Découvrons Houdan

Bibi

Ceux et celles qui nous lisent régulièrement, savent combien il est possible de s’évader en restant en Ile de France. Pour les autres qui nous découvrent, nous partageons avec vous notre esprit d’aventures culturelles. Aujoud’hui, nous vous emmenons dans l’ancien comté de Houdan.

Découvrons Houdan

Une histoire de grands noms

D’abord possession de comtes

Malgré une présence humaine dès l’antiquité, ce n’est qu’à partir du 5ème siècle que les hommes commencent à s’y sédentariser. Au 10ème, Houdan fait partie du comté des seigneurs de Montfort. Amaury II y crée la foire St-Matthieu dont les profits reviennent dès 1065 aux moines de l’abbaye de Coulombs. Alors que les Anglais font de fréquentes incursions sur le territoire, Amaury III érige un donjon de pierre, ceint d’une épaisse muraille. Puis au 13ème, Simon IV élève de nouvelles fortifications autour du village qui devient une place commerciale dynamique. Mais les conflits entre Anglais et royaume de France continuent et les comtes de Montfort s’associent désormais au duc de Bretagne.

Puis ville royale

Enfin, la paix se négocie par le mariage de la comtesse de Montfort, Anne de Bretagne, avec Charles VIII en 1491. Houdan profite de cette accalmie pour renforcer ses remparts. Devenue veuve, Anne épouse Louis XII tout en restant duchesse héritière de la Bretagne. De nombreux Bretons s’installent dans la ville et Houdan devient une ville étape où s’ouvrent plus de 20  auberges et relais de poste aux portes de la Normandie. La ville compte alors 4000 habitants à qui Henri II concède des octrois en 1552, pour leur donner plus d’autonomie. Puis Louis XIV échange le bourg avec le comté de Montfort, contre quelques terres proches de Versailles possédées par le duc de Luynes.

Pour finir bourgeoise

Houdan-boldoflorineAprès la révolution, la région devient grenier à blé pour les parisiens. Parallèlement, se développe le commerce de la laine, de la volaille et des plantes médicinales. Antoine Fouché vient y ouvrir un bistrot, vend du vin en gros et des alcools. Son fils transforme  l’exploitation en distillerie d’absinthe et brasserie de cidres. En mai 1923, la disparition mystérieuse de Pierre Quéméneur, conseiller général, ébranle la ville. La veille, l’homme était à l’auberge du Plat d’étain avec Guillaume Seznec. La vie reprend son cour. En 1933, le docteur René-Paul Fouché élabore la Boldoflorine. Le succès est immédiat et le reste jusqu’aux années 1970. Mais comme souvent, l’usine finit par fermer en 2000. Après un incendie en 2004, un projet immobilier réhabilite le site bâti en 1935, en appartements et maisons de ville.

Ses monuments

Un donjon

Donjon de HoudanConstruit au 12ème siècle sur une ancienne nécropole mérovingienne, le donjon sert à surveiller les alentours et défendre le territoire. Haut de 25m et flanqué de 4 tourelles, il sert surtout d’outil politique, pour asseoir la puissance des Montfort. Avec son enceinte et sa porte située à 4m, l’édifice est réputé imprenable. Après avoir servi de tour de guet et de réserve, il devient prison jusqu’au 17ème, quand le duc de Luynes en devient propriétaire. Ses descendants le revendent en 1800 à un cabaretier, Monsieur Leroy. Puis il change de mains plusieurs fois : Guillaume, Guignant, Davoust et Aulet. Au 19ème, alors que le donjon est classé monument historique depuis 1840, la ville le rachète en 1903 et décide de le convertir en château d’eau. Aussi, elle fait percer une porte en rez de chaussée et installe une première cuve en métal en 1880. En 1952, la ville fait remplacer la citerne par une nouvelle en béton. A la fin du 20ème, le donjon restauré ouvre au public. Dans la salle basse, une exposition retrace l’histoire de la ville. En empruntant le beffroi, les visiteurs accèdent à l’étage supérieur pour y découvrir la fin de l’exposition et une boutique. Au dessus, les architectes ont tranformé la cuve métallique en salle de projection. La terrasse panoramique, perchée 250 marches plus haut, s’ouvre sur le pays houdanais.

Des auberges

L’ancienne auberge du Grand amiral, probablement construite à la fin du 16ème siècle, est aujourd’hui l’une des plus vieilles de Houdan. Par la suite, elle devient mairie, puis logements des gendarmes et enfin, hôtel des impôts. Restaurée en 2018, elle s’appelle désormais la Cour des Arts. En face, l’auberge de la fleur de lys dispose, en 1739, de 8 chambres , 3 greniers, 6 écuries. De plus, les voyageurs profite d’une salle à manger et d’une cuisine avec cheminée et fourneaux. L’établissement possède aussi un lavoir couvert, un poulailler et un petit colombier, et s’étire jusqu’à la rue Dumonthier.

Houdan, auberge grand amiral

Haudan, le plat d'étain Mentionnée dès 1569, l’hostellerie de l’Ecu de France est de plus grande importance. En plus du logement de l’hôtelier, le bâtiment abrite 8 chambres, un grande salle à manger, une alcôve privative, des greniers et caves, une laverie, un fournil et 4 écuries pouvent accueillir 80 chevaux. A la fin du 20ème, elle est entièrement réhabilitée en logements.

Plus haut, l’hôtel du Plat d’étain comprend cuisine, salle à manger, bureau, 9 chambres, dont 2 pour le personnel. Tous les 2 jours, l’auberge propose un équipage pour un aller-retour Versailles le jour même. Enfin, un autre service relie Versailles à Dreux tous les 2 jours avec retour le lendemain. Pour cela, l’hôtelier possède une vingtaine de chevaux. De plus, il loue des voitures individuelles avec tout l’équipement nécessaire.

Les édifices religieux

Eglise St-Jacques et St-Christophe

Une première église est élevée entre le 11ème et 13ème siècle.  Dévastée durant les invations normandes, elle est reconstruite dès 1525 et dédiée à St-Jacques St-Christophe, pour être achevée au début du 18ème. Cependant, c’est en 1582 qu’elle obtient sa fresque ornementale relatant le pèlerinage des Houdanais à Montserrat. En 1672, elle reçoit son retable de maître-hôtel. Puis en 1734, elle s’équipe d’un grand orgue signé de Louis-Alexandre Cliquot. Durant la révolution, son mur est gravé d’une inscription : “Le peuple français reconnaît l’existence de l’être suprême et de l’immortalité de l’âme”. Enfin, les monuments historiques la classifient en 1840.

Maladrerie, versu hôpital

Eglise St-Jacques St-Christophe

Au 13ème siècle, lorsque Phlippe Auguste rapporte la lèpre des Croisades, les religieux de Coulomb bâtissent une maladrerie. Mais avec la disparition de Houdan-hôpitalla lèpre, la maladrerie est progressivement désaffectée. Puis vers 1580, un Hôtel-Dieu construit en pans de bois et couvert de chaume, remplace la maladrerie. Les gestionnaires lui ajoutent une chapelle vers 1640. Louis XIV y fonde un hospice en 1693. Deux siècles plus tard, en 1892, la préfecture décide d’y créer un service d’hospitalisation pour les pauvres. A cette occasion, un nouveau bâtiment est construit. Mais en 1904, l’hôpital apparaît trop vétuste. Un nouvel hôpital est inauguré en 1914.  Plus tard, en 1965, un autre bâtiment sort de terre, suivi d’une maison de retraite “La Roseraie” en 1971.  En janvier 1969, un centre de santé municipal y est intégré. Puis en 1998, la résidence “Les Quatre saisons” vient renforcer la capacité d’accueil.

Et ailleurs…

Houdan-pouleElément phare du territoire, la poule de Houdan est une véritable célébrité, reconnaissable de loin grâce à son plumage noir caillouté de blanc ou encore sa huppe majestueuse. Plus surprenant, cette poule possède cinq doigts ! C’est l’une des plus anciennes races françaises, très prisée à la fin du 19ème et début du 20ème. Pour la voir, venez durant la foire St-Matthieu. Peut-être succomberez vous à son charme. Mais si vous envisagez la poule comme un met comestible, alors essayez le pâté de Houdan, charcuterie 100% volaille race locale, défendu par une confrérie. Vous en trouverez dans la grand rue, la rue de Paris ou de l’enclos.

Enfin, les amateurs de douceurs trouveront de quoi ravir leur palais près de l’église. La flûte de pain chaud propose différents gâteaux élaborés par Loïc Bréziat, champion mondial des arts sucrés en 2018. Rien que çà ! Mais vous pourriez aussi avoir envie de fondre pour du chocolat à la Cabane de Grimms, situé à deux pas de l’église. Attention, vous risquez de succomber de plaisir.

Hôtel de ville du 7ème, demeure de notable

Crédits photos : Lionel Allorge, Perle de Nacre, Christian Hochet, Mairie de Houdan

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