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Le pays d’Hurepoix, carte d’Hurepoix…

Naissance du Pays d’Hurepoix

Moyen-âge

Carte Hurepoix, ruines de MontaguDès le début de la royauté capétienne, le peuple désigne l’ancienne Neustrie sous l’appellation de « Hérupe », signifiant hérissé, les habitants de cette région ayant opposé une vive résistance à Charlemagne lorsqu’il voulut leur imposer la taxe du chevage, déjà payée par toutes les autres contrées du royaume et dont ils étaient encore exempts. A cette époque, le Mans est le centre politique des Hérupes, sous l’égide du comte Hue du Maine. La carte d’Hurepoix est loin d’être définie.

Le comte du Maine rassemble autour de lui les barons hérupois Salomon de Bretagne, le duc de Normandie, le comte de Dreux, le comte de Blois, le comte d’Orléans ainsi que plusieurs seigneurs : Guy de Mantes, Geoffroy de Paris, Anseau de Chartres, Aubry d’Etampes, et Gérard de Gâtinais.

Le Hérupe appartient pour partie à la famille des Montmorency, dont les héritiers sont barons de France, puis seigneurs de Montlhéry dès 991.

Ainsi au 12ème siècle, le pagi ou pays de Hérupe reprend les contours de la Neustrie du 9ème, entre la Seine, la Marne, la Loire et la Bourgogne.

Comme partout ailleurs, des religieux s’installent sur le territoire, en l’occurence à Josas. Aussi l’évêque de Paris confie-t-il ce diocèse d’Hérupe à l’un de ses trois  archidiacres.

Au 13ème, le nom de Hérupe évolue pour devenir Hurepois. Les contours du territoire se précisent de plus en plus. Désormais, la carte d’Hurepoix réunit en son sein les pagis de Josas et de Chastres, et la capitale de l’Hurepoix est redéfinie à Dourdan.

Renaissance

Province Ile de France
Crédit : Spedona – creativecommons

A la fin de la guerre de cent ans, d’autres pagis -ou pagus, ont également précisé leurs contours et le royaume a retrouvé la pleine possession de son territoire.

La carte d’Hurepoix se limite désormais au pagi d’Yveline au sud du Mantois, la Seine au nord et à l’est, l’Orge et le Gâtinais au sud-est, et la région naturelle de la Beauce au sud.

François 1er a réinstallé sa cour à Paris. Dès lors, la noblesse retrouve une période de prospérité durant laquelle elle ne cesse d’acquérir des biens terriens.

Durant le 17ème, de nombreux châteaux sont reconstruits sur les vestiges d’un manoir ou hôtel seigneurial :  Chamarande, Courson, Dampierre, le Marais, Villeconin, Mesnil-Voisin, St-Jean de Beauregard, le Saussay, Sceaux, Villebon sur Yvette, Breteuil, Gillevoisin, Echarcon…

Hurepoix, château de GillevoisinD’autres sont laissés en l’état : Dourdan est converti en garnison, puis prison ; Montlhéry et Montagu, trop détériorés et ne correspondant plus à l’usage attendu, sont abandonnés.

Le territoire est coupé en deux par la grande forêt de Marcoussis, avec au nord la plaine de Beauvert et au sud celle du Déluge. Un autre espace boisé, la Roche Turpin, s’étire vers le sud. A l’ouest et à l’est, les forêts de Rambouillet et Fontainebleau constituent les domaines de chasse du roi.

Cette contrée du gouvernement d’Ile de France vit essentiellement d’une activité agricole : cultures de céréales et  betteraves, maraichage autour de Palaiseau et Arpajon.

Après la révolution

Pendant les 19ème et 20ème siècles, les grandes fermes continuent de produire pour approvisionner la capitale. Elles sont soient possessions de bourgeois, soit d’aristocrates revenus d’exil, comme le duc de Crussol qui retrouve son domaine de Bonnelles.

Hurepoix, chemin de MagnyA partir des années 1950, en raison de l’explosion démographique de la région parisienne liée à la désertification des campagnes, de nombreux parisiens se font construire des villégiatures en Hurepoix pour fuir les nuisances de la capitale. Ainsi voit-on George Sand et Amable Tastu à Palaiseau, Michel Audiard à Dourdan, Louis Aragon à St-Arnoult en Yvelines, Guy Marchand et Jean Rochefort à St-Cyr sous Dourdan.

Aujourd’hui, l’Hurepoix réunit en un même territoire les deux chefs lieux que sont Jouy en Josas et Arpajon. Son passé agricole se retrouve encore au sud du territoire, mais il semble que le secteur des hautes technologies n’envahisse de plus en plus les terres nourricières, notamment celles du plateau de Saclay, les plus fertiles de toute l’Ile de France !

Avant que le fruit de plusieurs siècles de travail de soit englouti sous des tonnes de béton stérile, un parc naturel est créé afin de préserver une zone humide fragile : la vallée de Chevreuse. Si le site est tant apprécié par les promeneurs en tout genre, c’est bien parce que le temps semble s’y être arrêté pour nous offrir la figure paisible de villages authentiques.

Ici comme dans le sud du pays, le paradis est à portée du regard, à condition de consentir à l’effort d’aller à leur rencontre. Plaisir et bien-être garanti.

Envie de vivre une aventure en Hurepoix ?…