Découvrons Jouy en Josas

Bibi

Voici une petite ville de caractère, à la fois très proche de la capitale et affichant pourtant l’air paisible de la campagne. Pour autant, son histoire piquera votre curiosité. Voici Jouy en Josas.

Découvrons Jouy en Josas

Jouy-monnaie merovingiensUne constitution tardive

Le plateau des Metz est fréquenté au moins 2500 ans avant Jésus-Christ. Les mérovingiens y font commerce, perdant au passage quelques pièces de monnaie. L’abbaye de St-Germain y possèdent des terres au 9ème siècle. Avec le défrichement initié par les moines, le village se constitue peu à peu et compte 500 habitants dès le 11ème. Mais l’abbaye perd son pouvoir et progressivement, de nouveaux seigneurs apparaissent au cours du 12ème. Au 13ème, le territoire est partagé entre religieux et laïcs. Puis la guerre de cent ans et la peste noire déciment presque totalement la population. Ainsi, en 1466, alors que Gaugiaco est devenu Jouy, n’y survivent que trois familles.

Une noble période

Jouy-en-Josas_cartePeu après, des nobles  achètent les fiefs constitués. Ainsi Jean Poncher, bailli d’Etampes, devient seigneur en 1534. Son fils Nicolas, cède la seigneurie en 1542 à Jean d’Escoubleau, maître de la garde-robe du roi François Ier. Il en détient presque toutes les terres. Riche et puissant, il finance la reconstruction de l’église. Après sa mort en 1562, son fils François puis son petit-fils Charles lui succèdent. En 1654, la seigneurie est érigée en comté, et le marquis Paul d’Escoubleau d’Alluyes le vend en 1673. Antoine d’Aquin, premier médecin de Louis XIV l’achète en 1684. Sa fille Marie-épouse en 1686 Louis-Roselin Rouillé, conseiller d’État. Et sa petite-fille épouse en 1749 Anne-François d’Harcourt, duc de Beuvron et lieutenant général des armées du roi. Entre temps, le village adopte le suffixe de Josas, un des archidiaconés du diocèse de Paris. 

Les temps fastes

Jouy_manufactureGrâce aux grandes compagnies de la marine marchande,  l’Europe découvre des cotonnades aux couleurs vives importées d’Inde. Mais Louis XIV décrète l’interdiction d’importer des fabrications étrangères, interdition levée en 1759. C’est ainsi qu’arrive Christophe-Philippe Oberkampf, en 1760. Il choisit Jouy pour la qualité de son eau et ouvre son atelier dans la petite maison du Pont de pierre où nait la toile de Jouy. Bient$ot, toute la cour de Versailles soutient sa production. Il construit sa manufacture et avec la révolution, devient le premier maire de Jouy en 1790. Napoléon vient le décorer de la légion d’honneur. Dès lors, il reçoit les impératrices Joséphine et Marie-Louise, ainsi que les savants Monge, Laplace, Lagrange, Chaptal, Gay-Lussac… intéressés par la chimie utilisée dans sa manufacture. Mais la chute de l’empire annonce son déclin. Après sa mort en 1815, la commune établit ses bureaux dans sa demeure. La manufacture emploie jusqu’à 1.237 personnes en 1821. Mais en 1843, la faillite est totale. Toutefois, le village surmonte l’épreuve grâce à l’implantation de nombreuses villégiatures. Léon Blum, de retour des camps nazis, vient y terminer ses jours.

Les châteaux

Château de Montcel

Au moyen-âge, le fief appartient à l’abbaye de St-Germain des prés. A la fin du 16ème siècle, Jean d’Escoubleau l’achète. En 1765, domaine qui se compose d’une maison, avec bâtiments, cour, parterre, bois, prés, potager, allées et canaux. Puis Oberkampf l’achète en 1795, pour son épouse qui le fait agrandir en 1805 par les architectes Barthélémy Vignon et Thibault. Entre 1807 et 1810, l’écossais Thomas Blaikie transforme le parc. A la fin du 19ème, les Mallet y font bâtir un chalet. Puis ils revendent le domaine en 1923 aux frères Jeanrenaud pour y établir une école privée. Durant la seconde guerre mondiale, le château est réquisitionné par les Allemands qui construisent un bunker dans le parc, avant d’incendier le château en 1944. Après reconstruction, l’école ferme en 1980 malgré sa bonne réputation. Entre temps, le site est classé en 1967. Les murs sont loués à la fondation Cartier et les tombes des Oberkampf sont déplacées à la maison du Pont de pierre. Enfin, en 2000, un promoteur rachète le domaine. Un projet d’hôtel de luxe, salles de formation et logements réussit à aboutir. Les travaux sont en cours. 

Grand château

En 1488, le comte de Nevers se fait bâtir un manoir avec basse-cour, pont levis, fossé et parc. Lorsque Jean d’Escoubleau s’y installe en 1543, il l’aménage au goût de la renaissance. S’y succèdent ensuite son fils François, premier écuyer du roi, puis en 1602, son petit-fils Charles, administrateur et homme de guerre de Louis XIII et Louis XIV. En 1673, l’héritier Charles-Paul vend le château à Charles d’Albert, duc de Luynes. Rasé en 1684, l’édifice est reconstruit en 1701, pour Louis-Roselin Rouillé. En 1719, le marquis d’Asfeld en fait l’acquisition, mais le revend à descendant de Rouillé, secrétaire au ministère de la marine et des affaires étrangères de Louis XV. En 1756, il signe dans son château un traité d’union entre la France et l’Autriche. La révolution démoli le château qu’Armand Seguin, fournisseur des armées, reconstruit dès 1800. Puis le banquier James Mallet, époux de Laure Oberkampf, l’achète en 1841. Trois conflits franco-allemands passent et en 1955, la famille Mallet vend son château à la chambre de commerce de Paris. Celle-ci y installe l’école HEC en 1964.

Château de l’églantine

Jouy_chateau eglantineEn 1850, le lieutenant François-Marcellin Certain de Canrobert est rappelé par Louis-Napoléon Bonaparte. Il participe au coup d’état de 1851. Promu général de division en 1853, il devient inspecteur d’infanterie de l’armée d’orient en 1854. Après s’être illustré dans plusieurs batailles, il devient maréchal de France en 1856. En 1882, il achète une demeure pour son épouse, Madame  “Viennot d’Églantine”. Il revend sa propriété en 1891 à Emile franck, riche parisien, qui fait reconstruire la demeure. En 1904, Alexis Soudée, industriel, lui achète et le lègue à son gendre, Fromageot, juriste international, qui participera à la rédaction des traités de Versailles en 1919, de Trianon et de Sèvres en 1920. Après la seconde guerre mondiale, Clin Midy y installe ses laboratoires de chimie. Puis en 1975, les terrains sont cédés au promoteur Logirep, tandis que la commune achète le château en 1979. Après travaux, elle ouvre un musée en 1991, exposant les collections de toiles imprimées sur coton jusqu’en 1977.

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Château du Bois du rocher

Jouy_chateau du Bois RocherAu milieu du 19ème siècle, le domaine de Montéclin appartient à Louise-Alexandrine Dufresne de Beaucourt. Lorsqu’en 1891, elle se sépare de Charles-François Asselin, baron de Villequier, elle le vend à Charles Mallet, banquier parisien, petit-fils d’Oberkampf. Après sa mort en 1902, son fils Emile-Georges hérite de la ferme de Montéclin et du bois. Il y fait bâtir un château italianisant de 1904 à 1906. Mais après 1912, le bâtiment est abandonné. Enfin, en 1927, Olof Aschberg, banquier russe en voyage de noces, tombe sous le charme. Il fait rénover le château et orner le parc de fontaines et statues. En 1928, il organise une fête de la St-Jean avec 500 invités suédois. Contraint de fuir la guerre, il revient en 1948. Mais tout est saccagé. Alors il lègue le château à l’Unesco en 1956. Puis en 1992, le conseil général de l’Essonne lui rachète pour projet  qui avorte. En 2014, le domaine est acheté, restauré puis loué pour des évènements.

Château de Montebello

Au milieu du 19ème siècle, Alexandrine-Marthe Duboys d’Angers, remariée à un ingénieur des mines, se fait construire le chalet des Metz, dans un style anglais. Son fils, le baron Maurice Delaire, comte de Cambacérès, en hérite en 1898. Il le fait agrandir et l’offre à sa fille, madame Stanislas Lannes de Montebello. Puis le domaine est racheté en 1940 par Jean-Clément Daninos, fondateur de la société immobilière de Metz. Il réside au château et fait lotir le parc. Entre 1977 et 1990, le rez-de-chaussée du château est aménagé par la municipalité pour servir de cadre au musée de la toile de Jouy. Mais très vite, le flot de visiteurs passe de 1.400/an en 1979 à 6.000/an en 1985. Pour le rendre plus accessible, le musée déménage au château de l’églantine en 1991.

Château de Vilvert 

L’ancien fief de Moncel est intégré à la seigneurie de Jouy à la fin du 16ème siècle. Au 18ème, il existe une maison bourgeoise et un moulin. Jean-Baptiste Andouillet, premier chirurgien du roi, achète la propriété, appelée le Moulin du rat. Les marquis de Morant puis de l’Aubespine agrandissent le domaine avec les terres du Grand et du Petit vilvert. En 1860, le moulin ne fonctionne plus et le domaine est vendu sous le nom de Vilvert. En 1867, les Mallet en font l’acquisition. Par héritage, le baron Cabrol de Mouté y fait élever ce château vers 1880. Puis il est devient maire de Jouy en 1868. Durant le conflit franco-prussien, le bâtiment sert de poste de secours. Après la seconde guerre mondiale, en 1949, l’Inra se porte acquéreur des 51ha. Il installe ses services administratifs dans le château et construit des bâtiments de recherche tout autour.

Les édifices religieux

Jouy_temple

Eglise St-Martin

Les moines envoyés par l’abbaye de St-Germain édifient une première église au 9ème siècle. Ils la reconstruisent au 13ème. L’édifice est restauré et agrandi au 16ème. Les nobles lui offrent des stalles et un confessionnal en bois sculptés, ainsi que plusieurs statues de marbre. Après la révolution, une rare vierge en bois polychrome du 12ème est sauvée de la chapelle de la ferme de Viltain pour être placée dans l’église. 

Temple protestant

Christophe Oberkampf demande la construction de ce temple pour sa famille, contrainte de pratiquer son culte chez la baronne Bartholdi-Walthers, au domaine du Petit bois. Le terrain est offert par les Mallet-Bartholdi à qui il appartient. La chapelle est inaugurée en juin 1865, mais les prédicateurs, venus de Paris, sont obligés de s’y relayer jusqu’à ce qu’un pasteur de Viroflay se voit confier cette charge. A la fin du siècle dernier et jusqu’en 1919, existe un pensionnat protestant de jeunes filles. Depuis 2005, le pasteur loge dans une annexe, construite dans le parc.

Et ailleurs…

Avant de quitter Jouy en Josas, ne manquez pas deux autres sites intéressants. Au sortir de la seconde guerre mondiale, les prisonniers allemands reviennent en France. C’est ainsi que Léon et Jeanne Blum arrivent au clos des Metz. Après des années d’emprisonnement et de souffrance, ils trouvent ici la quiétude propice à l’écriture. Léon y décède en 1950. Jeanne fait don de la propriété à la commune afin d’en faire un musée. Depuis la fin des années 1980, le Jouy_Ferme Viltainvisiteur peut à loisir s’imprégner de l’atmosphère de cette maison en parcourant notamment le bureau et la bibliothèque conservées en l’état.

Donnée par Charles V aux Célestins de Paris au 14ème siècle, la ferme de Viltain abrite longtemps une chapelle contenant une statue en bois polychrome de la vierge. Celle-ci fait l’objet d’un pèlerinage annuel durant plusieurs siècles. Mais avec la révolution, la chapelle ayant été profanée et démolie en 1793, la femme du fermier parvient à cacher la statue chez elle, avant de la remettre au curé de la paroisse. Aujourd’hui, la ferme reste une exploitation agricole, additionnée d’une cueillette de fruits et légumes de saison.

Crédits photos : NathyB, Henri Salomé, Ville de Jouy, Mariage.net

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