Découvrons Chevreuse

Bibi

Dans notre série d’escapades pour retrouver le goût de l’aventure, nous vous invitons à découvrir, ou redécouvrir, Chevreuse.

Promenons nous à Chevreuse

Nichée au creux d’une vallée bien connue des franciliens, le bourg de Chevreuse s’est développé à l’époque médiévale.

Très vite, son nom naît de la présence abondante de chèvres, seul bétail supportant une végétation pauvre et des prairies rares. Les armes de la ville présentent 4 chèvres dressées. Elles seront remplacées par 4 lions après les croisades, en hommage aux 2.000 croisés de la châtellenie.

La présence de seigneurs importants favorisent la création de marchés. Ces derniers assurent le développement économique de la cité, qui finit par s’étendre progressivement de par et d’autre de la rivière Yvette.

Château de la Madeleine

C’est sur son flan, en haut de l’éperon rocheux, que la vie de Chevreuse prend son essor. Au 10ème siècle, le premier seigneur, Gui le rouge de Montlhéry, s’oppose au pouvoir royal. Affrontant le roi  et le comte de Montfort, il dévalise toutes les voitures royales empruntant la route de Rambouillet et de Chartres.

Chevreuse, forteresse

Son héritier fait construire le château de la Madeleine au 11ème. Puis sa fortification continue jusqu’au 14ème. En 1304, Philippe le Bel y fait halte, puis en 1414, le duc de Bourgogne s’empare de la forteresse. Elle bascule aux mains des Anglais jusqu’en 1438. Louis XI finit par confisquer le château-fort au seigneur, puis François 1er l’offre à sa favorite, Anne de Pisseleu.

En 1551, la forteresse, érigée en duché, est acquise avec Dampierre, par le cardinal de Lorraine. En 1693, Louis XIV l’achète pour agrandir encore son domaine de chasse.

Abandonné puis utilisé comme ferme après la révolution, l’édifice est restauré par le conseil général pour héberger les bureaux du PNR. Depuis la cour intérieure, vous pouvez profiter d’un joli panorama sur la ville et la vallée de l’Yvette.

Les édifices religieux

Une première église est édifiée en 980 pour devenir le prieuré St-Saturnin. La construction de l’église St-Martin commence au 11ème siècle.

En 1064, le prieuré et l’église sont donnés par Gui le rouge à l’abbaye St-Pierre de Bourgueil. Il espère ainsi obtenir le pardon de ses pêchers. Après la guerre de cent ans, le prieuré, délabré, est réduit de moitié.

Chevreuse, clocherEn 1659, l’église  reçoit une cloche offerte par Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse. Sa porte principale viendrait de l’abbaye de Port-Royal des champs, démolie sur ordre de Louis XIV. En 1695, le prieuré est offert par Louis XIV aux dames de St-Cyr.

L’église est dotée, en 1732, d’un orgue du facteur Louis-Alexandre Clicquot. Puis c’est la révolution et les deux édifices sont proposés à la vente comme biens nationaux. Un marchand de vin achète le prieuré et l’utilise comme entrepôts.

Au 19ème, une flèche élancée remplace le vieux clocher pyramidal de St-Martin. Puis le baron de Coubertin fait suspendre des toiles à son effigie dans le choeur. Cependant, détériorée, l’église manque de disparaître dans les années 1950. Le curé Lassus vient à son secours et la fait restaurer.

Entre temps, les pierres du porche roman du prieuré sont démontées et vendues. Finalement, en 1980, le peintre Jean Vénitien y établit son atelier. La commune rachète l’édifice, le restaure et l’utilise pour des expositions depuis 2011.

Cabaret du lys

Chevreuse, cabaretEn 1661, lors de son séjour au château de la Madeleine, Jean Racine écrit qu’il va deux à trois fois par jour au cabaret. Mais nul ne sait où se situait ce dernier.

En outre, c’est dans l’une des plus anciennes maisons de la ville que cet établissement prend vie. Au 19ème siècle, il porte le nom d’auberge de la fleur de lis puis devient l’hôtel du lion d’or.

En 1920, il appartient à un tonnelier qui y stocke sa marchandise. Puis en 1939, à l’occasion du tricentenaire de la naissance de Racine, la maison est renommée cabaret du Lys

Maison des bannières

Cette bâtisse, construite au 15ème siècle, semble avoir été la propriété du prévôt. Elle confirme les droits féodaux accordé à son propriétaire, sans doute chargé de percevoir les banalités pour l’usage des moulins, des fours et des pressoirs.

Mentionnée en 1668 dans le répertoire des terres, elle est la maison ancienne la mieux conservée de la ville (face au 13 rue de Versailles).

Lavoir banal

Chevreuse, maison des bannièes

Chevreuse, lavoirAu sud de la ville, le creusement du canal de l’Yvette sur environ 2km, permet très tôt d’utiliser la force de l’eau pour faire tourner des moulins. Dès lors, les activités s’y développent telle que l’effilochage du chanvre, des draperies, corderies, tanneries, lavoirs privés et publics.

A l’ouest, quand l’eau est encore propre, les villageois lavent leur linge au lavoir. Puis en suivant le cours d’eau vers l’est, les propriétaires établissent leurs tanneries de peaux de chèvres qui souillent l’eau progressivement jusqu’à la rendre totalement toxique.  

Aujourd’hui, bien qu’impropre à la consommation humaine, l’eau à retrouvé une certaine clarté dont la faune se satisfait comme elle peut.

Séchoir à peaux

Chevreuse, séchoirCet édifice, construit au 17ème siècle, sert à la fois de tannerie et de séchoir à peaux. En bas, subsistent quelques vestiges : bassin de lavage et fosse de tannage, tandis que l’étage accueille les peaux mises à sécher.

Au 19ème, la propriété attenante devient pensionnat de jeunes filles, avant de se destiner à faire office de maison de retraite. Le bâtiment sert alors de buanderie. Au cours du 20ème, la maison est transformée en logements et l’ancien séchoir est légué à la ville qui en fait un lieu d’exposition.

Et ailleurs…

Comme toute commune bénéficiant de la protection du PNR, Chevreuse est un lieu paisible et accueillant pour les promeneurs à pied, à vélo, à cheval,…  Ici, la faune et la flore s’offrent à votre contemplation et parfois aussi, à votre dégustation. Stellaire des marais, ortie, plantain, oseille sauvage, ronce,… Mais attention à faire preuve de modération. Les plantes comestibles sont bien là, mais la faune en a également besoin pour survivre. D’ailleurs pour votre dégustation, nous ne pouvons que vous recommander de découvrir du vin biologique à base de feuilles de bouleau, ou de tester le velouté d’orties, à moins que vous ne préfériez essayer le fromage de chèvre assaisonné avec du lierre terrestre.

Si vous êtes à la fois curieux et gourmand, vous serez sans doute séduit par le bar à sirop, rue Lalande. Tenu par Marc Chenue, dont nous avons déjà parlé dans l’un de nos articles, cette ancienne herboristerie vous accueille pour vous proposer des créations à base de fleurs, fruits, épices et plantes, un must après une belle balade dans la ville.

Car la balade dans Chevreuse est incontournable pour qui veut s’imprégner de l’histoire locale. En découvrant les vestiges d’un temps révolu, vous n’aurez aucune difficulté à vous représenter la vie des habitants jusqu’à l’ère moderne.

Envie de découvrir Chevreuse en jouant ?

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