Découvrons Beynes

Bibi

Petite ville à l’ouest de la capitale, Beynes constitua longtemps une ligne de défense du royaume de France. Restons curieux et partons à la rencontre de son âme.

Découvrons Beynes

Un peu d’histoire

Une constitution tardive

Beynes_carteLes Romains y construisent des villas d’où ils commercent. Puis les Mérovingiens y bâtissent des maisons le long des axes Paris-Rouen et Poissy-Chartres à partir du 5ème siècle. Au 8ème, l’abbaye de St-Germain des Prés y installent des moines. Puis au 10ème, Robert le Pieux offre leurs terres au premier seigneur de Montfort, Guillaume de Hainaut. Celui-ci y érige un premier castrum pour participer à la défense du royaume. A partir de 1181, les barons de Montfort sont les seigneurs attestés de Bania. Ils construisent un donjon avec tourelle. Puis le fief est partagé entre les seigneurs de Beynes et de l’Estandart. En 1230, un autre château est érigé sur le plateau par Hugues de Vignole. Peu après, en 1239, Philippe Ier de Montfort confie son fils au seigneur Guillaume de la Chapelle. En 1267, il fait don à l’abbaye de Port-Royal d’une maladrerie avec moulin, construite au nord du château. L’histoire du bourg, qui compte 850 habitants au 13ème,  se confond ensuite avec celle du château.

De nombreuses mutations

Beynes_forteresseAu 14ème, Robert VII d’Estouteville reconstruit le château, avec enceinte et des fossés de 20 à 30m de large. Une garnison y est chargée de défendre le royaume contre les Anglais. Son fils Colard poursuit les travaux après sa mort. Puis au 15ème, son petit-fils Jacques, chambellan du roi, épouse la fille de Marie de France, batarde de Charles VII et Agnès Sorel. Il fait alors remplacer le donjon par un logis de deux étages. En 1525, le manoir chargé de défendre le pont Barrat est abandonné. Puis en 1545, le château entre dans le domaine royal. Progressivement abandonné, il se dégrade et finit par disparaitre sous la végétation dès le 18ème.

Une prestige à retrouver

Beynes_campt FrileuseEn 1937, les terres de la ferme de Frileuse servent de terrain d’entrainement pour l’école militaire de St-Cyr l’école. Puis en 1940, le grand moulin bâti face au château part en fumée dans un incendie. Après la seconde guerre mondiale, un camp militaire s’installe à Frileuse. En 1967, la commue achète les ruines du château, enfouis sous 6.000m3 de terre et de gravats. L’association Rempart se crée en 1974 pour la sauvegarde du monument et pour réaliser des fouilles. En 1997, le camp de Frileuse devient centre d’entraînement pour la gendarmerie mobile et le GIGN. Depuis 2009, l’association propose des visites commentées ce qui permet, en 2013, de faire classer l’édifice aux monuments historiques. Mais les inondations des douves et casemates en mai 2016 contraignent la commune à en interdire les accès.

Château royal

Le  castrum deGuilaume de Hainaux permet de bloquer l’attaque de Guillaume le Roux, roi d’Angleterre, en 1097. Au 12ème siècle, plusieurs seigneurs s’y succèdent : Eudes, Galéran, Amaury… Puis le sieur d’Estouteville construit un véritable chateau-fort au 14ème. En 1416, le donjon, ceint d’une muraille flanquée de 9 tours, est arasé pour construire le logis. Une deuxième enceinte vient renforcer la première. Cependant, de 1417 à 1434, le château subit pillages et destructions. Le château est consolidé et en 1470, une barbacane apparaît au milieu des fossés. Pont-levis et pont dormant permettent de traverser la forteresse. En 1530, François Ier l’offre à sa favorite, la duchesse d’Etampes. Puis, Henri II en fait don à Diane de Poitiers, qui y fait aménager de nouveaux logis par Philibert Delorme. Le château appartient à de grandes familles : le comte de Tonnerre, le maréchal de Château de Beynes

Beynes_pont de l'étendard

 

 

 

 

Les édifices religieux

l’Hôpital, les Béthune-Charost, le duc de Brissac… Délaissé sous Louis XIV,  Jérôme-Frédéric de Pontchartrain l’achète à la fin du 18ème, pour en revendre les matériaux centraux. Abandonné durant 2 siècles, il se transforme en forêt. Il est aujourd’hui en cours de restauration.

Manoir de l’Etendart

En 1184, la fille du baron de Beynes, Henriette de Lestandard, possède un fief proche du castrum. Attesté en 1248, on y trouve dès 1263 un manoir entouré de mur. En 1378, l’un des Lestandard devient chef des armées de Charles V. Plus tard, en 1435, Guillaume de Lestandard épouse la fille de d’Estouteville. Il fait construire un moulin sur son fief. Un lavoir viendra compléter l’équipement du domaine. Le manoir finit par disparaitre, laissant place à plusieurs maisons.

Beynes_eglise st martinLes moines défricheurs de St-Germain des prés édifient un premier lieu de culte au cours du 8ème siècle. Puis avant sa mort en 1031, Robert II le Pieux donne le fief à Guillaume de Hainaut, seigneur de Montfort. En 1072, les moines de l’abbaye de St-Magloire succèdent aux précédents. Au début du 12ème, ils érigent une nouvelle église dédiée à St-Martin. Plusieurs fois détériorée au cours des guerres, elle est à chaque fois reconstruite. Une vierge polychrome décore son choeur dès le 15ème. Partiellement reconstruite en 1773, elle reçoit alors un autel en bois sculpté, surmonté d’un retable du 17ème. Puis de 1830 à 1880, elle s’agrandit de collatéraux et la cure réaménage son intérieur. Enfin, l’édifice rejoint la liste des monuments classés en 1907. Plusieurs croix jalonnent également le paysage : verte, blanche, St-Nicolas, Surgis, ou d’Alienne, nous rappelant le temps des processions.

Et ailleurs…

Ferme de Fleubert

Beynes_ferme fleubert En 1697, le duc de Charost, seigneur de Beynes, fait l’acquisition de la ferme de Fleubert qui pratique l’élevage. Il la revend au début du 18ème au comte de Maurepas. En 1770, Jean-Frédéric Phelypeaux, comte de Maurepas et baron de Beynes, la confie en fermage. Au 18 ou 19ème, se construit le grand moulin de Fleubert, sur la rive opposée de la Mauldre. Après la seconde guerre mondiale, en 1956, une société gazière rachète la ferme. Dix ans plus tard, un gazoduc explose à 2km à l’ouest du village, provoquant un incendie énorme qui emporte 35.000m3 de gaz. Toutefois, les pompiers maitrisent ce feu en 1h. Deux ans après, le moulin brûle à son tour. Totalement détruit, il est abandonné. Afin de préserver le patrimoine, un travail à ferrer les boeufs est récupéré dans la ferme avec l’accord de Storengy, propriétaire depuis 2014. Entièrement restauré, cet appareillage se voit près de la mairie et du château.

Ferme de Carcassonne

En 1174, une maison forte, tenue par Jeanne de Carcassonne, vient renforcer la défense du castrum.  En 1212, ce fief appartient à Jean de Corbeil et de Carcassonne. Puis en 1545, il est donné par François Ier à la duchesse d’Etampes. Au fil de temps, le chateau-fort se transforme pour devenir une ferme fortifiée, puis simple exploitation agricole.

Crédits photos : NathyB, Géoportail, Ebay

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