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Carte de France ancienne et histoire des provinces

Une carte et des provinces

La culture française s’est élaborée sur l’histoire des provinces qui ont donné à la France sa configuration et son identité. Toutes les institutions vous en parlent, des ouvrages en ont fait leur spécialité, mais au final, à quoi correspond la désignation Bourgogne, Champagne, Provence ou Touraine ?

Il ne s’agit ni de départements, ni de régions administratives. C’est pourtant sur ce terreau que, ce que l’on nomme “la culture française” s’est construite à travers l’histoire de ces territoires. Comment se sont-ils constitués ? Comment ont-ils évolués ? Qu’en restent-ils ? Consultons l’évolution de la carte de France ancienne pour en voir l’évolution.

Sous l’Ancien régime, les provinces représentaient les territoires dont était composé le royaume de France. Puis à la révolution, elles ont été démantelée par l’Assemblée nationale, pour créer des divisions administratives départementales en 1790. Aujourd’hui, le terme “province” désigne les ensembles géographiques régionaux qui en sont issus, et en conservent l’identité culturelle et linguistique.

Construction des provinces avant la révolution

De l’influence romaine au pouvoir religieux

Il semble qu’au départ, ce soient les Romains qui aient organisé les territoires conquis. Les ecclésiastiques ont ensuite repris ces territoires sous forme de diocèses, chacun comptant plusieurs paroisses. Ces dernières ont fortement contribué à la constitution des 36.000 communes de France. Puis les conquêtes et échanges de terres et fiefs ont fait évoluer les frontières de chacun de ces territoires. En outre, certaines terres, des “pais”, n’ont jamais été intégrées à une province, tout en conservant leurs spécificités : savoir-faire, coutumes…

D’autres terres sont apparues comme territoires naturels dotés de particularités propres. Ainsi, peu à peu, les simples fiefs sont devenus baronnies, comtés, marquisats ou duchés et la configuration des provinces s’est dessinée.

La récompense du militaire et le titre du roturier

Par ailleurs, les militaires s’illustrant dans les croisades ou les batailles visant à défendre le royaume, ont généralement bénéficié d’une élévation de leur statut. En effet, pour récompenser leur bravoure, le monarque leur offrait un titre, faisant du simple seigneur un noble. Ce titre était assorti de privilèges mais aussi d’obligations.

Les six premiers grands fiefs dirigés par des militaires étaient appelés des pairies. Et il existait autant de pairies ecclésiastiques, représentées par des évêques, déjà ducs ou comtes par le sang.

Parallèlement, les roturiers pouvaient également ambitionner de devenir ducs, en passant par d’autres titres : écuyer, chevalier, seigneur, baron, vicomte, comte, marquis puis duc.

Ecuyer, chevalier, seigneur, étaient des vassaux du roi, chargé de défendre le royaume, les deux premiers ne possédant aucun fief. Le vicomte, ou vicaire, était chargé de fonction judiciaire. Le titre de baron, lui, n’est apparu qu’au 12ème siècle. C’est le seigneur +, héritier du seigneur de... Et le roi ne plaisantait pas avec les titres. Ainsi, Jean de La Fontaine a été accusé en 1662 d’avoir usurpé le titre d’écuyer et condamné à verser une lourde amende au royaume pour usurpation de titre de noblesse.

Les plus hautes responsabilités étaient confiées au marquis et au duc. Le marquis avait la charge d’administrer militairement une province, en général un comté à la frontière du royaume, dénommé “marche”. Un duc en chapeautait souvent plusieurs, appartenant toutes au royaume, avec le pouvoir étendu d’un préfet d’aujourd’hui, à la fois judiciaire et militaire. Cependant, les deux titres les plus appréciés du royaume étaient les ducs et les comtes, en raison de leurs noms, attestant de leurs origines familiales. Ainsi, sous l’ancien régime, il n’existait pas de hiérarchie nobiliaire mais des rangs de noblesse liés à l’origine de l’individu.

Entre temps, après les guerres de religion du 16ème, les communes ont été organisées, selon les rangs des seigneurs au pouvoir, en parlements, baillages, et sénéchaussées. Les parlements regroupaient plusieurs baillages et sénéchaussées, chargés de traiter les affaires judiciaires sous juridiction royale.

Après la révolution

Lorsque la révolution éclate, les provinces sont divisées en départements. Ces derniers sont regroupés en régions.

Les titres associés aux propriétés sont achetés et hiérarchisés par Napoléon 1er qui s’est inspiré des usages anglais. Mais après l’empire, le retour au pouvoir de la monarchie, rétablit le principe des provinces, dirigées par de hauts aristocrates rapportant à l’héritier du trône. Le second empire est moins radical que le précédant. Les provinces, qui ne sont plus effacées de la carte de France ancienne, se mêlent aux régions voir en dessinent les contours.

Ainsi, l’histoire des provinces met en exergue que les caractéristiques propres à chaque province relève de l’empreinte laissée par les seigneurs qui en ont défini les limites et parfois aussi les spécificités économiques. Et que ces provinces, ni département, ni régions françaises, restent des témoins vivants d’un passé culturel commun.