Découvrons Clamart

Bibi

Notre appétit pour découvrir l’Ile de France autrement ne cesse de grandir. Alors nous vous emmenons aujourd’hui à Clamart, qui resta jusqu’au milieu du 20ème siècle, un village de banlieue.

Promenons-nous à Clamart

Jusqu’à la révolution

Clamart, le château de MeudonAprès les hommes du néolithique et après le départ des Romains, les religieux investissent le territoire pour y pratiquer l’agriculture. Puis ils plantent des vignes au 10ème siècle. Le village prospère, les champs sont fertiles, les vergers et le vignoble abondants. Quatre fiefs se constituent : St-Martin des Champs, l’Hôtel-Dieu, Clamart et Chef de Ville.

Durant la guerre de cent ans, les villageois se réfugient dans l’église. Mais les guerres de religion et la fronde les éprouvent d’avantage. Abel Servien, surintendant des finances,  réunis trois fiefs lorsqu’il rachète le château de Meudon au duc de Guise. Son fils revend le domaine au surintendant de Louvois en 1679, et en 1695, Louis XIV achète le tout pour son fils aîné, le Grand Dauphin. Ainsi, Chef de ville rejoint l’ensemble.

En 1726, Clamart est finalement réuni à la couronne. Philippe Cuisy, fermier général, en assure la gestion. Conformément à leurs doléances de 1790, les villageois obtiennent le droit de gérer eux-mêmes les affaires du village.

Les temps modernes

Clamart, la buanderieAu début du 19ème, 70 carrières de gypse et de pierre ouvrent sur les coteaux. Cependant, la première ressource du village reste le vignoble. A partir de 1831, la commune évolue. Le maire Denis Gogue achète le château Barral et y établit la mairie en 1842. Son successeur, Jules Hunebelle, la propulse dans une nouvelle ère. Télégraphe en 1865. Eclairage au gaz en 1867. Carrossage des chemins vicinaux en 1868. Bibliothèque en 1869. Lors de l’invasion prussienne de 1870, les Clamartois s’enfuient, tandis que le maire déplace ses bureaux sur Paris. Pillé autant par les Prussiennes puis les Français, le village est détruit par les tirs croisés des forts environnants.

Durant la première guerre mondiale, le maire soutient les familles démunies des mobilisés en faisant servir près de 700 repas. Fuyant les massacres de 1915, des arméniens s’installent en limite d’Issy, tandis que la cartoucherie Gévélot, les usines Renault et Citroën recrutent autant que possible.  En 1940, les Allemands investissent le petit Clamart et l’hôpital Percy. En 1944, encouragés par la résistance parisienne, les villageois s’engagent à leur tour. Mais les Allemands massacrent sans tarder des civils. Cependant, les blindés français libèrent finalement la commune le 24 août. En 1961, à la suite de fortes pluies, d’anciennes carrières s’effondrent, emportant 23 immeubles, rayant 6 rues de la carte et tuant 21 personnes. Enfin, les champs de petits pois cultivés depuis la renaissance disparaissent totalement sous l’urbanisation.

Les édifices religieux

L’église St-Pierre St-Paul est édifiée au 11ème siècle. Durant la guerre de cent ans, les villageois y trouvent souvent refuge. Ils murent progressivement les portes et les fenêtres pour mieux se protéger.

Finalement dévastée, l’église est reconstruite et consacrée en 1523 par l’évêque de Paris. 

Elle est de nouveau restaurée en 1866. Mais détruite par des obus en 1870, elle est encore restaurée et finalement agrandie, avant d’être classée en 1928.

Les bâtis remarquables

Pavillon Louvois

François-Michel Le Tellier de Louvois, devenu ministre de Louis XIV, se fait construire ce pavillon de chasse, dont il fait aménager le parc. Les révolutionnaires y transportent le contrecoeur de cheminée du grand salon du château de Meudon, saisi et vendu lors des évènements.

Clamart, l'église

Au début du 18ème siècle, la propriété appartient aux seigneurs de Marsillac et de Charmont. Au 20ème, elle est léguée aux Apprentis d’Auteuil, pour porter secours aux orphelins de parents ouvriers et artisans, puis plus récemment, pour accueillir des jeunes en difficultés sociales. A ce jour, une trentaine de jeunes filles bénéficient ainsi de l’Aide sociale à l’enfance.

Hospice de Ferrari

Clamart, hospice de Ferrari

Entre 1878 et 1888, la duchesse de Galliéra, également marquise de Ferrari, charge l’architecte Paul-René-Léon Ginain de construire un hospice destiné aux gens de maison.

Son fils ayant refusé l’héritage laissé par son très riche père, la duchesse décide de faire de bonnes oeuvres en réalisant de nombreux legs, tout en prenant soin de laisser son nom immortalisé dans la pierre.

L’architecture s’inspire des constructions hospitalières du milieu du 19ème siècle, comme l’hôpital Lariboisière ou l’Hôtel-Dieu à Paris. Son château d’eau est le premier du genre construit en béton armé.

L’hospice, voulu gratuit, le reste jusqu’en 1914. En 1952, il devient la maison de retraite Ferrari puis Ephad. Aujourd’hui, seuls les riches y accédent.

Maison Duffaut

Clamart, la maison Duffaut

Construite à la fin du 19ème siècle, cette folie appartient à Louis Duffaut. La tour bâtie en meulière est surmontée d’une dentelle de ferronnerie, ornée de fresques dessinées par Edith Dufaux et Antoine Fontaine. Elles représentent l’Arche de Noé.

L’édifice est sauvé de la démolition en 1989 et réhabilité par l’atelier ED Architectes. Ce dernier crée en appui de l’édifice, 12 logements en céramique blanche, troués de larges baies colorées et agrémentés d’un labyrinthe de jardins privés, terrasses, passerelles et escaliers.

Ecole Jules Ferry

Clamart, l'école Jules Ferry

Vers 1880, le ministre de l’Instruction publique, Jules Ferry, fait voter une loi sur l’obligation d’un enseignement primaire gratuit partout en France. Ainsi, pour faire face au développement du quartier de la gare, la commune fait construire l’école Jules Ferry, inaugurée en 1908. Les caractères architecturaux de ces écoles, en briques et en pierres, ressortent dans le paysage des villes. 

Entre 1914 et 1918, l’école sert d’hôpital militaire. Fermée au début de la seconde guerre mondiale, elle rouvre ses portes vers 1942. Aujourd’hui école élémentaire et maternelle, elle a conservé son âme et l’authenticité de son architecture.

Hôpital Percy

Confronté à l’horreur de la guerre des tranchées, l’hôpital d’instruction des armées est construit entre 1916 et 1919. Il est dédié à Pierre-François Percy, chirurgien en chef des armées et inspecteur général du Service de santé des armées, sous la révolution et l’empire.

Destiné au soin des maladies infectieuses et contagieuses, il ouvre en 1920 et accueille tout d’abord les grands gazés de la guerre. À partir de 1982, il diversifie ses services et se spécialise dans le soin des grands brûlés, civils et militaires.

Et ailleurs…

La grange musée Franquet

Clamart, l'hôpital Percy

La vigne, cultivée dès 1085, reste l’une des principales ressources de Clamart jusqu’au milieu du 19ème siècle, avec 110ha de vignoble produisant 1650hl de vin. En 1986, une association, le Clos de Clamart, fait renaitre la tradition d’une confrérie née en 1712. La commune plante 193 pieds de vigne en 1989 et l’ancienne grange de vignerons est reconvertie en musée. Les bouteilles de vin sont entreposées dans une ancienne cave voûtée.

En 2012 un pont a été nommé”pont des vignerons”, médaille d’Or du Clos de Clamart 2013 au Symposium d’Ile de France.

Le parc de Maison blanche

Clamart, le parc de maison blancheLa duchesse de Galliera fait aménager ce parc  1830. Sa grotte, visible au 15 de la rue Martial Grandchamp, sert alors de soubassement à un kiosque champêtre. Au centre, un petit pont et des arbres majestueux animent une pièce d’eau. La commune achète le terrain en 1921 pour y construire une gendarmerie et se doter d’un jardin public.
En 2007, le parc profite d’une extension de 1200m².  Réaménagé, il bénéficie de nouvelles plantations d’arbres et de plusieurs ouvertures sur les rues Châtillon, Gabriel Péri, Georges Huguet, et Louis Dupont.

De nombreux animaux y trouvent refuge, et la ville de Clamart propose aux écoles des activités pédagogiques pour sensibiliser les enfants à la biodiversité. François Le Got, adjoint au maire délégué à la culture, au patrimoine, au jumelage et au tourisme, y a placé ses propres poules en villégiature.

Crédits photos : Wiki, OT Clamart, NathyB

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