fief de la Tournelle appartient à Hippolyte-François de Sanguin, marquis de Livry et chef des armées navales royales. Alors qu’un édit royal instaure une assemblée municipale dans chaque paroisse, Chevilly et Lay se regroupent. Et en 1789, chaque paroisse a l’obligation de nommer un maire, un procureur syndic, un secrétaire-greffier, et des officiers municipaux. Ainsi en 1790, le conseil général de Lay-Chevilly est constitué. Mais la révolution n’épargne pas le village, et Lay est séparé de Chevilly. Les terres des religieux sont vendues à des parisiens, devenant les nouveaux notables.

Un essor tardif

L'Hay, bétonnageLa vie  reprend son cours, mais en 1814, les cosaques envahissent L’Haÿ. Puis, le village vit le retour de la royauté sans heurt. Passent Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe. Entre 1829 et 1851, Pierre Bronzac, maître de forge et maire, fait paver les deux rues principales, édifier la fontaine, transférer le cimetière qui jouxte l’église et aménager la mairie et l’école. Le suivant, Eugène Chevreul, chimiste,  fait agrandir la place de l’église et l’équipe d’un puits. Le village vit de la production de blé, pommes de terre, fruits, fleurs, raisins. Loin des grandes voies de communication, à l’écart de la révolution industrielle, le bourg accueille deux briqueteries, et quelques plâtrières et carrières. La guerre de 1870, avec l’occupation prussienne dès le début du siège de Paris, n’arrange rien. Les villageois s’enfuient, mais à leur retour, ils doivent reconstruire. 

L’aqueduc de la Vanne achevé en 1874 et celui du Loing et du Lunain livré en 1900, traversent Laÿ. En 1914, grâce à Jules Graveraux, le village adopte l’extension « les roses ». Après la seconde guerre mondiale, les petites industries qui employaient plusieurs centaines d’ouvriers ferment. Puis les terres agricoles cèdent la place à d’importantes cités de logements pour répondre à l’exode rural des années 1945 à 1965.

Les édifices religieux

Eglise St-Léonard

LHay-eglise St-LeonardUne première église existe sans doute entre le 9ème et le 13ème siècle. Reconstruite au début du 16ème, elle est consacrée en 1523. En 1635, une chapelle vient l’agrandir pour former un bras au sud. Il faut attendre 1837, pour que l’architecte Jean Billaud remplace son clocher. Hélas, la guerre de 1870 la détériore fortement. Puis après le boum démographique de l’après-guerre 1939-45, le cardinal décide de l’agrandir à nouveau. Choeur et transept sont remplacés par une halle en béton armé et charpente bois en 1972. Le maître verrier Job Guevel la décore de vitraux colorés. Enfin, en 2012, la commune fait réaliser des travaux de rénovation. La fresque représentant St-Léonard, peinte au 19ème par le polonais Victor-Casimir Zier, retrouve enfin sa fraicheur. 

Et ailleurs…

La roseraie

L'Hay_roseraieJules Gravereaux, associé d’Aristide Boucicot, fondateur du Bon marché parisien, achète une maison en 1892. Il s’adonne à sa passion pour la photo, puis dès 1894, se lance dans la culture des roses. Il aménage d’abord un joli parterre fleuri, en mémoire de sa fille morte à 2 ans. Puis il développe une approche scientifique pour concevoir une roseraie. En 1899, l’architecte-paysager Edouard-André lui en dessine une, dont la réputation devient vite internationale. Jules dédie une de ses créations à son autre fille, la « Petite Françoise ». Gérée par le Conseil départemental du Val-de-Marne, elle est aujourd’hui la première roseraie du monde, avec plus de 11.000 pieds de presque 3.300 espèces. Son guide Christophe Galnon est intarissable lorsqu’il présente ces roses importées du reste du monde. Au cœur du parc se trouve le Pavillon normand, où le chef Jonathan Montagne, célèbre l’union entre ses terres d’origine et sa ville d’adoption, avec des recettes à base de rose.

L’arbre de Judée

L'Hay_arbre JudeeAutrefois, enclos dans une propriété, il orne le square Elmelik depuis le milieu des années 1980. Il s’offre à l’admiration du public et s’en remet à sa protection. Cet arbre centenaire mesure plus de 8 mètres de hauteur. Drôlement penché, il doit cette caractéristique à ses racines peu profondément ancrées. Particulièrement commun en Israël et en Palestine, il ne s’adapte pas moins bien à nos climats rigoureux et ravit les passants de ses plus beaux atouts au printemps, lorsque ses fleurs violacées envahissent ses branches encore vierges de feuilles.

Crédits photos : NathyB, Laurent Coudran, mairie de L’Hay

Vous appréciez cet article ?… Partagez-le !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles publiés