Découvrons Brie Comte Robert

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A l’est de la capitale, en Seine et Marne, se trouve un ville aux origines médiévale, encore peu connue des franciliens. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir Brie Comte Robert.

Découvrons Brie Comte Robert

Une place forte royale

Brie, échoppe du tisserandDurant l’antiquité, une ferme s’implante le long d’une voie romaine. La villa nommée Bradéia accueille bientôt un marché agricole. En 1137, Louis VI le Gros en achète les terres aux évêques de Paris, et les donne à son fils Robert Ier après lui avoir confié le comté de Dreux. Parti en croisade avec son frère Louis VII, Robert rentre et en 1153, il fait du village la capitale de la Brie française. Son fils lui succède, il fait édifier l’église St-Etienne, et fonde l’Hôtel-Dieu en 1208. Puis en 1250, la seigneurie revient à un cousin, Pierre de Dreux, comte de Bretagne. Ensuite en 1311, la ville passe à Jeanne d’Evreux, nièce de Philippe le Bel. Au début de la guerre de cent ans, la ville s’appelle Braya Comitis Roberti. Par la suite, en 1766, Louis XV échange avec son cousin Louis-Charles de Bourbon, les terres de Brie contre celles de Versailles.

Un bourg longtemps rural

Vivant de son agriculture, le bourg accueille en 1866, une usine à gaz. En 1893, le propriétaire, incapable d’entretenir son site, le revend à la commune. Monsieur Lagarde rachète la régie municipale en 1917 ; il la fermera en 1935. Parallèlement, Jean Chappe, forgeron, s’installe en ville. Comme apprentis, il emploie comme apprentis ses fils et Amédée Gessalin, le fils d’un ami.

Brie-vue sur douvesTandis que la ville fait classer les vestiges de la forteresse en 1925, Amédée épouse la fille Chappe. Au début de la guerre 1939-45, le médecin Jean Congy s’engage dans la résistance et utilise son laisser-passer pour  être informateur. Puis il organise des évasions vers le Morvan et l’Espagne en 1942. Dès 1943, il édite un journal clandestin dans une grange. Devenu recruteur pour son réseau, il tisse des liens partout, mais après un parachutage, il est arrêté et déporté à Buchenwald. Il meurt en février 1944. La paix revenue, les héritiers de Chappe et Gessalin déplacent l’activité à St-Maur des fossés et se spécialisent en carosserie automobile. Avec le succès, leur atelier devient trop exigu. Ils reviennent à Brie, rue du Coq Gaulois, et créent des voitures de course. Mais après le premier choc pétrolier, les courses sont interdites. Pour l’entreprise CG et ses 40 salariés, l’aventure s’arrête. En 1982, nait l’amicale CG réunissant 75 propriétaires, dont le but est de perpétuer la collection des voitures de la marque. C’est aussi le début des travaux de restauration du château-fort. En 1998, la commune lance la première fête médiévale. Depuis, le succès est assuré chaque année.

La forteresse

Brie Comte Robert, forteresseConstruit à la fin du 12ème siècle pour Robert Ier de Dreux,  le château-fort échoit à Jeanne d’Evreux en 1319. Epouse de Charles IV le Bel, elle hérite de gros revenus. Elle bâtit un logis seigneurial et y reçoit les ducs de Bourgogne. Elle fait aussi aménager les jardins avant de mourir en 1371. Sans héritier direct, le château revient à Charles VI qui l’offre à son frère Louis d’Orléans. Pendant la guerre de cent ans, la forteresse est ballotée entre Bourguignons et Armagnacs. Récupérée par le duc de Bourbon, aussitôt reprise par le comte de Stafford en 1439, la forteresse tombe aux mains du duc de Bourgogne. Finalement, Charles d’Orléans la récupère en 1440. Elle devient domaine royal avec Louis XII en 1498. François Ier la confie en apanage dès 1522. Mais en 1649, la ville soutient les frondeurs. Les représailles ne tardent pas : château pillé, ville cannonée… 50 maisons brûlent, le château est inhabitable. Alors, en 1662, les Bullion louent le château à des artisans. Echangé entre Louis XV avec le comte d’Eu en 1766, le château sort de la Brie et du domaine royal. Vendu comme bien national en 1793, la forteresse connait 3 propriétaires successifs avant que la mairie l’achète en 1803, puis s’en défasse en 1813. Tannerie et distillerie s’y installent. En 1879, Benoît-Michel Gillet, banquier parisien, le rachète, fait raser la dernière tour et y construit une demeure. La ville rachète le tout en 1923, fait classer les vestiges en 1925 et en fait un jardin d’agrément. Enfin, en 1982, la forteresse est nettoyée et confiée à l’associaton Les amis du vieux château.

Les édifices religieux

Eglise St-Etienne

Brie-eglise st-etienneErigé au 13ème siècle à la demande de Robert II de Dreux, l’édifice comprend un choeur avec rosace, qui représente à sa périphérie, un calendrier agricole. Sculptures et boiseries enrichissent sa décoration au 15ème. Puis des vitraux sont posés entre le 16ème et le 20ème. Bien que l’église soit classée aux monuments historiques en 1840, le clergé décide, à cours d’argent, de vendre son grand buffet d’orgue des 17ème et 18ème, en 1886. La soufflerie du 17ème reste sur place. Une partie de la toiture est restaurée en 1905, mais c’est un comité franco-américain qui fait achever la restauration de l’église après la première guerre mondiale. En 1927, la mémoire des combattants américains morts pour la France y est célébrée en présence du maréchal Joffre, qui scelle une plaque commémorative sur un des piliers de l’église.

Hôtel-Dieu

Brie Comte Robert, hôtel-dieuL’Hôtel-Dieu héberge les voyageurs pauvres se rendant sur les marchés de Brie. Il est tenu par des religieux, dirigés par un prêtre. Au 16ème siècle, il devient la chapelle St-Eloi. Deux religieuses s’y font inhumer : Antoinette du Tertre et Agnès de Lozanne. Un autre hospice apparait au 17ème, à l’écart du premier. L’Hôtel-Dieu perdant ses voûtes en 1831, il est protégé par les monuments historiques et consolidé dès 1840. Puis il abrite une école de filles, et en 1850, redevient chapelle, dédiée à Ste-Justine. Pendant la première guerre mondiale, il sert d’hôpital. Tandis que le plus récent édifice intégre la construction de l’hôpital, celui-ci est racheté par la ville qui le restaure et le transforme en salle d’exposition en 1995. Par la suite, elle plante son jardinet de plantes arômatiques et médicinales. 

Couvent des Minimes

Brie, anc couvent des MinimesAu 15ème siècle, François de Paule, religieux, se dédie aux   pauvres. Soutenu par ses disciples, il fonde l’ordre des Minimes, en 1474. En 1482, il est appelé au chevet de Louis XI agonisant, puis développe son ordre dans le royaume de France. En 1647, le marquis Nicolas de l’Hospital invite les Minimes à s’installer dans la cité. De plus, le maréchal de Vitry appuie la construction du monastère. L’ensemble est reconstruit au 17ème, mais les travaux cessent durant la Fronde. Après la révolution, le couvent devient maison bourgeoise, puis la ville y aménage une salle d’exposition en 1960. Puis en 1970, elle construit une salle des fêtes dans les jardins. Finalement, le couvent est réhabilité en logements vers 1990. Un incendie ayant détruit la salle des fêtes en 2003, la commune aménage un parking en lieu et place.

Et ailleurs…

Grenier à sel

Construit à la fin du 16ème siècle près de la ferme Ste-Marie-Madeleine, cet entrepôt sert à collecter la gabelle. Son porche d’entrée en grès est orné de ferrures forgées représentant deux fleurs de lis. Pour financer sa croisade, St-Louis crée temporairement cette taxe sur le sel en 1248. Mais cent ans plus tard, la gabelle devient permanente. Impopulaire et inégalitaire, elle touche un aliment indispensable en cuisine. La révolution fait disparaitre cet impôt et le bâtiment toruve un autre usage. Au 20ème, à l’occasion de fouilles archéologiques à proximité, un atelier et son four de potier médiéval, des habitats mérovingiens et carolingiens, et une structure gallo-romaine encore bien mystérieuse sont découverts.

Brie, anc mairieAncien hôtel de ville

Le bâtiment construit au 17ème siècle,  sert de bureau des taxes collectées sur le marché, et de tribunal de bailli avec geôle royale. Le procureur du roi y loge également. Devenu maison bourgeoise en 1786, la municipalité l’achète comme maison communale. Elle y installe aussi un corps de maréchaussée. Peu à peu, le poste de police et le bureau de justice de Paix s’y établissent également. La mairie quitte les locaux en 1942 pour un nouveau bâtiment remplaçant la ferme des Carnes Deschaux, et la caserne de pompiers quitte ce lieu en 1986. Aujourd’hui, ce bâtiment accueille la salle des expositions et les bureaux de la médiathèque de l’Ile aux trésors.

Ancienne gare de Brie

Brie Comte Robert, gareLa gare ouvre en  1875 grâce à une pétition de la population lancée en 1857 pour prolonger la ligne depuis la Bastille jusqu’à Verneuil l’étang. En 1872, le train dessert Sucy, Mandres, Santeny-Servon puis atteint Brie Comte Robert, Grisy-Suisnes, Soignolles, Coubert, Guignes-Rabutin. Voilà 73 ans que la Brie française produit des roses grâce à Christophe Cochet, jardinier de l’amiral de Bougainville, qui s’est lancé à Grisy-Suisnes. Pour répondre à la demande, d’autres producteurs ont investi le territoire, livrant quotidiennement, des roses à la capitale par le train. Les fleuristes les achètent dès l’aurore. Mais avec l’arrivée des roses venant de l’étranger, la production disparait. Aussi, en 1938, la ligne entre Brie-Comte-Robert et Verneuil-l’Étang ferme. Elle reprend du service pendant la guerre, puis cesse définitivement toute activité en 1953, jusqu’à Boissy-St-Léger.

Bains-Douches

Brie Comte Robert, bains douchesEn février 1851, la France instaure une politique hygiéniste populaire. Si bientôt les bains abondent, ils sont finalement considérés comme sales. Alors les médecins lui cherchent une alternative. En 1872, le docteur Merry Delabost, à Rouen, imagine une pluie d’eau chaude. D’abord utilisé dans les prisons et les casernes, ce système s’impose progressivement avec les premiers bains-douches à Bordeaux en 1893 et à Paris en 1899. Inaugurés en 1928, celui de Brie est porté par la municipalité pendant près de 4 ans. A l’époque où les habitations ne comportent ni salles d’eau ni sanitaires, cet équipement communal est indispensable. Il sera ouvert jusque dans les années 1970. Puis la ville réhabilite le bâtiment pour y héberger l’office de tourisme.

Crédits photos : NathyB, Pierre Poschadel, Luso-Tuga.

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