Découvrir...

Le Beauvaisis, ancien comté

Naissance du Beauvaisis

Premiers occupants

Le beauvaisisAttirés par la richesse de ses vallées et ses plaines, des Celtes nomades investissent très tôt le territoire. Dès lors, le secteur se retrouve rattaché à la Gaule belge. Belvac, la future ville de Beauvais, en devient la capitale.

En 57 avant Jésus-Christ, ses habitants doivent se soumettre aux troupes de César et prennent le nom de Bellovaques. Puis les Romains s’installent durablement à Belvac et y édifient un palais et un temple. Ils construisent également une voie pour rejoindre St-Clair sur Epte. 

Un certain Lucius, converti au christianisme puis devenu évêque, est chargé d’aller prêcher en Gaulle vers 245. Persécuté, il se réfugie à Beauvais où ses opposants le retrouve et le décapite. Sa tête est transportée ailleurs où une chapelle est érigée en son nom.

Les Romains enrôlent les Bellovaques dans de grandes armées pour conquérir le reste de la Gaulle. Les rixes se transforment partout en bains de sang de la Champagne au Beauvaisis en passant par la Picardie.

Au 5ème, la ville est aux mains de Syagrius. Mais en 477, Chilpéric Ier parvient à entrer dans Beauvais. Il fait rétablir la chapelle détruite de St-Lucien.

Comté et christianisation

A partir de 632, la ville est confiée à un évêque ce qui accélère la conversion des habitants au christianisme.

Mais sous Charlemagne, Belvac, devenue Beauvais, est tenue par le comte Ruadfridus. Ses descendants héritent de sa fonction. Toutefois, les invasions de Northmans reprennent au milieu du 9ème, divisant la population entre protestantisme et catholicisme. En 850, Beauvais est brûlée. Elle se reconstruit en moins de 30 ans, pour de nouveau subir les assauts des Northmans.

De nouveau incendiée en septembre 886, elle est pillée entre 923 et 926. La paix semble enfin s’installer à partir de 946, lorsqu’une partie des envahisseurs se fixent dans la Neustrie. Cependant, malgré le traité de Rollon signé en 911, les querelles entre le roi Henri Ier de France et Guillaume le Conquérant relancent les conflits. De nombreux châteaux forts sont alors érigés en Picardie pour protéger les villageois.

En 996, Eudes, comte de Troyes, donne ses terres picardes à son frère Roger, évêque de Beauvais, en échange de Sancerre en Berry. Dès lors, le Beauvaisis est défini. Roger en fait don à l’église en 1016 avec l’accord de Robert le Pieux. Hélas, en 1018 puis en 1180, Beauvais est presque entièrement détruite par des incendies. Dès lors, Philippe Ier entre en guerre contre les Normands. Puis, Louis le Gros prend sa suite contre Lancelin de Beauvais qui s’est rallié à Henri Ier, roi d’Angleterre.

Ayant chassé les Normands de son royaume, Louis le Gros instaure la nomination des maires du Beauvaisis. Il leur confie des droits de justice, ce qui occasionne des querelles interminables entre les bourgeois, l’évêque et le roi. Parallèlement, les conflits de territoire reprennent de plus bel entre les deux royaumes lorsque Louis le Jeune divorce d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine, et que cette dernière épouse aussitôt le duc de Normandie, également roi d’Angleterre. Cela n’empêche pas son fils, Henri, de devenir évêque de Beauvais en 1148. En 1182, les habitants lui concèdent finalement le rôle de seigneur de la ville.

Dès lors, la ville est dirigée successivement par des évêques proches du pouvoir.

Moyen-âge

Guerre de cent ans, Jacquerie et paix

Le BeauvaisisEn 1346, les royaumes d’Edouard III et de Philippe de Valois se déchirent la riche cité de Beauvais. Puis la Jacquerie s’empare de la Picardie et apporte son flot de malheurs. Les Beauvaisins attaquent le château de Rouen en 1434 et, ne recevant aucun renfort, sont obligés de le rendre au comte d’Arondel qui les fait tous décapiter.

En 1376, Philippe le Bel veut en finir dans la guerre qui oppose les maires du Beauvaisis à l’évêque Regnault de Nantheuil. Il établit des limites d’autorité et des sanctions en cas de non respect. Lors de l’occupation bourguignonne à partir de 1418, Philippe le Hardi confirme le rôle de l’évêque tel que défini.

Alors que la guerre de cent ans a pris fin en 1450 sous Charles VII, le duc de Bourgogne tente de reprendre Beauvais en 1472. Les habitants réussissent à tenir tête à ses 80.000 hommes, encouragés par Jeanne Fourquet-Hachette qui arrose inlassablement de poix fondue, d’huile bouillante et de chaux vive les assaillants, jusqu’à l’arrivée des secours.

Après la défaite du duc de Bourgogne, Louis XI offre par lettres-patentes aux Beauvaisins d’être exonérés de taxes royales et d’enrôlement dans l’armée du roi, en mémoire de Jeanne Fourquet-Hachette. Ces privilèges se perdent progressivement les siècles suivants.

Renaissance

Enfin libéré de toute présence anglaise, le Beauvaisis entre enfin dans un paix durable. Au début du 16ème, Louis de Villiers de l’Isle-Adam, évêque de Beauvais, entreprend la construction de la cathédrale de Beauvais. Il laisse le pouvoir politique aux maires et à leurs pairs dont les mandats sont renouvelés tous les ans, et soumis au contrôle d’un capitaine du roi, en l’occurence, Anne de Montmorency, connétable de France. En 1594, pour éviter tout conflit, Henri IV finit par conclure un traité avec les maires et le clergé.

Beauvais ayant vécu du commerce jusque là, il lui faut trouver d’autres voies de développement. La terre n’est guère bonne en Beauvaisis, alors depuis 1360, les paysans y élèvent des ovins et des porcs qu’ils vendent sur les deux foires de la cité et les marchés de Champagne.

De 1623 à 1637, la peste s’empare de Beauvais, laissant le reste du pays exempt de la maladie. A partir du 17ème, l’économie s’appuie de plus en plus sur ses ateliers de draperies.

A la fin du 18ème, l’activité drapière est en perte de vitesse, ne pouvant fournir par manque de matière première et concurrencée par Carcassonne ou Montauban. Elle se réoriente sur la toile de coton peinte dans ses 4 dernières fabriques.

La révolution éclate. L’évêque, Français-Joseph de la Rochefoucault-Bayers, tente de trouver refuge chez sa soeur, abbesse de Notre dame de Soissons. il est retrouvé et massacré. La maladrerie St-Lazarre et les abbayes St-Lucien et St-Quentin sont vendues aux enchères à des particuliers. Le Beauvaisis est intégré au département de l’Oise, toujours inclus dans la Picardie.

Temps modernes

Une modernisation tardive

Dirigée par des élites locales très conservatrices, le Beauvaisis ne profite pas immédiatement de la modernisation liée à la révolution industrielle. Beauvais refuse ainsi l’arrivée du train jusqu’en 1876, ce qui participe au déclin de la région, incapable de livrer rapidement ce qu’elle produit.

Dès l’ouverture de la gare, la ville construit un Hôtel-Dieu, un lycée et les abattoirs sont modernisés et le centre ville rénové : les façades parées de céramique ourlent les artères St-André et Victor Hugo. Une horloge astronomique est installée sur le clocher de la cathédrale en 1868.

L’impact des guerres

La première guerre mondiale impacte fortement la région qui voit déferler de nombreux réfugiés belges et du nord de la France. En 1918, le QG du général Foch s’installe dans la mairie de Beauvais, ce qui vaut à la ville d’être lourdement bombardée en juin 1918.

La reprise économique ne se fait pas. Et dès le début de la seconde guerre mondiale, la région est de nouveau éprouvée. Tout d’abord par l’afflux de blessés, puis par plusieurs bombardements en mai et en juin 1940 qui vont détruire 50% de la ville de Beauvais. Du vieux centre ne subsistent que la cathédrale, l’église St-Etienne et le palais de justice. 80% des monuments classés ont disparu, dont la manufacture de faïence. L’aérodrome est ensuite utilisé par les Allemands pour mener leur bataille aérienne contre l’Angleterre.

Après guerre, la reconstruction permet l’installation de nouvelles industries (automobile, agro-alimentaire, parfum, pharmacie…) et le rattachement de 4 communes voisines. L’avionneur Marcel Dassault devient député de Beauvais nord en 1958 et le reste jusqu’en 1986.

L’actuel Beauvaisis est un petit pays au sud de l’Amiénois et au nord du Vexin français. Il comprend les villes de Clermont, Liancourt, Fitz-James, Gerberoy, Boufflers, Beaumont les Nonains.

L’union fait la force

Dans les années 1990, l’industrie s’effondre partout en France et la Beauvaisis n’y échappe pas.

A partir de la loi Chevènement – 1999, invitant les communes à se regrouper, Beauvais s’associe à 17 autres communes pour renforcer ses moyens d’action.

Depuis, ce sont 53 communes qui ont rejoint la communauté de communes (chiffre arrêté en début d’année 2018). Toutes souhaitent désormais  fusionner avec l’agglomération de Compiègne et de la Basse automne, et la communauté de Creil Sud Oise, afin de pouvoir récupérer une partie des fonds alloués aux Hauts de France.

Envie de vivre une aventure en Beauvaisis ?…

  • Voir tous nos produits en Beauvaisis (à paraitre bientôt)