Découvrons Beaumont sur Oise

Bibi

Avant d’être une province, l’Ile de France est un royaume bien gardé sur ses frontières, comme ici, à Beaumont sur Oise. Aventurons-nous dans son histoire.

Découvrons Beaumont sur Oise

Naissance d’une forteresse

Beaumont, dans le BeauvaisisPeuplé depuis le néolithique, le cité se constitue au croisement du Vexin, du Parisii et du Beauvaisis, quand Jules César investit la région 57 ans avant Jésus-Christ. Cent ans plus tard, la cité compte amphithéâtre, thermes, fours à potiers et habitations au bord de l’Oise, tandis qu’un castrum bâti sur l’éperon surveille les alentours. Au 3ème siècle, le village se construit en bois et chaume avant d’être peu à peu abandonné. Puis, au 10ème, des religieux bâtissent un pont sur l’Oise, portant 4 moulins, alors que le fief regroupe Chambly et Méru. Son seigneur, Ives Ier, déjà seigneur de Conflans, est chargé par Hugues Capet en 981 de garder Beaumont. 

Une place forte solide

Beaumont, les fortificationsDès 1022, les comtes se succèdent : Ives II, proche de Robert le Pieux, Yves III aux ordres d’Henri Ier en 1036, Ives IV qui meurt le jour du sacre de Philippe Ier, et Ives V en 1070. Ce dernier combat aux côtés du roi puis de Guillaume le Conquérant. En 1083, son fils Mathieu hérite de ses titres ; il est emprisonné par le roi d’Angleterre en 1097, puis affronte Louis VI lors du siège de son château de Chambly en 1102. Finalement chambrier de France dès 1137, il intègre l’armée royale en 1149. Par mariage, Mathieu III  agrandit le comté avec le Valois et le Vermandois. Après 1208, son frère Jean se bat à Bouvines avec Philippe Auguste. Sans successeur, le comté rejoint l’apanage des rois en 1223. Ainsi St-Louis accorde le droit de marché, commerces et hôtels. Concédé à Robert d’Artois, et finalement confisqué en 1331, le comté est pris par le roi de Navarre en 1354, puis donné à Philippe d’Orléans. Mais en 1416, les Bourguignons saccagent tout. Enfin, en  1438, Robert de Willoughby tient la ville, et la déserte à l’approche de Talbot.

La lente agonie

Beaumont, vestigesEn 1735, Louis de Bourbon fait reconstruire un partie du pont. Mais la révolution met un terme à l’histoire du fief royal. A côté, Persan se développe grâce au chemin de fer et à l’industrie, tandis que Beaumont survit avec ses artisans, commerçants, et ouvriers. Alors, des lotissements apparaissent pour loger les ouvriers de Persan. A cette époque, Emile Zola,découvrant Beaumont, écrit son roman « Le rêve ». Les guerres frappent encore Beaumont, détruisant 3 fois le pont, et rayant plusieurs quartiers. Durant la guerre de 39-45, Pierre-Jean Herbinger, combattant de la guerre des poilus, devient agent de renseignement pour la résistance. Puis il fonde le réseau Mithridate, auquel il survivra. La paix rétablie, la ville se reconstruit comme elle peut. Depuis peu, une vigne occupe les hauts coteaux de Beaumont. Et son vin blanc rappelle le vin renommé d’autrefois.

Le bâti remarquable

La forteresse

Beaumont, vestiges du châteauLe seigneur Ives Ier remplace le castrum en bois par un château-fort. Sur son donjon de 37m, son fils Ives II vit au dessus des stocks de nourriture. Ensuite, la forteresse passe de père en fils, mais en 1223, le dernier comte meurt sans héritier. En 1226, St-Louis fait remplacer l’enceinte gallo-romaine par une muraille. Toutefois, durant la guerre de cent ans, la forteresse est occupée par les Français puis les Anglais. François Ier en offre les ruines au connétable Anne de Montmorency en 1527. Le duc d’Alençon rachète la seigneurie en 1570, mais 20 ans plus tard, Henri IV s’en empare. Ensuite se succèdent les de Guierseville, de Liancourt et de la Motte-Houdancourt, jusqu’au prince de Conti au 18ème. Le comte de Provence rentre d’exil et récupère son héritage en 1815. Il fait réduire la hauteur du donjon, pour le transformer en place d’artillerie et convertit les remparts en promenade.

L’hôtel du croissant

Beaumont, Hôtel du CroissantPremière étape sur la route de Paris à Beauvais, un relais de poste s’établit ici à la fin du 14ème siècle.  Au 17ème, le service s’ouvre aux voyageurs et l’ouverture d’un hôtel devient indispensable. La structure comprend quatre bâtiments rangés autour d’une cour ouverte sur la rue, via une porte cochère. Un croissant de métal, placé au dessus de cette porte, indique que l’hôtel du Croissant est ouvert jour et nuit. Une porte piétonne renaissance, située en haut de la ruelle du Croissant, présente un oeil de boeuf surmonté d’un croissant. Louis XIV s’y arrête en juillet 1680. Puis en 1830, l’hôtel devenu école, accueille 90 élèves.

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Les édifices religieux

Beaumont sur Oise-Eglise St-Laurent

Eglise St-Laurent

Les Romains érigent une église carolingienne au 1er siècle, près d’un théâtre gallo-romain. Les chanoines de St-Léonor cosntruisent une nouvelle église au 5ème. Puis au début du 10ème, des moines bretons, fuyant les Vikings, trouvent refuge sur l’éperon. A l’abri du castrum, ils commencent à reconstruire l’église pour l’évêché de Beauvais. Au début du 11ème, Ives II fonde un prieuré contre l’église, pour St-Martin des champs. Puis l’église est consacrée en 1030 et complétée d’un cloître. Sa façade est achevée au 12ème et le choeur au 13ème. Après la guerre de cent ans, elle est restaurée et agrandie de 4 bas côtés. Enfin, une tour clocher s’y ajoute au 16ème.

Pensionnat Jeanne d’Arc

Au 17ème, l’hôtel-Dieu reçoit un legs pour bâtir un couvent et y éduquer les petites filles. Mais l’école n’ouvre qu’en 1714. Enfin, 60 ans plus tard, 100 fillettes fréquentent l’institution, dont 80 internes. En 1846, le pensionnat déménage rue Alsace Lorraine. En

1869, la restauration de l’église est entreprise, mais sans sans l’accord du ministère des beaux-arts. L’église, inscrite depuis 1843, est alors radiée des monuments historiques. La ville vend l’ancien prieuré pour construire des bâtiments. Enfin, en 1904, le pensionnat prend le nom de Jeanne d’Arc.

Et ailleurs…

Beaumont, le palacePour achever votre balade à Beaumont sur Oise, quittez le centre ville pour voir un autre bâtiment inscrit à l’inventaire des monuments historiques. Le « Palace » est construit au début du 20ème siècle, avec des poutres métalliques provenant de l’exposition universelle de Paris de 1900. Le hangar sert de dancing, music hall ou même, piste de patins à roulettes. Finalement, il devient cinéma en 1928. La cabine de projection est alors collée en façade et requiert l’usage d’une échelle extérieure pour y accéder. Puis en 1936, le propriétaire remanie l’ensemble en ajoutant un balcon intérieur, et en modernisant la façade. Charles Aznavour y donne son premier récital. Plus tard, Eddy Mitchell y tourne quelques émissions de la célèbre “Dernière séance” présentée entre 1982 et 1986. Les Nuls y tournent une séquence de leur film « La cité de la peur ». Enfin, en 1990, la ville rachète le cinéma qui conserve sa fonction.

Crédits photos : NathyB, ville de Beaumont

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